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LES ÉCOLES MANUELLES

Lei deieenduts des colons eipagnoli Irirailleront-ili de teon maiDsl —- 1 Pila du payi > et c gringo ». — L'Ëcole industrielle supirieore de Buenos-Aires. — Impreiiion récoofo^ t«nle. — Heureuse initiative privée : la Société d'Ëdoeetion industrielle. — Les élèves, su lieu de pajer, sont payés. ^ Clastea oisives et cUiseï travaillenses. — Gontratle.

L'uD des problèmes que j'avais k me poser dès mon

arrivée, c'est celui de l'avenir de ce pays. Ta-t-il

prospérer vraiment i l'exemple de l'Amérique da

Nord? Le sang originel de la colonie espagnole a-t-il

la même valeur d'activité, d'énergie, d'endurance au

travail, que le sang des colons qui peuplèrent tes

États-Unis? L'Argentine n'a-t-elle pas assimilé un peu

I ce sang paresseux et oi^ueilleux qui se satis-

lui-mème et se nourrit de son oi^ueil? L'Ar-

n'est-il pas un homme qui fait travailler les

I Ne vit-on pas ici, sous une forme déguisée,

: au temps de l'ancien régime colonial? D'un

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cAlét le fib du pays, qui croit aroîr droit à tous les fiefs et i toutes tes sinécures? De l'autre, le gringo, l'étranger, rempUçaot l'Indien taillable et corvéable?

J'avoue qu'à observer ces jeunes viveurs bruyants, flineun, drés et pommadés, affalés dans des ûacres et des autos, et fumant de groa cigares, je l'ai craint ' pendant les premières semaines de mon séjour. '

J'aurais même pu conserver longtemps cette impression pessimiste, ai je n'avais eu la chance de rencontrer quelques échantillons vigoureux de la race argentine, patriotes éclairés et conscients, véritables citoyens, au sens romain du mot, qui s'attachèrent  me montrer leur pays non td qu'il veut paraître, mais tel qu'il est.

Ils m'apprirent que ces jeunes oisifs constituent une inûme minorité, en somme dépréciée, qui a l'air nombreuse parce qu'elle se montre partout; mais qu'en général les adolescents riches prennent à vingtcinq ans une direction sérieuse de travail et acceptent toutes les responsabilités de la famille et des affaires.

Je me rappellerai toujours l'impression dont je fus saisi en visitant, par hasard, l'École industrielle supérieure de Buenos-Aires.

J'entrai dans on immense bâtiment neuf, aux vastes couloirs, aux immenses baies ouvertes de tous Gâtés; dans des ateliers aussi grands que ceux d'une usine, des jeunes gens de quatorze i vingt ans forgeaient le fera grands coups de marteau; leur travail paraissait leur plaire, et je ne voyais aucune différence entre eux et les ouvriers des écoles de Cincinnati, de Chicago ou de Pittsburg; ib avaient seulement l'ûr plus intelligent, plus onvert.

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Et pourtant, c'étaient les m£m«s cheveux ooin, les mêmes grands yem, le même amoar de la pommade, le m£me teint bistré que celui des jeiuies Ôâneurs de Palenno.

Il y avait là 560 élèves, qui, les uns en blouse, les autres en vareuse de toile bleue, certains en jaquette, mais tous l'air sérieux et appliqué, apprenaient i forger, à dessiner, à dégrossir le fer, à limer, à fondre le cuivre et le fer, i travailler le bois, à faire des armoires, à manipuler les produits chimiques, i mesurer la résistance des matériaux, etc.

Ils sortent de l'Ecole contremaîtres, même directeurs d'usine, suivant leurs capacités et leurs aptitudes. Les cours du soir sont Uitéralement envahis par ^00 élèves, jeunes et vieux qui, jusqu'à onze heures, travaillent avec passion dans tous les cours; 120 ouvriers, dont beaucoup de pères de famille, reviennent s'asseoir sur les bancs de l'École après avoir travaillé toute la journée pour apprendre à dessiner et à lire des plans, à se perfectionner dans leur métier.

En sortant de cet établissement, tes élèves les plus doués peuvent entrer dans les ïcoles supérieures d'ingénieurs, et à la Facullé.

Jusqu'à présent, les ateliers et les usines de Buenos- Aires se voyaient forcés de faire venir leurs ouvriers et leurs contremaîtres d'Europe. Bientôt, avec cette pépinière ardente de travailleurs, l'industrie argentine pourra se suffire.

En outre de cet établissement ofBciel, il existe une école libre de mécanique et d'électricité, fondée par

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BUBNOS-AIRKS »

rinitialiTe privée sous te Dom de Société d'Education industrielle.

Cette école fut créée sur te modèle des élablissemenls européens, que H. Norberto Piiiero vint étudier ea France, en Allemagne et en Angleterre. Etie m'a beaucoup intéressé par le c&té pratique de son enseignement. J'ai tu des ctasses de dessin, des ateliers de fonderie, d'ajustage, de forge, de moulage, de tour, d'électricité pratique; et 1&, comme à l'Ëcole industrietle, je fus frappé de l'activité générale des élèves. Il est curieux d'observer comme te travail manuel — s'il n'est pas excessif — donne de bonne hnmenr et d'entrain. L'Ecole des- chauffeurs et de mécanique appliquée à l'automobile a un succès particulier. On y accepte de faire les réparations des autos privées, et l'atetier a déjà construit une auto de tontes pièces.

Les élèves de deuxième année touchent une rétribution de 50 centimes par jour, et ceux de troisième année, de 85 centimes, dont on les crédite et qu'on leur paye en Gn d'année.

A cAté des cours pratiques qui occupent trentesept heures de la semaine, il y a des cours théoriques d'arithmétique, d'algèbre, de géométrie, de physique et de chimie, de eomptabilité, qui prennent huit heures.

Ces deux visites furent pour moi une révélation. Je compris alors que j'aurais tort de juger l'Argentine par ses oisifs, et j'eus la notion que la somme énorme ' d'énergies que la vieille Europe déverse, depuis trente ans, snr le continent américain, a fini par créer une aorte de réservoir où l'avenir n'aura qu'à puiser.

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BCENOS-AIRES

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