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dix nriélés nouTelIes de Majorque, de Nice, de Syrin, de Tanger et de Chine dont eertainet, paraît-il, donnent des fruits en trois ans. On fera des semis, puis des greffes, l'École donnera des plantes greffées i tons les établissements publics, et en vendra aax propriétaires qui les demanderont, an prix de S finocs le cent.
On me Gt promener i l'ficole d'agricaltnre, parmi 45 hectares de pépinières où se trouvent 75 sort«s nourelles de cannes i sucre, venues de Tlnde, du n^il, des lies Hamî, de Bornéo, dont la grosseur est doubledes autres, de Sumatra, du Congo, des Célibes, dn Honduras, etc., etc.; il y avait aussi là 115 variétés de pêchers les pins beaux de France, de Californie, de Chine; des abricotiers, des orangers, des maBdari< niers, des cerisiers, des plants de fiâisiers, des légumes de tontes sortes.
L'École coûte i50,000 francs par an; elle est fréquentée par les fils de gros pUnteurs, (Tandeas goovemeurs, de sénateurs et députés. Le pnkaaear qoi nous guide est on Grec qoi fit ses études foresti^es en Russie et ses études d'trboricaltnre frnilièn i notre École de Versailles.
J'ai visité aussi le laboratoire de bactériolc^e. De jeunes chimistes y travaillent sérieusement et avec foi. Le mal de la province, durant l'été surtout, est le paludisme. Les bactériologues étudient les moyens de raidre les vinasses inoffâtsives, car elles serrent
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actaellement de bouillon de culture et de véhicule i tous les mauvais microbes de lafiivre*, de Is tiihercalose*, etc. La loi défend de jeter dans les rivières les résidus de la fabrication du sucre, mais personne n*y obéit. Le mauvais exemple est donné par ceni mêmes qui la font Ajoulet i cela l'ignorance des gens du peuple qui refusent de se soigner par les moyens scientifiques,
— Ils ont plus de confiance dans ralcool et le vin que dans les soins du médecin, me dit-on. Anssi le ^overnement national entretient-il des agents qui, après avoir suivi des cours d'hygiène pratique, sont chargé* d'aller découvrir les malades dans les provinces de Tncuman, Salta et Jujuy . Ces agents emportent arec eux des purgatifs et de la quinine qu'ils distribaeal gratuitement. Mais s'ils n'administrent pas enxmèmes les médicaments, les malades ne les prennent pas.
On fonde une école ménagère pour les filles, et l'on vient de bâtir des logements ouvriers. Innovation bien utile, car dans les quartiers popolaires, les maisons fnitcs en planches mal jointes n'ont même pas de fenêtres.
Je vaisvisitcria bibliothèque publique. J'y apprends qu'on achète 13,000 francs de livres neufs par an. Le catalogue comprend, entre autres, les noms de Renan, Fouillée, Sainte-Beuve, Ribot, Eugène Sue, George Sand, Dante, Jean Finot, Maeterlinck. On y reçoit des revues et des journaux français.
1. ta a iQtrodull, l'u dernier, ttO kilos de qatnine dens U saida province de Tucum&n, quinine illemando, naturellement. S. 38 0/0 des maladej des bOpiiaiu de Tucoman mdI tuttercaleai,
La province de Tucuman ei celle de Santa-Fé sont les deax centres argentios où l'inQueDce française eut, dans le passé, le plus d'occasions de s'exercer.
Une grande partie de la haute société de Tucuman est d'origine française. Ce furent des Français qui rénovèrent l'industrie sucrière vers 1843. Aujourd'hui, on en compte douze cents dans la province et plusieurs milliers de familles descendant de Français. A c6lé des Nouguès, des Rougis, il y a las Ëlchecopar, les Sacaveratz, les Hileret.
Nos compatriotes se mettent i tout. Leur faculté d'adaptation est remarquable et amène des situations originales. Notre agent consulaire, M. Adrien Dafûs, marchand tailleur, excellent et brave homme, intelligent et fin, me dit :
— Ici, il ne faut pas apporter de parti pris. Le» occasions décident des carrières. Presque aucun des Français venus en Argentine n'y a fait ce qu'il croyait pouvoir faire. Cependant, beaucoup d'entre eux ont amassé des pécules qui vont de 20,000 & 200,000 francs.
Il me raconte les histoires — légendaires dans le pays — d'un charcutier français devenu clerc de notaire, puis quelque chose comme juge ou procureur dans une province voisine et, inversement, d'un clerc de notaire que ses malheurs avaient rendu directeur de théâtre, puis charcutier, et qui se trouve aujourd'hui à ta tite d'une petite fortune de cent ou cent cinquante mille francs.
Lui-même est un méridional du Tam-et-Oarooae.
