I. VMcl qD«llw sont, en PniiM, l«s mesures [««hiUtlTei
iDienUctloD d'entrée aux anlmans argenUDs TlvaDts de laca bovlDe, ovine et porcine;
Lei TiBDdes congetëea de bœaf ne eonl admises ^'arec la fbla de ranimai, eeiiei iea montons et des pores aTSc la freanira (pon- IDODS, caur et foie), ca qui équivaut à une IntordicUon abaolos, puisque ia présence de ces organes essentiel le meut eomipUMes nuit à la bonne eonserration de la viande.
i.,<i ■.■Gooj^lc
L'ÊLEVAGB lH
la légalité, rAj^ntine interdit l'entrée des bétes provenant des pays où sévissait ta fièvre aphteuse, excepté l'Angleterre.
Ceci se passait il y a une dizaine d'années.
Quand l'épidémie de fièvre aphteuse eut cessé, la France ne fit rien pour rétablir les relations entre éleveurs fi'ançais et argentins.
Nous en sommes li.
Un bel avenir s'ouvre, cependant, pour nos éleveurs dans le développement de l'industrie laitière en Argentine. Nos racea tlamandes et normandes*, dont la supériorité sur les races anglaises est incontestable au point de vue de la production du lait, pourraient rendre les plus grands services aux estaacieros argentins.
D'un autre côté, les âeveurs normands pourraient placer en Argentine fûus les animaux qu'ils produisent.
Est-il donc impossible de trouver une solutioa et de concilier tant d'intérêts divers?
Car les Ai^entins ne sont pas gens & sacrifier leors intérêts i l'habitude et à la tradition. Ce sont des hommes de progrès que rien n'arrête. Qu'on leur prouve que la race bovine charolaise et la race limousine donnent plus de viande et plus ferme, avec moins de suif que les durhams, qu'elles sont, mieux que les durhams, des races de parcours, el vous les verres s'y intéresser et chercher à les acelîimater chez eux.
1 i. Oaa bonus nchefl(unande.p«al produire de 30 h 40 litratptr Jour sD plaine période de lactation, ce qui équivaut à 8,000 titra d'un Télage à raatre pour une durée de l&ctailoa de hott mois, tandis que les vacbee anglaiiea de race Durbam ne donnent pu plus de 5 Illres, et les Jersiaises, qui sont les melllenrea tBlUkitl anglaises, ae doonent pu vx delà de 13 lltru par Jour.
m EK ARGBHTIKE
Déj&, lors de la récente exposition agricole de Buenos-Aires, r[ateIlig;eQt et actif consul général de l'Argentine à Paris, U. Llobet, dont la compéleoce est reconnue là>bas comme ici, avait réussi k faii'e envoyer un lot de vaches cliarolaises qui eurent du succès, puisqu'elles se vendirent en moyenne 4,000 francs pièce, alors qu'elles se seraient vendues chez nous 1,000 francs.
Les Argentins ne regardent pas 1 payer cher les produits de premier ordre dont ils ont besoin. Un éleveur ai^entin acheta 90,000 francs un taureau de pedigree, né en Argentine. Des écuries fameuses, comme celles de Mme Chevallier ou celles de H. Ignacio Correas et de H. Satumino Unzué, se procurent à des prix fantastiques des étalons anglais. N'est-ce point H. Correas qui acquit, ît y a quelques années, du roi d'Angleterre, le fameux Diamond Jubilee, au prix de 30,000 guinéas (780,000 francs), alors que H. Carlos Luro payait 750,000 francs son éûloD Jardy, et que H. Unzué achetait à H. Edmond Blauc, & un prix aussi très élevé, le fameux Val-d'Or'?
Un lazaret, installé à l'entrée du port, défend le bétail argentin contre l'importation des épidémies. Q'est un bâtiment très vieux, tombant en ruines, et
1. Ea 1900, 17 eialoDi de conne «nU^Kot u JUgendne. Ed 190S, m; en IWO, 277. Htls on importa auriout 4m étaloiu de race Kâclnuf pour 1» voiture, des percheroiu, dei djdeadale et dn iblre pour le pot trait.
