A TRAVERS LES FORETS DU GBACO AUSTRAL
manche, ni if élection, ni de repos quelconque sans la taba. Le jeu consiste & lancer un osselet de bœuf à une dizaine de mètres, de façon à ce qu'il tombe i terre sur son côté le moins large. Ce n'est pas bien compliqué, comme Tooa voyez, ni bien passionnant.' Pourtant, le c fils du pays i est tellement joueur que des drames accompagnent sonreat les parties et que le couteau et le revolver fonclioanent dans le règlement des différends. Les ouvriers bûcherons qui n'ont aucune occasion de dépenses y jouent des sommes souvent fortes, et des après-midi qui se règlent par des dilTârences de cent piastres (2^0 francs) ne sont pas très rares.
On a bien essayé d'interdire la taba, mais les bûcherons préfèrent quitter le travail que de se priver de leur seul bonheur. Et comme la main-d'œuvre n'est pas commune au Chaco, les compagnies forestières ont renoncé à rinterdiciion. Alors, la police essaie de réglementer le jeu. Elle y assiste, en stipule les conditions, tranche les difficultés, exige que les joueurs ne portent sur eux aucun arme, ha taba est devenue une indusb'ie. Des peones plus audacieux que les autres se font banquiers des parties, prélèvent quarante centimes par coup et acceptent les paris pour l'un ou l'autre joueur. Il arrive que le polider joue lui-même à la taba et qu'il touche de fortes mensualités de ces croupiers d'un nouveau genre.
Près de la maisonnette de l'admiaistrateur, la scierie ronfle.
On y prépare surtout les bois durs, le quebracho, le jacaranda, lo gaïac, le tala, le caroubier, excellents pour les clôtures, les moyeux et les jantes de roues, ou pour Vébénisterie. Les quebrachos de cette région
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ne serrent pas à fabriquer le laniD comme cenx dei admirables torèis de Saata-Fé. Ils ea coDlienneot pea, parall-il. Od les emploie surtout pour chauffer et es faire des traverses imputrescibles de cheminB de fw. La Société en prépare annnellement 300,000.
Les bûcherons occupés sur place à la préparatÎM des traverses gagnent de 8 à 10 francâ par joar. Ba somme, la traverse payée deux francs au bâcheron*, 40 centimes au scieur, 10 centimes aa diai^nr et 40 centimes A l'État, coûta h produire environ 3 frana et se revend 9 fr. 60 aux compagnies, soit 7 fir. 60 de bénéfice. II faut déduire de cette somme le prix de la terre et les Trais généraux de rexplottation. Haû la terre fut achetée à un prix dérisoire. C'est donc U une industrie profitable, si l'on compte qu'en on u la compagnie vend 300,000 traverses et qu'il ne dépend que d'elle, ou du moins de la main-d'œuvre, de multiplier sa vente.
Il nous fallut reprendre le train et regagner la ligne de Tucuman & Santa-Fé, où nous devions arriver le lendemain. Sans interruption, laforèt recommença et, quand ie soir tomba sur ce paysage sans village, sans passant, sans vie, plat, désolé, les quelques bœufs que l'on voyait paître dans les clairières parafent plus abandonnés, plus solitaires encore que durant le jour.
1. L« Mlenr fâgii« 10 tMoct pu- Joar alul que l'ouTri«r qui ttrveille le 01 ilntil de U kI*. Le$ peaoei «rdlDalrû M (bnl B à 9 frmK* par Jour. Les porteurs de poutrei, fi tr. 50. C'att pourtant oa tnni très dur. Les chargeurs sur wagons, ptfis k raison de 10 etaUmi tar trarerse, arrlreot t se ttin de M k 40 francs par Jour — quâmà T a des wegoos — car Ils traTailleot très fUa et tans «rrtL lUi > acddeou loot Mqoeati. U tniTWM ptaa aaTlimi 100 Uob.
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