‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 46 sur 115 · I .i.,<i ■.■Gooj^lc · texte numérisé non relu

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?rinl!i-Fé. La luzerne abonde. Elle dure dix ans. Le hctaif n'a de valeur qu'exporté, car sur les liera, 1* viande se vend en moyenne 35 centimes le kilo.

Snlta est jalousée, (hi accnse son climat d'être trop chaitd, l'élé, pour les Européens, et de donner la fièvre. Je sais pourtant que les Italiens s'y fixent et prospèrent. Alors que plus au sud, dans Santa-Fé, îb s'en vont la récolte &ite, ici, ils demeurent et font fbrhine. La plupart des ouvriers italiens arrivés san le sou possèdent aujourd'hui des propriétés importantes; les autres jouissent d'une aisance enviaUe. Ils sont économes et vivent chichement.

On me cite des exemples. Un maçon piémontiii arrive, travaille aussitôt pour 6 piastres par jour, — soit 12 ou 13 francs, — met 1 ,500 francs de cdié an bout de la première année, autant l'année suivante, travaille à son compte, achète de la terre à 16 sons le mètre, se bâtit trois petites maisons, en habite nae, loue les deux antres. Les terrains qn'il paya it y a trois ans 16 sous, valent déjà 4 fr. 40. Il a denx cuvriers. le voilà sur )e chemin de la fortune. Ses ouvriers te quitteront dans trois ans et feront comme lui.

Ceci se passe exactement de la mfime façon sur tous les points de la République oâ se fixent des Ttaliens ou des Basques.

En quittant Salta pour parconrir le tronçon de li^ne qui aboutit sur les cartes à Tala Pampa, et qui tiaverie dans toute sa longueur la vallée de Lmna, celle-ci est assez étroite. Mais vers Paerto-Diaz, ell* s'élargit.

DoiiîHihvGoogIc

Noua sommes enhirer, et depuis six mois il a'a pas plu; aussi le paysage n'est-il pas très verdoyant. Kentôl il va pleuvoir. L'herbe poussera en quelques jours, on amènera les bœufs au pàLurage. Si cette terre était irriguée, elle décuplerait de valeur, car elle est d'une qualité remai-quable et le climat permet presque toutes les cultures, depuis le tabac jusqa'i la luzerne.

il. Clément nous étalait la richesse de la province et même nous la montrait du doigt en nous faisant admirer la profondeur da la couche d'bmnus qu'on aperçoit dans la tranchée de la voie.

— ' Regardez, ce n'est pas préparé pour votre visite.

c £l savez-vous que le mala donne 2,000 kilos i l'hectare? continuait-il.

M. Boni, qui se trouve avec nous, et qui, comme je l'ai dit, est, avec M. Dreyfus, le plus gros exportateur de grains de la République, fait remarquer que ce serait une pauvre récolta dans le nord de la province de Buenos-Aires et dans le sud de Sauta-Fé, où l'on a vu un hectare produire 6,000 kilos de mats. exceptionnellement, c'est vrai. Mais la moyenn la production n'est jamais inférieure à 3,000 4,000 kilos à l'hectare.

Non. Salta fournira le sucre, le tabac, les fr' les primeurs, des prés d'engraissement*, mais ne pas espérer lutter pour lea céréales avec les provi de Buenos-Aires et de Santa-Fé.

Cette opinion de M. Bom parait une vérité dé Uve.

Le goavemeur, qui nous accompagne veut i

1, Ou »M ea moreu» dein bUai fc conw k l'IiMicnt.

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montrer, i ma priire, comment les c domadores ■

arpenlios dressent les chevaux. li a prévenu de BOtre visite. Etquaod nous descendons i h gare du petit village, des breaks nous attendent, même une sorte d'arc de triomphe s'élève au milieu du chemin pont fêter à la fois el Gobernador et et sefior Ramalio, directeur des chemins de Ter, dont on recherche la bienveillance, car on a besoin de hangars pour le dép4ït de tabacs, car on a besoin de wagons, car on a besoin de tout.

Nous arrivons dans la poussière i I^ Finca, nom de l'estancia qui nous accueille.

C'est une vieille habitation sans étage entourée d'une galerie à piliers bleus, pavée d'un carrelage ronge, comme toutes les pièces de la demeure.

Rien de plus élémentaire que leur ameublement. La salle k manger possède un buffet de noyer et des chaises cannées ; sur les murs, des chromos représentent des scènes de Faust; chambres simples i lits de fer. sans tapis; dans le bureau, une joÛe femme turque sourit sur un calendrier. Sous la galerie qui court autour du patio intérieur où se dresse un citronnier, de la viande pendue est en train de sécher; i terre traînent des harnais et des selles aux oraemenls d'argent.

Des gauchos arrivent, immobiles comme des statnes, sur leurs chevaux à longues queues trottant Tamble, sanglés à la taille par des ceintures oâ brillent des pièces de monnaie, leurs pieds dans dei étriers de bois qui ont Tair de moitiés de gros sabots sculptés, la tète couverte de larges chapeaux gris, leur poncho sur l'épaule, le lasso lové accroché derrière leur selle, et la rebenque ou fouet court, pen-

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