(3,000 béllen IIhcoId rurent IntrodalU ea ArgeoUae de IMO t IQOB, kion que les ramboulllet D'eauieat qu'en nomlire de 600. Le* .■■ces hemiMlilTe, sliropiiiire, romney et wtbt4 !«• dépuMoi tfv
,G(H1'{lc
qn'on n démolir pour en construire un plus moderne dans une tte de l'estnaire. Car il s'agît là d'un service important pour l'élevage argentin. A partir de février, les chai^ements d'Europe se succident ; une ctnquan- (aine de chevaui, béliers, taureaux, arrivent presque quotidiennement. En débarquant du bateau où ils ont voyagé dans des boxes séparés, on tes garde ici, pour l'observation; les chevaux, huit jours, pour la morve; les vaches et les taureaux, trente jours, pour la tuberculose, le charbon et la Sèvre aphteuse; soixante jours s'ils sont douteux; les moutons, quinze jours.
Le premier soin du vétérinaire est de Taire passer tous les animaux dans un bain da créoline ou de phéniline, de les sécher et de les brosser. La deuxième opération consiste en une injection anti-charbonneuse de Pasteur, dont l'effet dure un an. Beaucoup de taureaux arrivent avec la gale ou la teigne. On ne leslaisse pas sortirdulazaret avant guérison complète.
Pour la tuberculose, les bovidés sont soumis à la tuberculine et à l'ophtalmo-réactioa. On répète les épreuves jusqu'à huit fois, avec un grand soin.
Chaque animal retenu au lazaret a son râtelier et son seau particuliers, bien lavés à grande eau tous les jours, sa stalle nettoyée et désinfectée comme les murs et les séparations. On le baigne, on le douche, on le promène avec régularité.
— Et si une béte est reconnue tuberculeuse?
— Elle est sacrifiée aussitôt.
— Même si elle arrive d'Angleterre et vaut 50,000 francs?
— Même dans ce cas, m'affirme H. Ezcurra, ministre de l'Agriculture, qui voulait bien m'accomp? sner dans ma visite.
DinliîHinvGoO^lc
IM EH AfteBKTINB
Il ; a troU ans, le ehampion Durham, de k Seciéli Royale d'Angleterre, acheté 75,000 francs par U. Gobo, Alt abattu. Ce taureau provenait dee .itables royiiei.
En dix-4iuit mois, 115 vaches et tanreavx ée race anglaise importés furent reconnus tuberculeux et aaônfiés an laaaret.
Les animaux condamnés sont eiicutés daas as petit abattoir spécial du laxaret, devant le propriétaire de la bfita ou le vétérinaire qui le représenta. On fait l'autopsie de l'animal et on brûle ses restes. S'il est de pedigree, on ajoute sur son acte de aaissance la mention : saanfi4, de fafOB qu'on se puisse l'en servir pour un autre individu.
— Et qui subit le dommage?
— Le vendeur. Car lea Argentins n'acbiteiU les animaux d'Europe que sous la conditton qu'ils ne seront pas reconnus tuberculeux. Aussi Ub adfeeteun enz-mémes s^asaurent-ils contre cet tfét à des oompagnies spéciales.
DoiiîHihvGooj^lc
LES ORANOES ESTAKGIÂS
CHEZ M. MANUEL GOBO
Itea cabftBa moéile. — ¥07*^0 à Léiama- — Uoaotonie da fayrage. — M. MaoBel Cobo. — La paanon de rélereor. —
VisiU diUilUe. — 118 prairiei. — Le taxe des cIOtorM
Imitation de l'ADgleterre. — Un million et quart aoiii ma (tfeiller, — Les ( toro* padres > de race dnrbim. — Tablean. — 5,000 tanreaui et Tâches de pure race durham.
— WfiOO montODS par-sang lineoln. — Le serrice de reprodoelion. — Les orphelins. — Le Herd-Book de la Cabàfia.
— Le bilan de l'estancia. — H millions de (ranoi. — Les galpones, les baiiaderoi, te corral, les abreuvoirs. — Ré^ua des pnr-sang. — Qu'en pense le D' Bobin T
L'estaacia Manuel Gobo est une des plus célèbres da pays. Le ministre de l'Agricultore me la désigna en première ligne, avec celle de UM. Pereyra et c«lle de H. Gasarès, comme un des établissemealH qu'il faut visiier si Ton veut se rendre un compte exact des progrès de l'élevage en Ai^entioe.
Les Argentins peuvent, en effet, s'en montrer 0ers. . De fait, il n'y en a pas au monde de pareille. Ni eu Angleterre, où fut créée l'industrie pastorale mo-
■.Gooj^lc
m EN ARGENTINE
derne, ni en France, oâ il existe pourtant de beaux' établissements ds style nouveau, on ne pourrait trouver réunies toutes les conditions qui font la réputation des étables de La Beten pour le nombre et la qualité des animaux, le luxe et la perfectioa de rioslallatioD.
