‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 110 sur 115 · LES FORTUNES ET LA TERRE · texte numérisé non relu

LES FORTUNES ET LA TERRE

Le colon enrichit donc Ia pays par la mise en valeur d« la terre, il l'airicfait encore eu fîiant répargne oa Ai^eotine au lieu de renvoyer ea E^ugoe oa en ludie. Car voici un phénomène ijuî eu dit long sur les résultats de cette fièvre de ta propriété : les envoie d'ai^ent par les banques italiennes et espagnoles ou par la poste, ainsi que les dép6ts de caisses d'épargne, diminuent coosidérablemeat depùù que se répand l'usage de la vente par lots daoa la campagne on dans les villes.

Une des premières sociétés de lotissemm i fut cdie de Gurumalao, dans le sud de la province de Buenos-Airea. Son histoire es), par ailleurs, bien tofHqne. H j a trente ans, If. Angel Plaza Montero obtenait du gouvernement de la province la concession gratuite d'un terrain de 300,000 hectares (pas ptnsl) A la seule condition de la peupler de bétail, d'y planter des arbres et de l'exploiter. On accepte tou^ jours de telles charges, sauf k les éluder dans la pratique. Qui viendra y voir?... Il y a, d'ailleurs, un boa moyen de s'y soustraire, qu'employa le coneessioanaira : il vendit sa concession en 1884, à un Anglais, U. Casey, qui fonda une société de lotissement et hypothéqua le domaine.

Puis ce lut U. Tomquist, le célèbre eapitalîate argentin, qui, en i90â, racheta A la société, pour 30 millions de francs les 242,000 hectares qui lui resuient avec le bétail et les installations. M. Ton^ qaist se mil i vendre par petits lots, A raison de 120 francs l'hectare ea aïoyeane, et A fonder dst

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colonies. Il lotit ainsi 163,000 hectares en septaos, avec un bénéfice considérable, car des chemins de fier furent tracés 1 travers rimmense domaine, et comme cette zone produit un très bon blé, que le port de Babia-Blanca n'est pas loin, les colons affluaient.

La Société primitive avait créé trois colonies : une colonie russe, une italienne et une française, composée surtout de paysans cTAuvergne que je suis allé visiter et dont j'aurai l'occasion de parler. Cependant les premières années, les colons eurent la vie asseï dure. Quelques mauvaises récoltes, le bas prix du blé les eussent peut-être découragés si la Société Tornqnist oe les eût aidés. Aujourd'hui, les difficultés sont vaincues, les colonies prospèrent, et je connais des cotons arrivés sans un sou, il y a vingt ans, qui possèdent aujourd'hui un capital d'un million an soleil

Pour attirer les colons et valoriser la terre, il y t d'autres façons de s'y prendre.

Une Compagnie allemande, la t Germania >, procède ainsi : elle donne la jouissance gratuite de 15,000 hectares de ses terres k une centaine de colons (plus ou moins) pendant trois ou cinq ans, i charge par eui d'y semer de la luzerne et de planter des arbres fruitiers à l'expiration du contrat. L'intérêt ainsi sacrifié du capital se rattrape au décuple dès la première année qui suit, rien que par tes récoltes de luzerne. Après quoi la spéculation est mûre. On peut revendre par lois i des prix très élevés.

Peu à peu les grandes estancias, par la force même des choses, se diviseront ainsi. Les familles riches se verront bien obligées, un jour ou l'autre, de siibir h loi du nombre pour le plus grand profit du pays. Ob bien les estanderos ne sauront pas résister à um

LES FOKTUNES ET U TEBRK 60Ï

oBre très tentante. L'an dernier, une estanda de 348,000 hectares, La Vtrde, dans la province de Santa-Fi, fut vendue avec ses 98,000 tètes de bétail, au prix de 184 Trancs l'hectare — soit près de 22 millions de francs — & un syndicat de capitalistes ai^entins et français, dont le projet est de la lotir et de la vendre i des colons qui en feront des champs de culture et des lozemières. 11 y a vingt ans, cette propriété n'éuit pas estimée & 3 millions. Dans dix ans, il est certain que le prix d'aujourd'hui aura décuplé : <^est là le type des bonnes affaires ar^otines.

Le même phénomène se produit dans les villes, & Buenos-Aires surtout. Il n'y a sans doute aucun pays au monde où tant d'ouvriers possèdent leur maison. C'est par centaines que, chaque dimanche, ils achètent, dans les enchères publiques aux environs des villes, les cinq cents ou les mille métrés nécessaires pour bâtir leur demeure. Des facilités étonnantes leur sont données pour cela. Ils payeront par mensualités, pendant six et même huit ans. Il faut dire que si, pour une raison ou une autre, ils cessent de payer leurs mensualités pendant quatre termes, leur terré est revendue, et oa leur rembourse les sommes payées.

Souvent cette revente est une belle affaire pour l'ancien propriétaire on plutôt pour la caisse hypothécaire qui la fait. Car, au bout de trois ou quatre ans, le prix du sol a doublé et souvent triplé.

Toujours est-il que ces mœurs de propriétaires apportées par les paysans d'Europe tendent à diminuer le nombre des ^èves dans le pays.

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Au milieu de cette incroyable activité, no boninu s'agite et s'enrichit : c'est te rematador. Le rematador eat une sorte de commissaire-priseur libre, qui serad i la fois avocat, notaire et confesseur. II Tend la terres à la criée, connaît U législation, possède la confiaiice de ses clients, les guide dans leurs achats el leurs ventes, leur pi'fiLe au besoin de l'argent. Il choisit l'époque la plus favorable pour les eocbèrei, organise la publicité, n'ignore pas la valeur vraie si l'avenir des propriétés qu'il offre. Il représente Toptimisme ai^eatin rayonnant et sftr de lui. Cest loi qui transforma la vie économique et sociale du pays pu son invention du morcellement des terres et de leor vente & tempérameoL

Ces ( remates > sont probablement nnstitation li plus pittoresque de l'Ârgeatine. Des afGches, da annonces répandues i profusion apprennent aoi amateurs qu'une rente aux enchères a lieu dimaDchE prochain, & tel endroit, qu'un train spécial gratuit ] conduira les amateurs, et les ramènera. A la gare, I« voyageurs trouvent un orchestre qui les accompagne jusqu'au lieu du remate, sans cesser de jouer un instant. On arrive sur le terrain à lotir. Des drapeaui Ùottent sur des, mâts et des ficelles comme en un jour de ffite. Une vaste tcide i larges raies blanches et rouges' est dressée au milieu du champ, avec de* rangées de chaises et des bancs. On sert gàiéralemeat

fi) L'iDdmtile du lentu ponr remM eat Uèi proêpht^ l>btr^rlM priDclpate do locAtloa appanleat à lUN rrinL»lwi, Ma* Teun HlDoo, qui ; hit une groiH forlue.

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