A TRAVERS LES FORÊTS DU CHACO AUSTRAL
de condensateurs qui pennellent une grosse économie. L'usine de Tintina a dépensé cette année près de 80,000 francs de transport d'eau en onze mois. U faut saroir qae l'exploitation nécessite l'entretien de 450 mules et qu'une mule boit de SO & 40 litres par jour, un bœuf 100 litres'.
La vie matérielle de ceux qui s'exilent en ces parages est, on le voit, plutdt sévère. M. Ramallo, directeur du Central Nord, a eu l'ingénieuse idée de créer des wagons-marcliés qui seront installés sur la ligne d'Anatuya à Tintana. Deux fois la semaine, prévenus pas les horaires, les habitants des régions traversées par le chemin de fer viendront au passage des trains acheter les légumes frais et les provisions que tes détaillants apporteront dans les wagons.
— Ici, me dit la jeune femme de t'administra^ teur, nous ne mangeons jamais de légumes. Un chou- Heur coûte deux francs cinquante, tout le reste est à l'avenant.
Elle nous conduit chez t'almacenero installé par ht Société dans une maison de bois, proche de l'usine,, et qoi ne Ëiit pas moins de 23,000 piastres d'affaires par mois pour te compte de la Compagnie. Les bénéfices de ce petit négoce s'élèvent à 120,000 francs par an. Tout près, dans une cabane, est établi un marchand de légumes chei qui nous ne vîmes pas la
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moindre feuille verto; ua tas d'oraoges en vrac dani un coin, troU ou quatre saucisse* suspendues & une poutre, un fromage, quelques chapelets d'aulx ei d'oignons et des galettes de caroubier qui s'espacent sur un étal et semblent faîtes d'une pâte de sciure de bois durcie et poreuse, constituent ce fonds de commerce. Mon marchand veut à tout prix m'oi&ïr des galettes de caroubier. It m'explique coaimeot elles sont failes, avec les gousses noires d'algarrobos séchées, pilées, passées au tamis, pétries avec de sucre ou du miel sauragCf mises sous presse et ser* vies comme dessert sous le nom de pataî. Dans une jarre, il nous montre une sorte de sirop fait d'one décoction de gousses d'algarrobos et de sucre que les peones apprécient beaucoup.
Presque tous les bûcherons smt célibataires. Leur vie est rude et sans joie. De temps en temps — plutôt rarement — ils se grisent. Le sirop d'algarrobos et la cMcha de mais sont li pour cela. Le reste du temps, leur vie est sobre et leurs besoins heureusement limités. Ils se nourrissent de viande et de mata tr&i sucré, de i tortillas » faites de farine de blé et de graisse, cuites dans la cendre chaude, ou de galettes de caroubier. Ceux qui vivent dans la forât sont d'habiles c mêleras » * qui savent dénicher au ereux des arbres un miel succulent et dangereux que les abùlles sauvages 7 déposent II grise, paraît-il, pour quelques hetures, mais intoxique, comme le miel des flatteurs I
Leur grand plaisir est le jeu de la taba, jeu na* (iooal de l'Argeatiae. Il n'y a pu de fUo ai de dt-
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