‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 109 sur 115 · LES PORTONES ET U TERRE · texte numérisé non relu

LES PORTONES ET U TERRE

sans rien risquer que lenrs petites économies, se laissent gagner eui aussi par la contagion.

Dix jeunes gens amis, élèves des hautes écoles de Buenos-Aires, huit de la classe des ingénieurs el deux de rÉcoIe de droit, se réunirent, il y a sept ans, en un petit groupement amical, dans le but de se créer un« caisse d'épai^e et d'adminisb^r eux-mêmes le capital qu'ils auraient formé. Ils appelèrent cette société la Décimal et s'engagèrent & verser chacun 50 piastres par mois (liO francs).

Au bout de quelques mois, ils purent acheter on petit terrain à Lomas, & quelques lieues de Buenos- Aires, qu'ils revendirent un an après avec un bénéfice de 33,000 francs. Avec ce bénélîce ajouté à leur capital, et sans doute la promesse d'un peu de crédit, ils achetèrent deux lots de terrain dans la province de Gordoba, d'une contenance de 4,000 hectares. Avant même de passer écriture, ils en revendirent la moitié avec un proQt considérable, mais ils conservèrent l'autre morceau pour le lotir. Car, renseignés par leurs positions d'ingénieurs de chemins de fer et d'avocats d'aiïiaires. Us ont su bien choisir. En effet, une voie ferrée va traverser leur domaine et une station s'y établira. Ils y créeront un village, et vendront une partie de leur terre au mètre. S'ils savent attendre, c'est une fortune de plusieurs millions assurée aux dix amis.

Entre temps la, Décimal acheta des actions de compagnies forestières qui exploitent le quebracho, et quelques terrains i Har del Plata, station balnéaire i la mode. Tout cela prend chaque jour plus de valeur.

DoiiîHihvGoogle

EN ARGEIfTlNB

Si des (basses riches os sisées, nwn pas»oas à tiSt des immigraDts qu'aUtl^ent m les espoirs de fbriuc rapide, nous la voyons prise, elle aosn, de cette ùtm giôèralisée.

Je croîs srtnr nota, as cours de mon voyage dui le Nord, que le vrai t fils du pays i mitioé d'iadia et d'Espa^ol, n'a pas le goât de la propriété do sol. En lui persiste le dédain des ancêtres nomades poc s cette chose fixe gui ne sert qu'i marcher s. L'iomigré européen, par an instinct atariqne contraire, est violemmeot aUiré vers la possession de U tore.

S'il s'engage dans les estaocias de province comK ouvrier agricole ou colon, son plus cher désir tA d'acquérir on morcean de ces champs qu'il calliR et que ses économies lui permettront d'agrandir plts tard. S'il reste en ville et s'occupe de petits négoces, dès qu'il s'est pénélré de l'atmosphère du pays, uk pensée l'obsède : acquérir, aox enchères piibtiqiM&, le lopin convoité et y constniire ane rasisoa.

Après quelques années de séjour en Argealî», It voilà propriétaire. A son tour il peut troquer si bicoque ou son lopin, et commencer son métier de spéculateur. Beaucoup de grosses fortunes argeatiaet eurent d'aussi liumblês origines. Mais si l'immignot s'enrichit parfois Jt ce jeu, il enrichit aussi les sodétés de capitalistes, les banques de construeti(»s, le sociétés d'achat et de lodssement de terrains qm st . sont fondées en grand nombre pour profiter de t«( engouement, et dont la base d'opérations estlecrédil.

Page 1