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de départ de tous les progrès : adoption des clAtares artiûcielles dans la délimitation des pâturages, et importation de pur-sang étrangers chaînés de transfonner, par le métissage, les types d'animaux créoles, tout en os et tout en conies.
Je l'ai dit, aucune propriété n'était, autrefois, clôturée. Les animaux, laissés eo liberté, passaient dans les propriétés voisines, se croisaient et se multipliaient à leur fantaisie. L'estanciero désirait avant tout une immense étendue plane, sans arbres, sans clôture, sans buisson, sans taillis, un champ absolument net, un i campo limpio > sur lequel il pouvait opérer un dénombrement rapide de son bien. La loi l'oblige maintenant & clore sa propriété d'un ceriain nombre de fils de fer, maintenus de distance en dis-< tance par des poteaux. Ces clôtures, on c alambrados* >, divisent également ta propriété & l'intérieur, selon le gré du maître et les besoins de Testancia, en vastes champs appelés < potreros », où paissent un nombre délimité de bétes à cornes ou de moutons. Ainsi, les animaux ne se mélangent pas et les sélections peuvent se faire facilement.
£t aujourd'hui, l'estanciero vous montre avec orgueil ses clôtures de sept ou huit lignes de fils de fer entourant les potreros où des vaches de raee ruminent par groupes, àl'abri des rapts et des viols; il est âer aussi des bois artiûciels d'eucalyptus et de saules qu'il créa de toute pièce pour donner tu bétail, pendant les heures chaudes, l'ombra et le repos; ûer du logement de ses peones, de ses c gal-
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pones > oa étables» de ses pompes i nat, épsrsea sur la propriété, et de ses réservoirs de 300.000 litre» ijui lui permettent de braver quelque temps la sécheresse.
En même temps que se produisaient ces changements dans la vie extérieure de l'estancia, on inaugurait le croisement des animaux créoles avec des reproducteurs de choix importés d'Europe, ne reculant devant aucun sacrifice d'argent pour créer en Argentine ces f cabaSas > fameuses dont j'aurai à parler bientàt.
Ce métissage est actuellement la grande besogne des estancieros qui cherchent à obtenir des animaux de poids, avantageux à vendre aux frigorifiques et aux abattoirs. C'est à l'Angleterre surtout que l'Argentine demande ses reproducteurs. Le croisement des vaches créoles se fait en grande majorité avec des taureaux anglais de race durham et aussi de hereford et d'angus. L'avantage de ces métissages est saisissant : un bœuf créole met quatre ans â engraisser tandis qu'un métis de durham engraisse en deux ans. Les reproducteurs de race ovine sont également anglais, le rambouillet ayant été battu par le liacoln pour le rendement en poids de la laine et de la chair.
Pourquoi?
Les Argentins vous disent : c Parce que le» ; durhams et tes lincolns, t races d'herbe ■ sélection- ■ nées par les Anglais, donnent plus de viande que les autres races similaires.
Nos compatriotes, que j'ai interrogés, me disent de leur côté :
f Ceci fut vrai pendant très longtemps, et il foui
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reconnaître que, dans le passé, le choix des Argentins fut judicieux. Les Anglais avaient songé plus tdt qae nous & améliorer leurs types, et leur sens des affaires et leur activité les y aidant, ils réussirent & les implanter en Argentine, ainsi que, d'ailleurs, dans tons tes pays du inonde, pendant que nous cherchions encore les nôtres. Sans se préoccuper, au début, des périls et des risques courus, ils envoyèrent en Argentine leurs plus beaux spécimens de race bovine, ovine, chevaline, porcine et canine.
« Cependant, à la longue, les produits français, A Fexemple des anglais, avaient dni par s'améliorer A tel point que nos voisins eurent quelque raison de craindre pour leur monopole jusque-là indiscuté. Nos durhams valaient les leurs. Nos rstmbouillels fournissent une laine fine bien supérieure à la grosse laine des lîncolns. Nos races de boucherie, charo* laise et limousine surtout, ne le cédaient en rien aux races anglaises de parcours. Quant à nos vaches laitières, normandes et flamandes, elles donnent deux et trois fois plus de lait que les meilleures laitières anglaises. Et nos vigoureux chevaux percherons et boulonnais sont des animaux bien mieux faits pour le travail des plaines ai^ entines que les c shires > et les I clydesdales >, supérieurs aux nôtres sans doute dans les pays de montagnes d'où ils sortent, mais lymphatiques, incapables de quitter l'allure lourde et pesante, alors que nos percherons et nos boulon* nais peuvent traîner au trot de lourdes chaînes.
f Nous étions donc distancés de beaucoup au point de vue commercial. De plus, les Anglais portaient tous leurs eSbris sur la constilulion de leurs $tud-famu et la reproduction des races sélection-
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nées. En France, od travailtait surtout 1 améliorer le bétail de consommation. ■
Les Anglais proGlaient de leur avance. Comme, d'autre part, ils avaient besoin de la viande argentine pour leur consommation, ils dirent au gouvernement argentin : c Prenez nos reproducteurs, i Vexelusion des autres, et nous ouvrirons nos portes i vos béies de boucherie sur pied et & vos viandes frigorifiées, t
L'iatroduction de bous reproducteurs anglais avait à tel point amélioré la race créole' et fourni une telle quantité de viande qu'il fallait à celle-ci des marchés énormes de consommation. L'Argentine trouva donc dans l'Angleterre son principal client. Les éleveurs anglais ne s'effrayèrent pas de cette introduction des viandes eitotiques qui eut, au contraire, pour conséquence d'élever le prix de ta viande anglaise achetée par les classes riches, et permit aux classes moyennes et pauvres de se nourrir à bon compte de viande frigorifiée.
Ainsi se créa entre l'Angleterre et l'Argentine une solidarité d'intérêts que l'indifférence ou le manque d'oi^nisation des éleveurs français laissa s'affirmer. La France, vers la même époque, fermait ses frontiérf^ à la viande et aux animaux argentins*.
Pour assurer ce monopole aux Anglais sans blesser