SALT
asado soit présenté en entier, sur sa broche, et que chacun découpe le morceau qu'il mangera. Noire hOte voulait nous épargner cette peine, mais on n'a pas tous les jours le plaisir de manger comme les an* câtres, et je tranchai d'un coutelas énergique la chair tendre et juteuse.
La banda de musica nous joua pendant le repas des airs de danses : tangos, habafieras, cbilenas, péricons.
Il arrive qoelquefois en voyage qu'on éprouve i rimproviste des impressions d'une grande vivacité. On se promet de les préciser, certain d'avance, tant l'émotion fat grande, de les retrouver à sa volonté. Puis, plus tard, quand on désire les fixer, on se trouve avec étonnement devant te vague et la vapeur d'un rêve. Aujourd'hui, au contraire, me voici devant un souvenir qui s'impose à moi comme la réalité de l'henre. Pendant le déjeuner, la lanfare, composée de métis coiffés du casque noir des vigilants, jouait toutes sortes d'air dont un tango. Les cuivres et les clarinettes ne paraissaient pas se soucier beaucoup de nuances ni de justesse. Mats l'air du tango, langoureux et lascif, avec ses arrêts brusques, ses réticences furtives, ses caresses endormeuses, fit se lever soudain, de la salle où nous mangions et d'où se voyait, sur le ciel radieux, le feuillage luisant des orangers couverts de fruits et des palmes, un couple espagnol qui se tenait étroitement accolé, se dandinant & peine, paraissant — chic suprême I — ne pas bouger de place* et j'entendis l'homme, fixant son œil vainqueur
EH ABGBrfTlHE
lé sur elle, le regard baissé, conuie tmée, dire : < Ne réveillez pas celle mène dormir... >
té ce tango sans me lasser jasqu'in ipais avec une joie jeune et profonde oluptueuse du couple que je vojait ï celte minute-là, la révélation d'aa lagnole, puérile, ardente et seosnelle.
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