L'estaocia de H. Manuel Gobo est située 1 trois heures de Buenos-Aires» sur le chemin de fer du Sud, à la station de Lézama.
Le voyage manque de pittoresque et d'imprévu. On n'a même pas la ressource du panorama changeant des moissons. Jusqu'à iOO ou 150 kilomètres autour de Buenos-Aires, en effet, on trouve peu ou pas de céréates. La terre est couverte de prairies oâ paissent des animaux. Ce sont les vaches et les bœufs desiinés aux frigorifiques, et qu'on met \k au vert pour las faire reposer quelques jours de leurs longs voyages, avant de les tuer. Car la viande de bètes fatiguées n'est pas bonne et le cuir se ressent aussi de leur état. Le train passe, pendant trois heures et demie, entre deux rangées de clôtures de m de fer.
Et toujours de l'herbe, des chardons, de la luxeme, quelques animaux perdus dans l'infinie monotonie de l'espace. Je ne pouvais m'empëcher de demander oA étaient ces troupeaux innombrables, cesS0,OO0, ces 70,000, ces 100,000 bœufs dont on m'avait parlé. Il semblerait que l'Argentine dût être pavée de sabots de bovidés, et que les perspectives dussent moutonner de toisons de brebis et de béliers. Hais le regard peut à peine embrasser quelques kilomètres carrés de prairies, et les animaux sont répartis sor des dizaines de milliers d'hectares. Et puis, ils se
LES GRANDES ESTANGIAS 140
rassemblent volontiers et se rapprochent des abreu- Toirs. On troUTeriil 1,000 ou â.OOO bœufs peut-être, ea ce moment, du cbté de ce rideau d'arbres qu'on aperçoit tout au loin, contre l'horizon.
Tons les cinq ou six kilomètres autour de la capitale, puis un peu plus espacées, on remarque ces ran< gées d'eucalyptus que le mirage pampéen nous montre souvent les pieds baignant dans l'eau d'un lac imaginaire. C'est li que se trouve l'eslancia ellemême ou le puesto, la cabane du gancho gardien du troupean, et aussi l'abreuvoir. C'est li qu'aux heures brûlantes, ou quand le vent souffle trop fort, les animaax viennent se l'éfugier. Sur le reste de l'étendue, pas un arbuste, pas un buisson. Les oiseaux oe sauraient oi se jucher s'il n'y avait pas les pieux et les fils de Ter des clôtures. Et cette absence de perchoirs naturels dans la campagne nous paraît une anomalie, comme on appartement qui n'aurait ni chaises ni Jauteuils.
Les arbres sont donc un véritable luxe de riches. Pas un qui n'ait été planté par la main de l'homme. Je me souviens qu'au Maroc je faisais volontiers un détour d'une lieue et plus pour atteindre un bouquet de verdure et d'ombre, et peut-être de l'eau. Le même insUnct et le même besoin font se détourner, dans la pampa, le voyageur qui aperçoit i l'horizon le profil sombre du petit bois de peupliers de la Caroline, d'eucalyptus ou de saules, oit il est sûr de trouver des hommes.
En approchant de la station de Lézama, on est tout de suite Frappé de l'air de prospérité du lieu. Depuis
DinliîHinvGoO^lc
150 EH ARGERTm
dix minâtes, Texpress longe la propriété, annoïKie' par de hautes aFGches de fer ajoaré : < Gtiralia de la. fielen >, et aussi par le vert des prairies naturelles et artificielles. Â c6té des champs Gobo, les pâturages voisins paraissent bruns.
Quand le train s'airéte, on aperçoit i cinquante mètres de la voie, se touchant presque, six grandes étables de 80 & iOO mètres de long, sur^evées à quelques pieds de terre, avec leurs toits de t61e ondulée,' éblouissants au soleil, leurs rampes en peate douce pour la sortie des bestiaux, tes pompes k vent et leur tournant soleil de zinc, les appareils i douches.
 l'extrémité lointaine des vastes prés rerta s'estompent des lignes d'arbres limitant l'horison.
Tel est le paysage qui tous accueille à la petite gare.
II n'y a pas de village. Lézama c'est l'estanda Gobo.
