SON AVENIR
NombreaMi et tertilei tallées. — Tsrtélé de la coorormation phjsiqae et du climat. — Une régioa fikTori>£e. — La terres À canne à fucre. — Eaai iboodantea. — État actael des cultnreg. — L'élenge. — Essais henreuz de culture des léguinei et des froita. — Pourquoi la prorioce resta jusqu'ici slatioDuaire. — Sou iaolemeal. — Ce que les chemins de fer Tont lui apporter. — NouTeanz bariious. — Salta, marché du Ghili. du Pérou et du Cbaco. — Hollease des SalteBoi. — Quelques opinions d'un gnud propriétaire de Satu.
L'aimable et courlois gouverneur de Salla décida de nous accompagner dans toutes dos excursions sur EOD territoire. C^ me permît de me renseigner copieusement et de vérifier les données déj& recueillies.
Salta, à peine exploitée encore, deviendra assui^ ment l'une des plus riches provinces^ du nord-ouest
1. La province eniière mesare 161,090 kilomètres carrés et compte 134,000 tiabltauls. La Tille de BalM ccrapre 17,000 bal>ilaou.
La budget proTlndal sa Boule à 1,500,000 francs ; celui de la ville capitale & 500,000 ITancs.
Le gouTBmBor toocbe t,WO francs par mois, les mlnlUret I.SOO francs, l'iaiendut moukipal 1,000 francs.
La prOTince dispose encore d'Immenses iteoduas de terres lOTii^
«76 EN AUGBMIHE
de rAi^eatine. Les ramifications des Andes qui couvrenl son temtoire abritent de nombreuses et îertlles vallées; trois grands fleuves, qui jusqnlci, malheureusement, ne sont pas navigables, la traversent. Les pluies et l'abondance des eaux permettraient, en maintes régions, une irrigation facile. L'ardeur du climat y est presque partout tempérée par l'altitude.
Les plantes tropicales peuvent prospérer jusqu'l 1,000 mètres. Au delà, les céréales, les arbres fruitiers, les cultures européennes réussissent parlaîtomeot. Grâce & la variété de sa conformatioa physique, Salta peut donc cultiver à la fois les céréales et ht fourrages, les arbres fruitiers et les l^mes, ausei bien que la canne à sucre et le tabac.
Certaines régions sont pariiculiérement favimsées.
La partie limitée par la ville d'Onm et le fleave Termejo au nord, par le fleuve San Francisco ft Test, le San Pedro au sud et l'Iniya à l'ouest, réunit, entre autres, de façon idéale, toutes les conditions nécei' saires à la culture de la canne i sucre et de tous les fruits. Au delà de ces limites, les conditions de adture sont moins favorables, le terrain plus plat n'ayant pas une pente suffisante pour l'arrosage.
La grande richesse de cette zone est due à la qualité du sol où la couche de terre végétale descend parfois
Uèna InuplorAes, du mlllloiis d'bMtam k eoDcUer. C^Btt OM rkhMW. Cw OD peut Uror 800 tnnea pu Iwcura de boit à alMtmL Los ImpAU Immobillen Mot de 6 francs pour 1,000 Enocs 4i II nleor totale det proprlités. Um tue de 8 fr. 90 bm p«tc<w par télé de Mtall veada. Ce «ont, «vm Im pUaatai, lea princIpalM tmaouicea du budget.
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i dix mètres et plus de profondeur; an climat tropical, puisque le tropique du Capricorae traverse la région d'Oran, i la faiblesse d'altitude qui garantit CCS terres de la gelée, i l'inclinaison du terrain qui descend en pente douce jusqu'à la plaine du Ghaco et&la Rivière Venneille, permettant ainsi une irrigation facile grâce à l'abondance des cours d'eau.
Il y a là, dans cette bonne partie d'Oran, 500 lieues de terres magnifiques admirablement propres à la culture de la canne à sucre et, par conséquent, assurées d'une plus-value énorme. Car, ainsi qu'on l'a tu à propos de Tucumaa, la région actuelle de la canne n'est pas extrêmement étendue. Ces terres, si belles et si fécondes, sont aujourd'hui couvertes de forêts qu'il faut d'abord défricher, et qui exigeront ensuite une irrigation rationnelle, puisque la canne est d'une culture d'automne et d'hiver, saisons généralement sans pluie. Hais j'ai déjà dît que le produit du bols abattu paye à peu prés les frais du défrichement. Pour l'arrosage des terres, tes rivières ne manquent pas. La seule captation des eaux de la Quebrada de Toros assurera l'arrosage de 60,000 hectares.
Jusqu'à présent, cependant, toutes ces richesses demeurent à peu près inexploitées.
