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LES GIUNDBS BSTAIfCUS 181
Et l'avocat, )« mioistrej «t le curé-préceptenr qui était U aussi, et l'estanciero, et sa jeune femme, tous s'extasièrent A la fois, et ce fut pendant quelques instants nn munnnre d'admiration où nous flmes notre partie en tonte sincérité.
Ce goût, cette passion que tes gens les plus diffi^ rents montrent pour les animaux, voU& qui fait mieux [ comprendre l'atmosphère du pays argentin que l^t ce que je pourrais dire.
Depoia ce matin, i voir ces b£tes ipleadides, je pensais aux aumailles ancestrales, aux modestes vaches maigres, longicornes, vagabondes, hautes sur pattes; aux taureaux efflanqués et bohèmes qui laissèrent de leur sang k ces grandes damei avanti^euses, et qui naquirent, vécurent et moururent sans avoir jamais connu Tabri ctmfortable du galpon contre l'acharnement du pampero, qui mangeaient les herbes ligneuses de la pampa, et buvaient, quand il y avait de t'eau, dans des abreuvoirs en troncs d'arbres creusés.
Aujourd'hui, leurs descendants, croisés de dnrham et de bereford, prennent leur bain matinal, ont des siestes infinies sur des litières de roseaux, trouvent leurs dnq repas quotidiens servis & l'heure chronométrique.
Il en va ainsi du peuple argentin lui-même, me disms-je. Les ancêtres créoles vécurent dans les raochos lointains, sous un toit de branchages, assis sur des tètes de bœufs séchées, se contentant pour vivre d'aaado r&ti en plein air, de galleta durcie» et s'abreuvant de maté. Ce sont les uéues carrées de
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terraios achetées en ce temps-là poar quelques piastres qui font aujourd'hui la fortune de l'élite argentine, qui lui ont permis de s'instruire, de «'£• duquer, de dev^r exigeante et orgueilleuse. lUen de plus réconfortant pour l'énei^e que la conscience et l'aveu de ce passé chez les Argentins intelligails. J'étais charmé parfois de rencontrer de ces esprits de choix et d'entendre raconter, lans en rien celer, l'origine humble et la lutte acharnée du père et du grand-père. Ces conûdences font naître en tous une eslime, une considération et, en même temps qu'une sympathie pour les gens, une confiance en l'avenir du pays qui a vu et qui voit encore tous lei jours de ces miracles.
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LES GRANDES ESTANGIAS
(soin)
CHEZ M. YICENTE GASARÈS
Une fiibHqne de benrre modèle. — La Hartoos. — 300 mnllionnairei poar 12,000 vachei. — Machinisme perfectioané. — Hygiène mètienleue. — L'ioduslrie laitière et Finduatrie beoirière en Ar^ntine. —Avenir de l'exportation do beum. - 1* ?ilU de l'estancia.
Nous avons étudié la vie d'uae estancia d'élevage, ou cabafia; spécialisée, comme celle de H. Manuel Cobo, pins éclectique, comme celle de MH. Pereyra.
Il Dous reste à connaître l'estancia industrialisée pour la production du lait et du beurre.
A une heure de Bueuos-Aires se trouve la laiterie la plus importante du pays, celle de H. Vicente Gasarés, qui, après avoir créé en 1889 son industrie, la mit en Société et en demeura le directeur jusqu'à sa mort récente.
De loin, on aperçoit les toits de tuile des bâtiments neufs et la haute cheminée de l'usine proche de la station du chemin de fer. Des rails reliant la gare