CàhiuIc
dant à lenr poignet droit. Ces gauchos, nulgré leor roulant rose vif, ont grand air. Les traits de quelques-uns d'enuv eux respirent la noblesse, la bravoure grave et même un peu mélancolique. La collaboration du sang indien et du sang espagnol a produit cet être d'une autre époque, évidemment incapable de vivre d'uneautre vie que celle-ci, qu'il passe & chevaucher librement dans la solitude.
— Toilà nos vrais gauchos, me dit l'hâte de La FÎDca. On n'en trouve plus guère de pareils qu'w nos provinces du Nord.
On va dompter pour nous quelques poulains sauvages, c'esl-i-dire qui, depuis leur naissance, vivent en liberté dans le eampo, et que le mors ni la selle n'ont encore déshonorés. Les gauchos sont allés les prendre diuis les prés au moyen du lasso et les ont amenés à Testancia. Là, trois ou quatre peones attachent l'animal à un arbre par le cou et par les pattes de derrière, lui passent une couverture sur la tète pour l'aveugler et le seller à loisir. Quand il est prêt, le tambourin et les Mies commencent leur tapage, le domador saisit le cheval par l'oreille et l'enTourche d'un bond léger. Une douzaine de peones à cheval encadrent le poulain pour l'empAcber de s'aller tuer contre un mur ou un arbre ou une bar* ri&re. L'animal parait fou furieux. U se précipite tète baissée en avant, fait dix pas de galop, s'arrête brusquement, danse, salue, met la lête entre les jambes, se dresse, me, s'arcboute sur ses pattes de devant, creuse la terre, s'ébroue, secoue la crinière.
Le cavaUer est indéracinable. Les jambes serrées, il frappe i tour de bras, de son fouet court, et laboure de ses larges éperons d'argent le Qanc de ta bête, qui ts
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l'affole davantage. Les douze peonea galopent aatour du poal&in, pour lui barrer la route, le remeUren antlien du chemin, et les eheranx font autoar d'an une poussière de champ de bataille.
Finalement, la rictoire reste i l'homme ; le efaend, mis au galop, p^t comme une flëcbe dani nae course de trois cents mètrei et revient an pas, dodle, maté.
On m'assure que ces dresseurs de dievaiu deviennent souvent poitrinaires. Tant d'efforts et de secousses les épuisent vite. Et au bout de qmelqwi années, ils sout i claqués t.
Apr^ plusieurs dressages du mime genre, ai nous donna à chanter. Lee gaudios ne sont pas seelemeat des dompteurs de chevanx, ils savent aussi ébarmer le loisir des longs soirs par le jen de la guitare et les improvisations.
Ces chants se ressemblent tons. Que les paroles es soient gaies ou tristea, les mélopées ont le même air mélancolique. Le compère qui fut chargé de sou tgtjer s'assit sur son banc contre le mur, avec na camarade qui l'accompagnera à la tierce ^ à li quinte. Ils se concertèrent i voix basse un iustatt pendant qu'ils grattaient leur guitare et conmet* cèreni leurs improvisations. G'étaîrat dea malin :
Si voua TOulex nvotr bm nm.
Je TKÎi voua le dire :
C'est Juan ilosas qu'on m'&ppelle.
S» nb cspible de moDlrer un chemta I on «vMfla Bt de donnwdes coaitils à os Mmrd.
Gea facéties faisaient naturellement rire les geM de l'Mlaneia rassemblés autour des eb«Bt«nrs. Oi