A TRAVERS LES FORÊTS DO CHACO AOSTRAL
Lorsque la nuit fut TCDDe, la forêt s'évanouit, des champs la remplacèrent. Nous entrions dans la province de Saata-Fé. Vers San Crislobal, une li^ne de feu de plusieurs kilomètres incendiait 1 sans la certitude où nous étions qu'aucune trielle ne pouvait exister ici, on eût imag. formidable au travail. Ce n'étaient que l mes pour brûler l'herbe faoée du campo.
Nous avions mis près de quarante ht verser les forto du Chaco.
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Sin(a-P^ capitale da i^ebruho. — La PoresUl âa Chtc*. — HH. Portails frères. — Histoire de la dëcouTerte de l'eitnii de quebracho. — Richesse en tanin. — Le quebracho U( tons ses concurrents d'Europe et d'Amérique. — Fraofaîstt Allemands s'associent. — Le domaine de la Foreital. — 800,000 hectares de forêts i exploiter. — Qnotre bbriqMS d'extrait taniqne. — L'osine deCilcbaqoi. — 65,000 tomieide : tanin par an. — On abat on viens quebracho âgé de mille I ans. — Traverses ponr chemins de fer. — Comment se Eut l'extrait taniqne. — ThéiËres gigantesques. — SopAriviU du quebracho snr «e* concorrents.
Saota-Fé est la capitale d'ane riche pronnee argatiDe, vaste plaine qui confond au nord ses limites avec celles du Chaco, au sud et k l'ouest avec celles de la pampa de Buenos-Aires et de Cordoba. L« Pirana, qui ta borde & l'est, lui apporte avec la fertilité de ses alluvions des facilités d'exporlatioa. Aussi cette régioD est-elle une des plus aadennemeot expl oitées de la République. Au nord, elle se couvre d'immenses forêts; au sud, la pampa herbeuse, jkdis livrée A l'élevage, est désormais convertie en un vaste champ de céréales. j
J'aurai l'occasion, en étudiant la vie agricole de
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rAi^Btiae, d'iosister sar U richesse en céréales de la prorinee, mais je voudrais aujourd'hui toqs emmener dans c« mime voyage que nous Ames au nord de Santa-Fé, A traTen les < quebrachales > et les Tabriques d'extrait de qoebracho.
Presque toutes sout aujourd'hui englobées dans uoe eutreprise unique, la Forestal (hi Ckaeo, entreprise énorme, puisque son capital est d'un million et demi de livres sterling, la plus grande au point de vue iDdusuriel qui soit en Argentine et qui se classe eo importance Snanciëre après les compagnies de chemins de fer. Entreprise type, belledans sa simplicité et dont la prospérité ouvre des horizons sur la richesse de ce Nord argentin auquel on pense A peine. Elle réunit, il est vrai, toutes les conditions de réussite : étendue énorme de forêts exploitées, richesse de ces forêts en quebracbo, richesse de ce quebracho en tanin ; facilités d'exploitation et d'exportation que lui assurent le chemin de fer frani^is de Sanla-Fé et le Parana.
J'avais eu le plaisir de rencontrer à Buenos-Aires l'un de nos plus distingués compatriotes en Argentine, le baron Frédéric Portails, arriire-petit-fils du grand jurisconsulte, l'un des initiateurs de la Forestal. M. Portails est arrivé ici, il y a trente ans, avec ses frères. Us sont de ceux qui eurent toujours confiance dans l'avenir du pays, malgré les crises qu'il traversa et dont ils souffrirent. Gr&ce à leur opinifttreté intelligente et & leur sens net et clair des choses argentines, ils sont arrivés & se créer dans ta colonie étrangère de Buenos-Aires une situation hors de paU>.
Uur action ici est, on peut le dire, prépondérante
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Ce sont des [horames comme ceux-là qai eontinoeot i maînteoir à la France soa iofluence et son aatorité. Depuis trente ans, ils furent, en effet, mêlés i tontei les grandes afTaires quand ils n'en furent pas les inititteur3. Avec un autre Françjùs de mérite, H. Hileret, ils contribuèrent an développement de l'industrie sucrière i Tucuman, et spéaalement de l'outillage français; ils créèrent les premières aiTaires françaises de chemins de fer en Âr(:entiDe, fondèrent la Banque Française du Rio de la Plata dont ils furent les pn* miers administrateurs, placèrent les trois emprunts de la province de Buenos-Aires et celui de la province de Sanla-Fé aux syndicats de banques anglofrançaises. On les voit à la tète de sociétés de construction et de travaui publics et de caisses hypothécaires privilégiées; ils représentent la Itégie générale des chemins de fer et des travaux publics ; ils installent et exploitent de nombreux établissements d'élevage avec 30,000 hectares de luxeraières. Que sais-je encurel Mais la grosse entreprise des frères Portalit et de leur habile associé, H. Négri, reste ta créatioa et l'exploitation de la Forestal.
