‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 30 sur 115 · VERS LE NORD · texte numérisé non relu

VERS LE NORD

organtM séance lenantftQn train spécial qui me coqduira, en compagnie de qaelques-uns de ses amis désireux de connaître de leur pays autre chose que Buenos-Aires, jusqu'à La Quiaca, frontière de Bolivie, dernière station du chemin de fer, parTucuman. J'accepte ces prévenances avec reconnaissance, car Boas jonirons ainsi, pour ce long et fatigant voyage de deux mille kilomètres, du maximum de confort. Hais je les accepte en spécifiant bien que j'aurai le droit de dire tout oe que je verrai et de parler tout haut.

— Tous dires tout, me rassure H. Haschwitz en riant; nous ne craignons pas les regards étranger* qui savent voir. Si vous dites tout le bien, nous ne redoutons pas que vous disiez tout te mal, car la balance sera en notre faveur.

Donc, nn matin du mois d'aofit, nous partons par la gare du Retire, sombre masure de bois, sale et poussiéreuse, appartenant à une compagnie anglaise.

— Si cette mesure appartenait ft une compagnie française, remarquai-je, vous m'auriez déjà souligné notre avarice nationale.

— Cette gare est provisoire, me répond H. Maschvritz. Nous allons en construire une nouvelle qui sera on monument superbe.

On s'installe dans un wagon-salon occupant la queue du train, avec de larges fenêtres à l'arrière et sur les cdtés, meublé de confortables fauteuils de cuir, mobiles, et coastrnitspéclalemenlirnsage des directeurs et du haut persoonel du c Centrai Argentin >. Des chambres à lit unique, avec lavabos, douches et armoires donnent sur le couloir. Un wagon-restaurant, fleuri et orné de plantes vertes, nousaccompagne.

194 EN ARGENTIHE

Noas avons comme compagnons de route H. Jo>é | de Appellaaiz, figare éoergique et sérieuse de Basqae, d'apparence an peu Troide en contraste avec la vivacilé gesticulante de beaucoup d'Argentins, mais d'ane exquise et simple courtoisie, aimable et gai, nn de ces hommes de progrès comme on en rencontre soavent dans ce pays, sage, avisé et précis, dont les aifirmations sont étayées par une connaissance exacte des choses. Ancien président de la Société rurale de Buenos-Aires, il connaît à fond toutes les questions agricoles de cette province.

Son ami, M. Le Breton, avocat distingua et habile homme d'affaires, plus ardent, les yeux rieurs, la figure ouverte et mobile, symbolisait pour moi un I des aspects de cette vie argentine active et afbirée, de I ce bouillonnement de projets d'affaires, de formation de sociétés, de spéculations réQécbies et sérieuses qui créent chaque jour des fortunes nouvelles et doonent à l'étranger une confiance absolue dans oes énergies en éveil et sagement dirigées.

Près de lui, M. Jorge Born représentait l'effort patient uni i l'esprit d'entreprise du Belge, vena ici pour tenter la chance et qui, après des débuts modestes, se préparait & s'en retourner en Europe, avec une fortune qui se chiffre par millions.

Entre ces hommes d'affaires intelligents et renseignés, la conversation devait se poursuivre, daranl tout le voyage, documentée, pleine, pour moi, de renseignements précieux. M. Carlos Ramallo, le directeur de la Compagnie du Central Norte, aux soins de qui nous étions confiés jusqu'à la frontière bolivienne, y ajoutera toute sa science d'ingénieur et nous renseignera sur la vie économique de la voie /errée que

Page 1