‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 63 sur 115 · II. i.,<i-,Gooj^lc · texte numérisé non relu

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SUR LE HAUT PARAKA 3iS

Toilelte, et qui crachent comme des hommes en fumant d'énormes cigares noirs. Les pcones portent des bottes, d'amples pantalons, tenus par une ceinture de cuir éclatante où sonnent des pièces boliviennes et péruviennes, de larges chapeaux. Ils passent leur après-midi h l'office avec les domestiques. L'un d'eux descend & Itatî, village b&ti sur le bord du fleuve, qui possède une petite église d'un blanc éclatant, au ddme bleu, au clocher gracieux. Quelques canots attachés ft la rive, des hangars, des cabanes de planches, voilà ce qu'on voit en passant. Une sorte de voiture chinoise couverte de paille tressée et traînée par des bœufs attend le capataz. Il y met son lit de camp, sa malle de fer-blanc et deux chaises.

An port suivant, un vieux ménage indigène monta Bur libéra. Lai, un vrai fils du pays, métis d'Indien et de nègre très prononcé, aux yeux bruns, au teint noir, aux grosses lèvres et au nez épaté, est vêtu d'un complet de vigogne marron, à longs poils. Elle, un type de paysanne d'Europe, au teint h&lé par les travaux des champs, aux rudes mains calleuses, a l'air timide et un peu gêné en mettant le pied dans la ealle à manger. Elle portait une jupe i plis serrés, et un caraco bleu pâle; ses cheveux étaient ramassés sur la nuque en un tout petit chignon qu'abritait un lai^e chapeau de paille. Couple sympathique de travailleurs. L'homme souriait sans lien dire, bon enfant, la femme paraissait regretter de n'avoir rien à faire et ne savait où mettre ses mains.

La monotonie du voyage nous repose délicieusement de nos fatigues. Les heures se passent à contempler un paysage toujours le même, et les moindres incidents deviennent des drames. On s'amuse &

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regarder !« domestique guarani, chargé du eenïtz des cabioes, qui caresse, d'un plumeau iodulgeat, ta housse sale du dur sofa; qui ne refait pas les lits; qui ne balaie ni te pont ni les cabines-, i table, c'est une joie quand celui chargé du service, petit jeune liomme au teint olivfltre, ï la moustache noire bien cirée, aux cfaereux pommadés, à la mèche bien ]ri*quée sur le front, nous apporte les plats en bras de chemise, aans gilet, les mains sales, ayant snr l'épaule une serviette de toilette déjà maculée avec laquelle il vient de frotter les glaces de la salle à manger.

Nous menons la vie du petit cabotage paranéen, nous arrêtant à tous les i ports », devant toutes les exploitations où s'élèvent quelques huttes de paille, ici cinq minutes, là trois heures pour débarquer de la farine, du pétrole, des pommes de terre, ou dei mules que l'on jette A la nage, h'ïbéra embarque des sacs de maté, des peaux sèches, du bois. Quand un péon ou un capatat va rejoindre une exploitation forestière, ceux qui restent k bord poussent des crn stridents qui finissent par une sorte de cri de tête et de gor^e, une tyrolienne qui serait sauvage.

Si le capitaine aperçoit un homme ou une femme, «ur la berge, avec une malle A ses pieds, un paquet noué à )a main, VIbéra s'arrête et te canot va tes chercher; quelquefois, s'il s'agit d'un prix A débattre, d'un marché A conclure, le capitaine A tète de forban débarque.

Le deuxième jour de navigation, le Parana n'a pas changé d'aspect, ce sont toujours les mêmes rires

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