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L'E^agno 5U,&U —
L'AngMem 314,339 —
L'IuUto 186,681 —
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L'liitrlcli»'BoDgriB... 176,698 —
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Il y a donc encore de la place, comme on voit.
Ce qui distingue l'Argeotine — comme le Chili — des autres contrées de l'Amérique du Sud, c'est la variété de son climat.
Par ses proTinces du Nord, dont l'extrême limite va jusqu'à %' au delà du tropique du Capricorne, elle appartient à la zone tropicale et subtropicale, alors que son extrémité sud, que 3,665 kilomètres séparent de la frontière de Bolivie et du Paraguay, plonge dans les eaux du p&Ie antarctique.
Salta connaît des températures de 4- 45** alors que le thermomètre, dans les parties habitées da Cbubut, atteint parfois, exceptionnellement, il est vrai, — 33°. L'Ouest argentin, occupé par le rempart des Andes qui s'abaissent vers la plaine, jouit d'un climat tempéré, quoique les écarts de température y soient très grands. Quant k la ré^on pampéenne qui s'étend au centre de l'Argentine, depuis les Andes jusqu'au littoral du Parana et de l'Atlantique, elle constitue la zone tempérée par excellence. C'est, en somme, le climat d'Avignon ou de Nice.
Une telle étendue et une telle diversité de climats impliquent une variété infinie de productions. Il est peu de cultures, en effet, qui ne puissent prospérer sur le sol argentin.
Ainsi, les plantations de canne à sucre ont réussi i merveille dans la région du Nord, et te tabac, le coton, te riz, le jute, à peine cultivés jusqu'ici, peuvent, paralt-U, s'y développer magniriquemenl. A l'ouest, la région andiue, stérile, sans eau, mais qu'un système d'irrigation étendue peut conquérir toutentière à la fertilité, s'est jusqu'à présent exclusivement dédié* k la culture de la vigne. Aii sud, les provinces
U RICHESSE PRÉSENTE lit
patagomennes du Ghubut et de SanUt-Crui, à cause de l'intensUé du Troid, voicDt leurs cultures presque ealièremeut réduites i celles des basses températures, et se livrent surtout i l'élevage. Reste la région centrale et littorale, la région proprement dite des céréales, dont la culture est actuellement limitée aui provinces de fiuenos-Aires, Santa-Fé, Entre-Rios, Pampa centrale et partie de Gordoba et de San-Luis, soit un total de prés de 100 millions d'hectares environ dont 18 millions seulement sont cultivés aujourd'hui.
Ceci dit, je vouârais vous communiquer l'espèce de catéchisme que j'avais écrit dans les premières semaines de mon séjour, à la suite de nombreuses conversations, et où se résument asseï clairement les notions générales qu'il me fallait posséder sur l'Argentine avant d'entreprendre mes longs voyages.
Voici un morceau de ce catéchisme ;
— Quelle est la richesse fondamentale de l'Argentine?
— La terre de culture et d'élevage.
— Cette terre est-elle donc si extraordinaire?
— Oui et non, car elle vaut, en maints endroits, celle des ri^es provinces agricoles françaises, et en d'autres endroits, les plus nombreux, elle n'a que la valeur moyenne des terres d'Europe.
— D'où vient donc votre optimisme devant l'avenir de votre pays?
— De ceci : que la superficie de l'Argentine est six fois celle de la France, que la terre est vierge, qu'on
Cùxij^lc
m EH ARGEHTINK
n'a pas encore songé à l'engraisser, ce qui n'empiche pas qn'en certains lieui, dans la proTince de Santa- Fé notamment, on fait depuis vingt et trente ans, cbaque'année, surle même sol, des récoltes superbes. Eafin, parce que, sur des millions d'hectares de pâturages naturels, nos troupeaux peuvent se nourrir et se reproduire sans qu'on ait & s'occuper autrement d'eux. Le climat heureux permet de laisser les animaux toute l'année'dans la pampa se mnliipUer librement.
— Dans ces conditions, comment se fait-il que les Ai^ntins ne soient pas tous millionnaires?
— C'est quettout n'est pas rose. Il y a souvent les sauterelles, et,il y a quelquefois la sécheresse.
— Nais alors, vos terres ont bean être de bonne qualité,'si vous n'avez pas de pluie, si les santerefles vous mangent vos récoltes, et si vos animanx crèvent, votre richesse n'est pas solide?
— La sécheresse n'est jamais générale. Quand It pluie se refuse à tomber sur les provinces du Nord, il pleut^dans le Sud, ou inversement. C'est U un des avantages de notre situation géographique. La sécheresse était autrefois bien plus redoutable, et fat même l'une des causes de nos catastrophes financières dans le passé. Alors la zone de culture était très limitée. Quand on manquait d'eau dans la province de Saota-Fé et dans le nord de celle de Buenos- Aires, toute la récolte argentine était perdue. Aujourd'hui nous cultivons les céréales dans une ure de onze ou douze millions d'hectares, et comme le blé, le maïs, l'avoine et le lin ne poussent pas à la même époque, pareille éventualité n'est plus î craindre.
c De même, les sauterelles ne p«avent être partout
U RICBESSE PBËSBNTE 1»
en même temps. Quelquefois elles arrivent trop tard, & l'heure où les tiges du lia> par exemple, sodI déji trop dures. Jusqu'ici elles n'atteignent pas ou guère la région de fiuenos-Aires. A moins qu'un vent de tempête n'en amène quelques-unes, on n'en voit pas dans ta ville. A partir de la capitale, vers le Sud, elles sont à peu près inconnues.