— Quand vous irez dans Santa-Fé, m'avait dit M. Frédéric Portails, arrètex-vous à la Forestal. J'osa dire que vous y serez intéressé.
Et, sur ma demande, il me résuma l'histoire de l'entreprise colossale dont il fut l'un des initiateurs.
Un jour, un ouvrier tanneur de ta Bocca, & Buenos- Aires, remarqua la couleur de rouille et la qualité de t'eau où trempaient des blocs de quebracÂo qui traînaient sur les quais. Ce bois, qui arrivait du NmiI 'e la République, n'était alors recherché que pour )n extrême dureté; on le savait imputrescible et oi
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l'employait pour les constractions. A Tucuman, il serrait î faire tes rouleaux broyeurs de canne à sucre. n parut h cet ouTrier que Teau coulear de rouille avait UD ^ût de tanin, et que, par conséquent, le quebracho devait posséder les mêmes qualités que l'écorce de chéDe, utilisée jusqu'alors pour le tannage des cuirs. Il expérimenta cette dissolution nouvelle. L'expérience fut concluante. Découverte facile et mei^ veilleuse, si l'on songe que ce n'était plus seulement l'écorce d'un arbre qui allait fournir la matiire tannante, mais l'arbre lui-même, qui pullulait dans lee inépuisables forêts du Nord ai^entin.
A la suite d'une exposition forestière à Bueoos- Aires, en 1872, un de nos compatriotes, H. Adrien Prat, envoyait à H. £>nest Dubosc, fabricant d'extraits de bois au Havre, des échantillons de différentes essences de bois, parmi lesquels du quebracho rouge. H. Dubosc, l'année suivante, se fit délivrer un brevet de quinze ans pour la fabrication de l'extrait de quebracho.
- Vers i878, on proposait à MM. Portatis te droit de coupe sur une dizaine de lieues carrées de forêts, 1 c6té de Reconquista, dnns Santa-Fé. L'offre était tentante. Ils s'informèrent au Havre du résultat des expériences faites. On leur répondit que le quebracho possédait, en effet, des propriétés tannantes remarquables et qu'assurément l'extrait qu'on en pourrait tirer vaudrait cher un jour.
A la même époque, an Allemand, H. Harteneck, introduisait le quebracho dans son pays, sans grand succès d'abord. L'Allemagne s'obstinait i utiliser pour le tannage des cuirs l'écorce de chftne venant de Pologne et d'Autriche, alors que la France continuait
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i se soirir da cbâiaigiuer et lei Ëtalt-Unis da ka»lœk, nriété de chéM trèf répasdae en Amérique dn Nord, nuis qm est eo train de «'épuiser.
Cependant, it était évident que k richesse do qiwbracho en tanin dépassait edie de- tons ses eoaenrrents, chitaignier, ehCne*, mirabolam, valonée, mmosa, etc. I^ Américains et les Allemands s'en rendirent ai bien compte que l'Allemagne devint, apris l'Amérique dnNord, le meilleur client derArgentioe. Et cependant, elle favorise toujoors l'introdactioB da chêne autrichien, qui entre chex elle libre de droits, alors que le qaebntcho paye une taxe de 35 p. iOO. Ualgré ces obstacles, l'exportation dn quebracbo ne Gt qu'augmenter, si bien que la lieoe de forêt achetée alors 5 i 6,000 francs ne serait point cédée aujourd'hui par son propriétaire poor 300,000 francs.
MU. Portails et Harteneck, principanx conceasioinaires des forêts de Santa-Fé, travaillant chacun de leur côté, se contentèrent, jusqu'en 1895, d'expédiw leur bois aux nsiaes d'Europe et d'Amérique qui fabriquaient elles-mêmes l'extrait. Ils le vendaient également en Argentine, pour les constructions da quais, tes traverses de chemin de fer, les postes de clôture, les bordures de trottoirs, etc. Mais H. Harteneck eut l'idée de s'associer avec on de ses compatriotes, H. Renner, qui &briqiiait de l'extrait tanique à Hambourg, avec le bois importé. Os créerait en Af|:entin«, sur les lienx mêmes d'exploitation, une labriqne d'extrait, et l'on économiserait
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