On cultive un peu de blé, du maïs, même du café; la province produit h elle seule le tiers du tabac cultivé dans l'Argentine. Depuis quelques années, on commence à tirer parti de ses riches forêts, les plus nobles du pays avec celles de Uisiones, et l'on me
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signale des usines où l'on tramùlle Si classes de boû, cèdres, chênes d'Oran, lapachos, etc.
Les ma^iQques p&turages des vallées noumsseat un million de bêtes à cornes, de moutons réputés, de chevaux qui Tont l'hiver dans les bois et t'ét^ dans U monugne. Les cuirs de Salia sont d'ane qualité proverbiale, épais et pesants, et fameux par leur prép^ ration'.
D'un autre côté, la culture des primeurs, i peine commencée, a un grand avenir, non seulement poor la consommation du reste de l'Argentiae, mais pour l'exportation en Europe. Que l'on songe & Tordra des saisons. L'été commence en décembre et l'hiver est inconnu. On peut donc, toute l'année, produire tes Truits tropicaux et les légumes d'été. Saos brait et | avec une centaine d'hectares de terres achetées pour rien, quelques familles italiennes industrieuses ei courageuses sont en train de s'enrichir avec la culture des légumes et des fruits; les tomates de Campo- Saoto vont jusqu'à Buenos- Aires. Chez un riche estaociero, à cdlé des champs de cannes, on vient de planter 5,000 bananiers pour l'exportation des bananes, Dass le resie de la province, mais surtout dans la vallée de Lerma, il se fait une production intensive de maïs, de luzerne, de fruits. On a tenté dernièrement des plantations de caoutchouc qui ont réussi, et la culture du colon est possible.
Pour bien comprendre l'avenir indiscutable réservé à cette province, il faut regarder une carte de l'Argentine et se rendre compte qu'elle touche, d'ua côté, ,
1. Oo Uni» kl n«e l'twwe* d'an «spku «TMMlft •ntH eM, ' qui te disputa u quabrulio pour U tooenr aa tula.
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ft la Bolivie et qu'elle Toîsine, de l'antre, avec le Pérou et le Chili, pays qui s'alimenlent de bestiaux en Argentine.
Oran, par exemple, deviendra avant peu d'années le pins grand marché de bestiaux du nord de la République, pour les pays limitrophes. Actuellement, le bouvillon créole de deux ans et demi, qui vaut i 60 francs dans la province de Buenos-Atres, se vend le double ici pour l'exportatioD.
Gomment se fait-il donc qu'une région si riche soit restée, jusqu'à présent, si dédaignée des spéculateurs et des entrepreneurs de culture?
Cela s'explique par l'isolement dont Salta vient à peine de sortir. Jusqu'à la construction du chemin de fer, cette province demeurait séparée économiquement des autres régions par ses grands fleuves torrentiels qui l'isolaient pendant six mois de l'année. Elle dépendait donc commercialement de la Bolivie qui lui achetait ses produits agricoles. Mais quelles difTicuIlés de transport, à travers les montagnes dépourvues de sentiers et les torrents sans ponts, parfois laides d'un kilomètre I
Le chemin de fer de Jujuyr inauguré il y a (rois ans, a ouvert de nouveaux horizons aux Salteitos. On peut i présent transporter à Bueuos-Aires et dans les provinces du Sud, des produits assez avantageux pour supporter le fret encore considérable. Mais de grands ouvrages en préparation ou en projet décideront de l'essor définitif de ces régions. C'est d'abord le chemin de fer que nous avons suivi de bout en
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SSO EN ABGENTINE
boat de Périco, province de Jiijuy, & Embarcacion, qui vient d'ëlre lerminé, et mettra te Nord en comniDnication avec le fleuve Paraguay par la longue ligoe en construction, qui, d'Ëmbarcacion ira rejoindre Pormosa. C'est ensuite le chemin de fer qui, de Mitan, atteindra Resistencta sur le Parana, après avoir traversé le Chaco dans sa plus grande lai^ur. Un simple coup d'oeil sur la carte permet de s'intéresser à cet exposé géographique un peu aride mais nécessaire.