— N'y a-t-il rien à tenter contre les sauterelles et contre la sécheresse?
— Il y a tout i faire. Vohs verrez ce qu'on a essayé déjà pour lutter contre la sauterelle. Vous saurez aussi les projets d'irrigation préparés dans les provinces. Hais ceci est l'avenir. Pour l'instant, notre prospérité s'accommode de nos deux Qéaux, d'ailleurs accidentels.
— En quoi consiste celte prospérité 7
— Dans Texportation en Europe de deux à trois millions de tonnes de blé, vendues l'an dernier 210 francs la tonne, en moyenne; de 1 million de tonnes de lia vendues 269 francs la tonne; de deux millions de tonnes de maïs à 126 francs, soit une valeur de 1,200 millions de francs. Ajoutez & ces 1 ,200 millions l'exportation de 250,000 à 300,000 tonnes de viande congelée, de 200,000 tonnes de laine et de 100,000 tonnes de peaux de bœuf et de mouton, soit une valeur de 768 millions de francs. Au total, une exportationdedeus milliards defrancs.
4 Si vous y joignez un milliard d'importation, TOUS voyez que le commerce de l'Argentine se monte i trois milliards de francs, c'est-à-dire la cinquième partie du commerce total de la France.
< Dans tout cela ne sont pas comprises la fabricatiea de 160,000 tonnes de sucre à Tucuman, d*
114 EN ARGEHTINB
S millions d'hectolitres de vin à Meodoxa, à San- Rafaël, à San-Luis, l'exportation de 300,000 tonnes de bois de quebracho et de 55,000 tonnes de tanin. Nous n'avons pas parlé non plus des mines des Andes, des placera de Paiagonie et des sources de pétrole que l'on commence à découvrir un peu par- . tout. Mais tout cela, je le répète, c'est la réserve de ^ l'avenir.
— Espérez-vous augmenter rapidement votre chilTre de production agricole 1
— Songei qu'il y a quarante ans, il n'y avait pas 500,000 hectares de terres eu culture et que nous faisions encore venir notre blé des États-Unis pour nous nourrir. £n moins de quarante ans nous avons créé notre agriculture, c'est-à-dire mis en valeur 45 millions d'hectares de terres.
c De même, c'est depuis une trentaine d'années i peine que nous am^iorons notre bétail par <»visemeat avec des pur^aug importés.
— Que faisiez-vous donc auparavant?
— Rien. Des révolutions.
— De quoi viviez-votts?
— Des produite de l'élevage naturel et des emi^oii de l'État, des peaux des bœufs, des vaches, des moutons, et du revenu des impôts. On tuait on bœuf pour le cuir. Le mouton dépiauté n^vait aucuns valeur. On vivait à très bon marché.
— D'oA venait cette incurie?
— Des mœurs de la colonisation espagnole et de la prédominance, jusque-li, du sang andalon et cas- Ulùn auquel nous devons de si belles qualités, mais qui n'est pas précisément un générateur d'activité ni d'opiniâtre lidteor.
U niCUfiSSE PRESENTE 116
— Qu'y a-t-il donc de changé ?
— II y a de changé la moyenne du sang espagnol dans la totalité de notre population. Depuis quarante ans, une immigration importante d'Italiens du Nord, Piémontais et Lombards, d'Anglais, de Français» d'Allemands, de Basques, a doté l'Argentine de bras conn^euz, de cervelles actives et de caractères entreprenants. Actuellement, ce qui domine chez cous, c'est le saog de l'Italien du Nord. On y travaille comme on n'y avait jamais travaillé. Les Andalous eux-mêmes et les Arabes soot entraînés dans l'ardeur générale, et chacun veut produire pour son compte.
— Reste-tril beaucoup de terres & mettre en labour t
— U y a plus de 100 millions d'hectares labourables, — et je viens de dire qu'à peine 18 millions d'hectares sont actuellement en colture*. U nous reste donc i mettre en culture une fois et demie la superGde totale de la France. Ajoutez 150 millions d'hectares aptes à recevoir du bétail. .Les 50 autres millions d'hectares de noire territoire sont en montagnes couvertes de forêts, en terrains miniers, ou ea lacs, en rivières, en villes, en landes incultes.
( Nous pouvons donc arriver à une production de céréales cinq fois plus forte que notre production actuelle, en admettant qu'on n'am^ore pas la terre. Le jour où l'on se décidera à l'engraisser, Dieu sait ce qo'elle donnera I
( En attendant, puisque nous produisons sur 15 millions d'hectares, 11 millions de tonnes de blé,
. 1. 11 BofllloM d'bactuw d» oMalM M S nltUtni 1/1 dlMcUrM 4» luanw, pUatN yoUgtret, tIsom, I mUlhw d'hwum #krtc' frolUen et antrM.