Voici la maison bourgeoise de l'estancia avec son air de villa italienne cossue, toute blanche, située entre un jardin et des pelouses j^antées de magnolias, d'orangers, de palmiers, de cèdres du Liban, à l'ombre desquels trois paons s'enorgueillissent sottement, et un potager abondant qui s'étend devant use vaste c la^una > desséchée, à la terre irevassée.
— Elle fut pleine d'eau jusqu'à l'année dernière, me dit-on. Nous avions l'illusion d'un lac enclos dans la propriété, on s'y promenait en barque aux henres tiëdes du jour. Vint la sécheresse, et voiti ce qu'il reste de notre lagune.
Quelques orages à la mode argentine auront vite Tait de remplir cette terre basse.
M. Manuel Gobo, de santé fragile, n'avait pu, ce jour4à, s'imposer la fatigue du voyage. Cet homme
LES GIIAHDBS S5TANCIAS m
maiibl9 et distingué, qui possède l'one des grosses fortunes da pays, n'a pas d'enfimt.
— Ha seole passon, — puisque je sois privé de es bonbear, — me disait-il, i Buenos-Aires, crée milancoHe, fot de réaliser en Argentine un établissement modèle pour TéleTs^e des animaux. Je n'ai riea ménagé. J'y ai dépensé ma fortune et mavie. Et je db crois pas qu'il soit facile de faire mieux.
la l'absence da maître, je fus parlaitemeot re(a parsoD personnel, qu'il avait envoyé exprès de Buenos- Aires. C'est à la campagne que s'est conservée ta tradition hospitalière dont j'entendis parler si souvent et qui a disparu des villes, du moins sous cette forme lai^ et abondante de la tradition. J'ai dit déjà qu'une maison d'habitation spacieuse et confortable accompagne toujours les estancias modernes. Ici, rien ne manqae au bien-être matériel, ni les vastes chambres pourvues de boas lits, ni les cabinets de toilette et leur salle de bains, ni le salon, avec son phonographe et BOQ pianola pour aider k passer les longues soirées d'hiver, ni même la petite baratte à main fiayard, pas pies grande qu'un moulin & café, et qui sert & faire soi-même le beurre quotidien en 10 minutes ou un quart d'heure.
Je passai là deux jours entiers à parcourir en voiture l'immense propriété, sous la conduite du faaat personnel de l'estancia.
La propriété a une superfiae de 12,000 hectares dont û moitié environ est semée en luzerne et autres fourrages de semence importée, te reste en prairies naturelles.
15t EN ARGENTIRE
Les 6,000 hectares de luzerne sont en partie utilisés pour faire paitre les animaux en liberté; le surplus sert de fourrage aux animaux élevés dans les élables et de réserve en cas de sécheresse. L'an dernier, la quantité de foin emma^siné ou conservé en meulesdépassaitSmitUons de kilos.
Le terrain est clôturé sur tout son périmètre et divisé întérieurementen 118 prairies dontplusieuTB ont 300 et 300 hectares. Ghaqueprairie OUI potreroi est ellemême fermée par plusieurs rangs d'épais Gis de fer galvanisés, parfois garnis de ronces de fer, reliés tous les dix mètres par des poteaux de bois de quebracho. On est fier de cette clôture riche. Et le secrétaire de H. Cobo rae montre avec un sourire de pitié celle d'une propriété voisine. Car la clôture est ici un luxe où se reeoanalt la foi-tune du propriétaire ou, au moins, son orgueil*. Il y en a à quatre, i cinq, i six, et même à huit et dix rangs, les derniers descendant presque jusqu'au raa de terre pour empêcher le pas* sage des moutons et des agneaux. Les fils peuvent être plus ou moins gros, les c postes » ou pieux peuvent être en fer, ou en bois ordinaire, ou, mieux, en bois de quebracho, imputrescible, éternel. Ces clôtures ainsi faites, résistent, par leur élasticité même, aux poussées des animaux les plus forts.
Il faut même un personnel spécial dans ces grandes esiancias pour réparer les Qls brisés par les animaux ou par la malveillance ou le sans-gêne des passants qui veulent raccourcir leur chemin. S'ils sont & cheval ou en voiture, pour éviter un détour de quelques
1. Il y en k qaU» cent qaannle Ulonètru du* U propriété dé lAumia, loll, 4 ralsoD de 1 fr. 50 le mbtre, tout poié, y o'^mprli lei jilenz, pour ni» valeur de 660,000 taao.
DoiiîHihvGooj^lc