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Il TÏDt ici il 7 a trente ans sans ries oa plutôt avecnDgt-trois louis d'or, presque tous gagnés es semnij d'interprète sur le baiean qui le transportait en Ar-' gentine. n voyagea dans plusieurs provinces, se fiia finalement 1 Tucoman, tenta divers commerces, entre autres celui des semelles de cuir qu'il allait vendre 1 Hendota en échange de vin.
Le problème le plus intéressant qui se posait devant moi CMisistait à uvoir ce que devenaient, au point de vue fhmçais, nos compatriotes déracina.
Il va de soi que les equitriés eux-mêmes restent jusqu'à la fin de leur vie de bons Français. Hais la première génération â'enhnts nés en AiKentine n'a plus aucune espèce de liens avec la mère patrie. Cest li un fait d'observation générale. En voici une preuve entre mille.
Je rencontre, & l'nAtel National, le beau-frire d'un de nos compagnons de voyage, fils de père et de mère firaaff^, qui me demande :
— Comment trouvez-vous mou paysY
Et cela très simplement, sans l'ombre d'une afieotation.
Je cause quelques instants avec lui. Il ne parle presque pas le français. Je lui dis :
— Alors vous vous con&idérex comme Argentint Il répond, sur un ton de surprise :
— Hais certainement... Je suis né ici. Je ne me connais pas d'antre pays que l'Ai^entine.
— Vos parents, cependant, sont des Français...
— Eux, oui, moi, non.
Il faut nous résigner. A la première génération, le , le ciel, le milieu, la langue ont Tait des Français aigres de vrais et de purs Ai]geatiiis.
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Jaslement nous fArnes reçus i Tucuman par un anàen gouverneur de la province et son fïére, alors ministre, HM. Nonguës, d'origine' française, qui occupent avec toute leur famille une place préponiîé' rante dans la province. Très aimablement, iU nous invitèrent i visiter leur sucrerie de San Pablo, voisioe de Tucuman.
Ga fut pour moi un plaisir que cette rencontre. Le grand-père Nouguès, vena sans fortune de Bagnèresde-Luchon, fonda ici une tannerie, une fabrique de sucre, et an moulin à eau. C'était un bonapartiste passionné, qui (%rail tous les ans la Saint- Napoléon. (On continue même, dans la famille, & fêter te 15 août par tradition.) Hais, quoique ayant voyagé en France et parlant notre tangue comme vous et moi, ses Gis ne sont jamais retournés au pays gascon et n'en paraissent pas avoir ta moindre curiosité. Pourtant, dans tes manières et dans ta tournure de t'intelligence, on retrouve ce qui subsiste de français dans le sang de ces déracinés. Est-ce une illusion provenant de la pureté de l'accent français dans la conversation? ou une pure suggestion? Toujours est-il que j'éprouvai UD grand cliarme et une sorte de satisfactiou patriotique aux quelques heures passées A San Pablo.
San Pablo, à une heure et demie de Tucuman, est nn peUt village de près de 3,000 habitants. On y arrive par la voie ferrée, au milieu de champs de cannes k sucre encore sur pied, aux cimes jaunies par la gelée. Les grandes taches vertes de la luzerne alternent avec les feuilles blondes des cannes déjà coupées qui gisent parmi les sillons. Des mandariniera arrondissent leurs bouquets réguliers de verdure luisante que piquent d'ionombrablea boules
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jaunes; plus majeslueui, les orangers étalent l'unpleur de leurs branches feuillues ploysot sous letus TruitSi et des p&diers laissent tomber lentement le , givre rose de leurs fleurs frêles. Deux ou trois étages de collines, au pied de la montagne, Umiteot l'horizon, vertes jusqu'à leur sommet, et comme brodées rar leurs flancs de ruisselets d'argent qui viennent uroser la plaine.
On passe devant d«s nusures informes, sans fendes, n'ayant pour ouverture qu'une porte basse. Des mains inhabiles les ont construites dé boue sècbe et recouvertes de paille ou de Ceuilles de canne i sncre. Quelques-unes même ne sont que des huttes de feuîUagea. Des poules picorent devant ces raocbos; des couples de cochons noirs k longues soies drues, plus proches parents du sangliw que de nos pwci domestiques roses et blonds, se vautrent dans la poussière; un cheval sollâ ou une mule atlesdent an seuils des portes. Adossé i l'un des côtés de la cabane, le four primitif resseiable i un gra^ nid d'bMnefo. n est fait d'une demi-sphère de terre sèche, percée d'un trou par oA l'on introduH le bois et cette pMe . grossière qui, une fois cuite, donne la dure t gaHeta ». ! Vn gaucho galope sur la route, soa poncho rettyi flottant au vent. Juchés sur des chevaux, qui troUent docilement, des fillettes ei des gar^oDs de six à dix aai lont à l'écol e, deux ou trois sur la même meature. Des marroota à peine vêtus, un large contelas en maia, enlèvent d'un geste preste l'écorce de longnes ciancs, puis la croquent et la sucent avec entrain. Aseis dait la poussière devant les rsnchos, on dirait de niauscules joueurs de clarinette, au ventre rebondi, (puiHt de sucre.
