‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 33 sur 115 · L» ncn ratOné se vend ta détail 90 ceDUmea le kilo · texte numérisé non relu

L» ncn ratOné se vend ta détail 90 ceDUmea le kilo

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su EN ARGBKTINB

prospériié de Tucamao, tomberaient dans la misère définitive.

( Ici, il fant travailler beaucoup, continua H. Nongués. Ces messieurs de Buenos-Aires, assis an Jockey-Glab, ou dans les fauteuils de leurs bureanx, peuvent faire des théories économiques i leur aise en fumant des cigarettes; leors terres augmentent de valeur, les bétes s'engraissent elles-mêmes dans les pâturages; les étrangers travailleat la terre pour eux et font pousser le blé et le maïs. C'est commode ! Ici, toute la richesse est produite par le travail des fîls du pays : usines, canaui, plantations. On l'oublie trop, comme on oublie que l'impdt payé par tes fabricanla de sucre constitue près de la moitié des revenus de la province' I

1. Lo badgst da Tucamu l'Albta fc 4 mllIloDS 113,000 puum, , folt «DTlroD 0 iiil1IEoDS.de flrwtM. Iw tuMMlM pttwM MKrièn» , w montant k 4 QillUiuu d» tnaa. I

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tiOB àm nm es AfgMfce. — La ca«^«an 4« caaac à

fù dit qoe Taeoinan JUit le ceatre de la production saeninàel'&r^t^ttine. Ce furent les Jésoites —

. qne l'on retrooTe ici comme en bien d'autres pointi de ces.coalrées i l'origine de l'iadustrie — qui établirent le premier moulin compresseur actionné par des mulets. Quand ils furent expulsés ea 1783, ils

. emportèrent avec eux leurs procédés de fabrication. Hais, en 1821, l'industrie sucrière fut reprise, pour progresser sans arrêt.

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Qu'oQ Imaeine les premières machioes Tenant de France et d'Aagleterre, amenées de la cblt, ca charrettes à bœurs, faisant i,500 .kilomètres en six mois de voyage A travers les prairies sans routes. Certaines pièces pesaient 6,U00,lnlo3. C'était en 1874. Tout le monde voulait faire du sucre. On brûlait des forêts entières et de magnifiques plantations d'oraog«^ pour planter la canne. L'essor fut tel qu'il fallut l'arrêter. En 1895, la prodaction de 160,000 tonnes dépassait la consommation qui s'élevait à 90,000tonnes seulement. D'où une première crise. Les producteurs alarmés se groupent et décident qu'ils renoetiront 60 p. 100 de leur fabrication à leur syndicat qui se chargera de l'exporter au mieux des intérêts communs. On obtient du gouvernement des primes i l'exportation. La convention de Bruxelles interdisant bientôt ces primes, il fallut songer à diminuer la production. L'Etat de Tucuman vota une loi qui îimitail les plantations. Après avoir brûlé des forêts pour faire du sucre, on brûla des champs de canne pour empêcher d'en produire. Le gouvernement indemnisait les propriétaires des champs sacrifiés et distribuait gratuitement des semences de maïs, de blé, d'oi^e, pour remplacer les plantations de canne. Cette loi provinciale fut déclarée inconstitutionnelle par le gouvernement fédéral trois ans après. Hais le résultat était obtenu. Aujourd'hui la production et la consommation se balancent & peu près. Héme, l'an dernier, ta sécheresse et les gelées tardives détruisirent une partie de la récolte, et il fallut importer 40,000 tonnes de sucre européen en Argentine. Ai-je besoin de vous dire que ce fut surtout do sucre allemand?

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Dd oouvel esaor de riodustrie sucrière se prépare, m'assure-t-on. On va perfe<^ioDner les cultures, augmenler le nombre des plantations et, après deux ou trois bonnes récoltes, on pourra exporter de nouveau, sans primes.

Actuellement, les plantations de canne à sucre dépassent 70,000 hectares dans la République, dont 57,000 hectares à Tucuman, pour 34 usines. Les capitaux engagés dans l'industrie sucrière de la province représentent 220 millions de francs, et les pro* doits, au prix de vente en gros, s'élèvent & 110 millions. 13 millions de litres d'alcool sont fabriqués annuellement.