Il y a enûn te chemin de fer en projet qui relierait Bosario de Lerma, situé un peu au sud de Salta, ï Aotofagasta, port de la côte du Chili. Le Nord de l'Argentine serait ainsi mis en communication, d'iu côté, avec le système des grands fleuves navigables,
— il est question également de canaliser le Vermejo
— ce qui supprimerait pour le commerce le fret élevé d'un millier de ktlomëlres de chemin de fer; de l'autre avec la côte du Pacifique, au centre d'une région chilienne qui ne produit que des minéraux et des nitrates. Salta deviendrait du coup le grand mar^ cbé du Chili, du Pérou et du Chaco. La chemin de fer de Formosa sera terminé dans cinq ou six ans. Celai d'Antofagasta n'a pas encore trouvé ses capitalistes. La concession en flit donnée par le gouvernement fédéral, puisqu'il s'agit ici d'une ligne internationale. Elle aura environ 750 Icilomâtres et coûtera assez cfaer, car elle doit Iraverserles Andes. Les premiers calculs, établis sur une base de 350,000 francs le kilomètre, exigeaient près de SOO millions de francs. Et le concessionnaire, un Chilien, n'apas trouvéen Angleterre, me dit-on, les capitaux suflisants pour réaliser ce gros projet. Il les cherche encore.
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J'ai eatendu soutenir par des hommes compéteats el désinléressés que le chemia de fer projeté entra Salta el le Chili pourrait se faire par une voie beaucoup plus commode. Le projet des Salleilos, qui le fait passer par la Quebrada de Toros, exige la créinaillâre sur une très grande partie du parcours. Or il serait beaucoup plus facile et bien moins coûteux de construire an embranchement & partir de Très Cnices, sur la ligne de l'État, qui emprunterait la vallée de Humahuaca. Mais voilà, il faudrait pour cela passer par Jujuy et l'on sait que Salta et Jujuy sont en proie aux plus terribles rivalités. Salta ne vent rien devoir à Jujuy et préfère les détours et une voie très coûteuse.
Les Sal teBos pensent- ils 1 cet avenir ? Je veux dire : fonl-ils tout ce qu'ils peuvent pour le hlter? Oi 'm'assure que non, que dans ce climat si doui, l'activité des hommes est purement verbale, et que la politique l'absorbe tout entière. Et puis, on vil de peu sous un ciel si clément, et la terre est si bonne mère que l'avidité y est presque inconnue.
Ce seront donc des t Portenos ■, c'esL-i-dire des gens de Buenos-Aîres, ou peut-être des étrangers, qui en profiteront. Déjà, les plus belles terres leur appartiennent, ce sont eux qui poussent à l'achèvement des chemins de fer. Les Tucumanos eux-mêmes, qui se rendent compte de la supériorité du climat de Salta pour l'industrie sucrière, se mettent aussi & acheter des terres dans Satla, et ne tarderonl pas à y installer des usines. Ils ont compiîs qu'en développant l'ia-
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sas EN ARGENTINE
dustrie sucriire dans plusieurs provinces ils renliw- {aient le parti proteclionoiste au Congrès fédéral.
Or, un jour on l'autre, les protectionnistes auront i se défendre.
Un des gros propriétaires de la province de Salb, qui, sur les ^5,000 hectares de forêts qu'il possède, n'en exploite acluellemeot que 200 â peine, m'exprimait sa foi en l'avenir de cette région, jusqu'ici trop méconnue, et sur l'Aï^enline en général :
— ■ L'Argentine, me disait H. F... B..., resseralilc S une grande maison n'ayant qu'une porte d'entrée : fiuenos-Aires. Sa façade est petite et sa profondenr énorme, mais elle n'a point d'issue, comme les vieiUet demeures espagnoles, si mal comprises pour les exigences de la vie moderne. Il faudrait lui ménager une porte de sortie par le chemin de fer du Pacifique. Le chemin de fer transandin, s'il est utile aux bonnes relations entre le Chili et la République Argentine, el s'il est plus.commode aux voyageurs que l'asceoâoD de la Cumbre, n'a qu'une bien mince valeur économique. La province de Hendoza ne produit rien doit le Chili ait besoin, puisque les vins chiliens soat supérieurs à ceux de Hendoza, et que, jusqu'à présent, l'élevage y est sans importance. Il ne faut donc pas compter 1^ transandin comme un déboucjié économique. El il en faut absolument un si l'on «vJ mettre en valeur le Nord de la République.
€ Oui, continua M. F... B..., nous ignorons trop Ici ressources de notre jeune pays. Nous avons biama de laboratoires d'expérimentation où les agriculteurs pourraient aller se renseigner. Frappez actndlement h ta porte des ministères et de tous les bureaux officiels, i la recherche de renseignements précis.
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On ne vons dira que des choses vagues et iocertaines surdes régioos un peu éloignées comme celtes d'Orao, de HisioDes, du MaKuel Huapi. On dépense 9 millions pour l'armée, on commande 200 millions de navires de guerre, et notre pays essentiellement -™!"">» manque de laboratoires d'analyses et de économiques.
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