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Une odeur de mélasse épandue dans la campagiie anDoace le voisinage d'une sucrerie.
Nous voici â San Pablo.
La villa de HSI. Nouguès est adossée à la montagne. Une large avenue en pente douce bordée de jacarandas y conduit. De chaque c&té s'espacent des petites maisons sans étage composées d'une pièce* d'une cuisine et précédées d'une véranda couverte de tuiles. Très propres, comparées aux misérables ranchos de la plaine, quelques-unes même s'ornent de fleurs grimpantes, volubilis, capucines et jasmins qui s'enroulent aux piliers de la véranda. Elles abritent les familles d'ouvriers qui, toute Tannée, travaillent à San Pablo. Car beaucoup d'autres n'y sont employés que pendant la récolte. Ce sont les Santiagais, venus de la province voisine de Santiago del Estero. On les parque sous des hangars ouverts où ils couchent tous ensemble, hommes, femmes et enfants. Leurs selles, des lits de sangle, des peaux de mouton, des couvertures éclatantes rayées de jaune, de vert et de rouge, tissées et teintes par les femmes, traînent sur l'aire de terre battue ou pendent à des cordes. Deux briques, qu'ils placent autour d'un trou creusé en terre, un peu de bois, une ration journalière de viande suffisent à leur cuisine. Des types d'Indiens purs ou i peine métissés se ren- ' contrent parmi ces ouvriers d'occasion vêtus de haillons et qui semblent ignorer absolument l'usage de l'eau et du savon.
Les femmes, parfoisjolies, au proûtHn orangé, sur-
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Teillenl le repas, accroupies denoi les foyers. Léon yeux très noirs sous les paupières légèremenl bridées nous regardent hardiment. Elles ont les gestes lents et cette grâce naturelle des êtres primitifs.
Assise sur une tète de boeuf firalchement écorchée, Baignanle encore, l'une d'elles boit gravenient le maté qu'elle vient de préparer.
Toute notre caravane fut invitée 1 déjeuner i la villa Nouguàs. Repas excellent, accueil aimable et simple.
Durant le repas, je questionnai notre h6te sur la richesse présente et future de Tucuman.
— • Le sucre d'abord, les fruits et les primoin ensuite, me dit-il. Un bon oranger de cinq ans donne deux cent cinquante oranges. Quand il a grandi, il peut arriver à mille, quinze cents et même parfw trois mille fruits*.
Après le déjeuner, H. Nouguès nous cooduint dans son jardin, grand comme un parc, et dans set usines. Des orangers, des' mandariniers enchantaient Tazur du ciel de leur feuillage frais et lu îsant, de leurs fleurs suaves et de leurs fruits, car ils fleurissaicat ayant conservé leurs fruits de l'an passé sur les branches. De l'eau coulait, rapide, dans un ruisseau torrentueux qui venait en courant de la montagne.
Oh t l'exquise sensation de bieo-èire, de vie lacile
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et heureuse I Le ciel si bleu, l'aUnospbire li tiède, ces arbustes fleuris, ces bananiers chargés de lourds r^imes de fruits, ces parterres couverts de géraniums, de violettes, de roses et de jasmins, la gêné-' rosité de la terre et la donceur de l'aïr, tout cela eicile eu nous la joie vitale et crée entre Ittomme et la nature une hai-monie qui ressemble beaucoup au bonheur.
Un pin géant, planté il y a trois cents ans par les Jésuites, émeut par la noblesse de son essor. Quelques caféiers sont mis li pour la curiosité, dei cèdres, des noyers, des tipas font de l'ombre.
— J'ai planté ici 4,000 niandariaiers, me dit M. Nougu^. Ils viennent admirablement.
En nous promenant dans ce jardin parfumé, je disais à notre hAle :
— J'ai entendu à Buenos-Âires combattre le protectionnisme sucrier. On dit que le sucre coûterait bien moins cher aux consommateurs * s'ils l'ache* taient en Europe, et que vous avez fait mettre des barrières douanières qui ne proûtent qu'aux trente fabricants de sucre de Tucuman.
— Si l'Argentine cessait de protéger ses sucres, me répondit avec vivacité M. Nouguès, le pays se diviserait vite en deux : d'un c6té Buenos-Aires, Sanla-Fé, Entre-Rios, Corrientes et une partie de Gordoba vivraient largement des produits de l'agriculture et de l'élevage. De l'autre c6té, on verrait Tucuman purement et simplement ruiné, de même que les provinces voisines, Galamarca, la Rioja, Santiago del Estero, Jujuy, dont la population vit de la