En Ai^entine, la consommation du lucre est évaluée à ^ kilos par habitant. En France, nous arrivons à 15 kilos à peine, l'Italie consomme 8 kilos, l'Angleterre 35 kilos. Il faut dire que l'Angleterre exporte une quantité considérable de marmelades et de conûtures'. Les Etats-Unis accusent la même consommation que l'Angleterre, mais sans exportation de produits sucrés.

Les économistes ont compté que si la République Argentine ne protégeait pas sou sucre, et si le sucre étranger pouvait entrer, elle aurait pu payer toutes ses dettes en quelques années avec nn droit de douane de 40 centimes par kilo importé. Comptez, qu'en effet, pourune consommation de160, 000 tonnes, cela donnerait on revenu annuel de 64 raillions.

1. Lm AnglâU a'oDl pu d« frtiiu, iMAngldi n'ootpudc laen; nou iM l«ar fournlMoni at CeU aux qui iwm NTWdnt mm proprM prodtiiu, en a'ea eiulcbUMDt. H'y a-t-U pu là oa ilgM tomaUliIe 4e notre manque dlniUailTflT

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Nous allons Toir fabriquer le sucre de canne et nous enquérir des condiiions de l'indusirie sQcrière.

Il faut commencer par les champs de eaone proches de la villa Nougufts. En quelques minutes de voiture, nous y sommes.

L'Aconquija dresse devant nous son sommet neigeux. Autour de nous, à droite, i gauche, derrière, jusqu'à la base mourante des monts prochains, l'immease plaine s'étend, plantée des lances de la canne à sucre, vertes comme des bambous, parfois jaunies comme le maïs mûr par les gelées tardives. Des mil- Ijei's d'ouvriers, éparpillés sur toute cette surface et dissimulés parmi les hantes tiges, travaillent. Leui bes<^e consiste à couper les cannes une par une, d'un coup sec, de leur long < machete > qui va chet^ cher jusqu'à deux ponces sous terre la base de la plaate; puis à les plumer, c'est-à-dire & les dépouiller de leurs feuilles en trois coups rapides de couteau dont le dernier guillotine au vol la tôle verte de la canne, qu'ils lancent d'an geste élégant à dix mètres de là, sur un tag.

Les tiges violacées s'accumulent rapidement. L'adresse, la précision de chaque geste des moissonneurs est remarquable. Ce sont des métis d'Indiens, maigres, les bras noueux et la poitrine étroite, à la tète fine; leur peau orangée, les ailes da nez bien dessinées, tes yeux très noirs, les cheveux épais ' comme du fil à coudre et noirs comme do goudron. [ La persistance du type indien est saisissante. Certaines gens du pays, sans doute blasés, se refusent k

la reconnaître; elle apparaît pourtant éclatante. Je l'ai mdnie très nettement perdue, chez de hauts fonctionnaires de la province, diluée sens doute, combattue par la multiplicité des mélanges, mais évidente dans l'ouverture des narines, la forme des yeui plus grands, plus noirs, plus allongés, i la cornée plus blanche, au dessin de la bouche qui donne je ne sais quoi de doux & l'expression du sourire, qu'on ne retrouve pas chez les âls d'Espagnols purs.

Des chars conduits par de pittoresques métis en haillons, coiffes d'an large chapeau sordide, tiennent chercher les cannes violettes, d'an violet d'aubergine mêlé de vert ; arrivé ft l'asine, le chargement, élevé par oBe grue et des chaînes de fer, est déposé sur un large plateau roulant et ssna flg qui porte les cannes à rintérienr de ht fabrique et tes terse dans la mflchoire énorme des broyears. Là, elles sont écrasées par les dents de fer des cylindres juxtaposés, leur jos coule dans des rigoles qui le conduisent vers les chaudières, et la pulpe séchée Mrl de combustible.

