SUR HER
Amériqae iu Sud, et noiu conrondou Tolontiert rAiYeniine, le Chili et le Brésil, ces trots pays «d plein pn^s, arec 1« Nicaragua, Coila-Rïca, la Guatemala ou la Bolivie. Notre igporanee fait une salade impossible de guano, de café, de coton, de tabac, de blé, de cuivre, d'or, de n&gres et de caout* chooc ,
Il o'esl pas jusqu'i ces histoires de fortunes colossales et rapides qui ne viennent s'^outor â ta légende géDérale et vague. Use méleicellelégeadedes récits de rapines éhontées, l'exploitation des noirs, ta cruauté des planteurs avant Saint-Domingue, la canne i lucre, le tabac, des présidents voleurs, des ministres mendiants, des compagnies européennes et des fournitures mauvaises ou fictives, et un peuple abruti. Ce sont, en somme, souvenirs d'anciens voyagea aux An- I tilles péte-méle avec l'histoire des soulèvemonti de I Saint-Domingue, et nous confondons tout cela dans \ la même ignorance amu^e et pittoresque.
Or, le climat de l'Argentine est, paralt-il, A peu près celui de notre Midi, sauf quelques semaines d'été où la chaleur humide est insupportable. Sa population est européenne, et sa richesse serait banalement celle de l'Europe agricole : le bon froment qui sert à faire le pain blanc, le mais, le lin dont on tirs l'huile et le tourteau, la laine et la chair de ses moutons, et les bœufs gras qui fournissent des entrec6ieB savoureuses à l'Angleterre. Quant h ses mœurs politiques, elles sont celles de tous les pays en formation, et parfois même elles ressemblent, k s'y méprendre, & celles des vieux pays policés.
Pourtant, en fait de choses précises, je savais, avant de débarquer, que j'allais voir des frigorifiques
DinliîHinvGoO^lc
a EN ARGENTINE
qui n*ont rien k envier à ceux de Chicago, el des propriétés de 45,000 hectares, et des tronpeaox de 75,000 vaches. D'aJwrd ces chiffres dansèrent devant mes yeux comme des feux Tollcts. Qu'est-ce qne 45,000 hectares? C'est plus de cinq fois Paris tont entier, de Vincennes à Boulogne. C'est le département de la Seine.
— Et cette terre est fertile?
— On n'y a jamais versé d'engrais. Notre enltare est dans l'enfance ; avec des soins, la prodaction pent doubler et tripler.
— Vous dites qu'on peut encore acheter de ces terres aujourd'hui ? Dans quelles provinces, et i quel prix?
— Cela dépend de l'endroit, de sa ric^iesse, de s<Mi éloignement d'une voie ferrée, de son climat. Depais 30 francs l'hectare, jusqu'à 300 et 400 francs et plus. Voulez-vous semer du blé, ou du maïs, ou du lin, ou de l'avoine? Alors, achetez dans la province de Buenos-Aires et dans celte de Santa-Fé. Préférezvous planter des vignes et des arbres frniUers? Allez h Uendoza. La fortune vous y attend. Des gens arrivés pauvres, il y a dix ans, à Buenos-Aires, sont aujourd'hui millionnaires, simplement pour avoir revendu au mètre des terrains qu'ils achetèroat 10 on 30 francs l'hectare.
— Et Buenos- Aires ? Quelle ville estn»?
— Oh ! laide, laide, crièrent en chœur les dames. Et on s'y ennuie. On y potine beaucoup : c'est & peu près toute l'occupation des femmes, avec ta toilette. El vous verrez comme leurs idées sont en retard...
C'est ainsi que sur la mer Atlantique je commençais ma documentation argentine. Je recueillais ces
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SDR MER 19
paroles en m'excitant d'avance A l'idée de» t"^"""* ^^ vitalité et d'activité que j'allais trouver.
Je ne pouvais eacore Taire ua choix parmi mations, loe réservant de les vérifier, y démj le pouvoir d'exagération de ces tmprovisate nants.
— Noos verrons bien.
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