La plupart des machines sucrîères des usines Nougués sont françaises, de la maison Cail ou de Fives- Lille. Les Anglais réussissent aussi A placer des moulins et les AlleBfiasds eounneBceat i se montrer dans le pays. Pourtant, d'uD comman accord, on recoira&lt queles machines françaises sont plus finies, et qu'elles durent frfua loofitmpê. J'eo voie datées de 1883. Le reproche que l'on sous fait, c'est qu'on ne voit pas asses souvent .te^, représentants de nos grandes fabfHfues et qoe ions ne nova teaons pas au courant des progrès réalisés ailleurs.

Une délteienae odeur de confiture brAtante et de mélasse se [répand dans l'usine. Le ret-de-chaossé''

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est rempli par les machines, mais les planchers de l'éb^ supérieur supportent des milliers et des milliers de kilos de sucre. Je pense à la joie de petits eofauta que je connais si on les amenait jouer iei, et je plonge mes doigts dans la cassonade UUe encore et parfumée.

Je Tonlns visiter paiement i I^sténiales usines de la puissante Compagnie Asucarera, contràlée par la maison Tomquist, de Buenos-Aires.

La Compagnie sucrière de Lasténia mond 4,600 U»nes de cannes par jour et emploie dans ses diSârente osineset dans ses champs 20,000 ouvriers*. Elle rapporle à elle seule au budget de la province i million i/3 d'impôts; i centimes de taxe par kilo de sucre fabriqué, plus les impôts territoriaux calculés i raison de 5 francs p. 1000 de la valeur totale de ta propriété de la terre et des usines é?aluée 37 millions.

Il fallut voir anssi la fabrique de sucre fondée, il j a dix-neuf ans, par notre compatriote H. Hileret, mort il y a deux ans. C'est ai^'oiud'hui one des plai fortes du pays.

De Tucuman à Santa Anna, od se trouve la sucre* rie, le train traverse sans cesse des plantations it cannes où des ouvriers travaillent; des champs brûlis alternent avec les champs verts ou jaunes. Par place,

1. Lu oanian dM atliMa gagMat Mvlnn M tnata pmr Bcb. Cau dM ebuop* qui traralUanl wu ^tOM M fiwt 1 trUM, iM toféi at ragolTHt d«ax emoM pn Joôr.

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des sillons sont en feu. Oo voit, k tons les coins de l'horizon, des colonnes de Tumée qui s'élèvent en toarbilloos noirs on courent comme des rideani de nuages ponssiéreux. Aillenrs, des chevaux, des bœufs broutent. Aux arrêts des gares, je m'amuse à reg;arder la manœuvre d'un nouveau moteur, inventa par les Américains dn Nord, pour te chargement des wagons : c'est un moteur & bœufs ! Oui, un appareil ingénieux, dans le genre de ceux qui font tourner les carrousels primitifs, adapté à l'effort d'une grue élévatoire, aotiomiée par des bœufs qui tournent, de leurs pas lents, et qui soulève des paquets de cannes enchaînés d'un poids de 3,500 kilos.

— Voici des champs qui s'étendent jusqu'à 18 kilomètres, me dit notre guide. Ils appartiennent à Ut Société Hileret. Toutes ces terres, il y a dix ans, étaient encore des forêts de cèdres, de noyers, de tipas, de quebrachos, de caroubiers, de mistoles. Elles furent payées 30 francs l'hectare. Aujourd'hui, telles que vous les voyez, déboisées et plantées de cannes^, elles valent de 700 à 800 francs. Le déboise* ment revient assez cher : 1 ,300 francs par hectare. Mais le bois coupé, propre an chaut^e ou & la construction, produit 1 ,000 francs.

La propriété comprend au total 35 lieues carrées — champs et bois — soit 87,500 hectares.

L'oi^anisaUon de l'usine est admirable. Tout le matériel est neuf. 17 chaudières y produisent 3,500 chevaux de force. Des ateliers de menuiserie,

1. L« eUM Mt mioimlée tons 1m six >iu. a inffll do lUpoter dus Iw silloiH préparé* dai tnimenU <l« tigu de cann* à lucre \oaft d'un iTMlaliie d« cBDUmètns. Loprix de la plantation d'w bMiara Taila da 650 fc no ttaiwa.

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