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moyenne de 3,000 kilos d'amidon veoda i raisoD de 30 piastres les 100 kilos, n'est-ce pas li un bon rendement? Le riz prospère également snr les terres bia arrosées et la canne k sucre vient admirablement dan certaines zones choisies.
c Le cotonnier, cultivé jadis par les Jésoitet, pousse à l'état sauvage dans la for£t ainsi que l'indigotier; le café et le cacao sont également des produîli naturels du pays. Je ne parle pas des orangers qui abondent, ainsi que les mandariniers et les citroonieit, les bananiers et les ananas, dont plusieurs espèces sont excellentes, mais dont personne ne s'occope. Toutes ces cultures avec rexploitation raisonoée de la yerba maté seront dans l'avenir la fortune des Hi»sions. »
H. Fonilland m'assure que près d'iù, i Loreto, h canne donne 13 & 16 p. 100 de sucre, alors que celle de Tucuman et du Ghaco ne rend que 8 & 10 p. 100.
On se plaint de l'impôt d'une piastre par litre d'alcool que l'Etat fédéral a créé. On prétend qa'il a fait émigrer la fabrication du sucre an Brésil et aa Paraguay. Si j'en crois les mécontents, cet impôt, qui rapporte entre 12 et 13 millions à l'Eut, coûte aubit en frais d'administration. Il aurait été créé pour caser « les petits messieurs à cravate ■ qu'on n'a pas pi placer dans la guerre i la sauterelle et i la founni.
Que disent les étrangers de l'administnition de
Misionesï Vais-je répéter leurs griefs? Ils m'assurent, Français et Allemands, Russes et Polonais, Italiens et Autrichiens, que le gouvernement fédéral
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ignore tout de ce qui se passe dans ce terntoira loiotain et que c'est un service à rendre à l'Argenline' que de le dévoiler. Je oe peux pourtantpas entrer dans le détail des reproches que les Européens font & ce qu'on appelle l'administration f correntine i. Bureaucratie préTaricatrice, police et justice aux ordres de la bureaucratie, Toilà, en deux mots, le résumé de, mille histoires, d'abus, de vols surtout, de mauvais juges et de policiers complices, que j'ai recueillies. Cependant, on faisait beaucoup de fond, lors de mon passage, sur l'arrivée prochaine au pouvoir de H. Saenz Peîia.
£n attendant, on gémit :
— Où est le temps du gouvernement de Lanussel Celui-là fut un administrateur de grande envei^re et qui peut être considéré comme le vrai créateur de Misiones. Depuis, nous sommes passés aux gouverneurs correntinos, qui nomment leurs beaut-frèrcs de vingt ans secrétaires de gouvernement et leurs propres frères inspecteurs de police, de sorte que toutes les tyrannies leur sont permises.
Quelqu'un en qui j'ai confiance pour saraison clairvoyante et sa modération d'esprit, m'a écrit de Ht* fiioues :
« Le gouvernement actuel considère les travailleurs étrangers comme des intrus taillables k merci, et ferme les yeux sur tous les abus et les vols dont ces malheureux sont victimes. Témoin le cas des Russes d'Itâcaruaré et de tous les Polonais d'Âpostoles dont les réclamations, même oUGcielles, viennent régulièrement échouer devant l'accord parfait des Guaranis au pouvoir contre le < gringo >. Cet état de choses, particulier aux provinces du Nord de la République,
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est extrêmement pr^udiciable ft leors intérêts. D est inadmissible qn'nn territoire comme celui de Htsiones, dont toute l'acUrité prodactric« est dae u travail d'Européens courageux et méritants qui, tptia des années de luttes inouïes, sont arrivés à se for^ l'aisance et parfois la fortune, devienne la proie d'ooe douzaine d'aOamés sans scrupules, ne reculant devant rien, même te crime, pour satisfaire leurs appétilseï leurs passions... Le remède à cet eut de choses serait une bonne justice et une bonne adnoinistration coah munate; malheureusement, les juges de paix et )m municipalités de campagne sont nommés directemnt par le gouverneur, et la justice fédérale ne p«t opérer sans le concours de la police qui est aox mains dn gouTemement local, i
Noua reprimes notre voyage vers l'tguaxa.
Après Posadaa, les falaises s'élèvent Terticalet et rouges, les riTes ondulent avec un charme souTerain.
A Candelaria, on nous signale une nouvelle exploitation de forêt. En effet, quelques huttes de boii s'élèvent sur le bord du fleuve. Autour d'un four ea terre, une colonne de fumée monte dans l'air bien, et la rive est encombrée par des las d'oranges A de linges qui sèchent. Des chiens aboient. C'est l'eobryon d'une ville future.
Amarrée à la rive, une petite pirogne creusée dans un pah borracho, le fameux bâton ivre, se balance. On voudrait voir sortir des bambous un Indien, ami d'un arc et coiffé de plumes. Au sommet de La ba^ ranca, quelques cabanes s'abritent sous on bouquet
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de palmiers; an coin de terre est défriché et semé, car déj& ua peu de verdure pointe.
Vlbéra !)'arrf te, un canot s'en détache, monté par six inatetota du bord, métia d'Indiens glabres, aux larges pommettes, qui paf^yent debout; au milieu d'eux, assis, deux peones, le poncho sur l'épaule, une femme et une enfant, avec un Ut de camp, leur malle rose et leurs paquete. La femme est habillée d'une robe vert d'eau à queue, la tftte couverte d'un foulard rose et d'un chftie blanc aux Granges de soie ; Tenfont porte une robe bleu de roi, très longue aussi. Nom les voyons tous les quatre grimper la pente raide de la f lurranca > arec leurs bagages, pais entrer dans la forêt. Il pleut. La jupe vert d'eau traîne dans la boue ocreuse de la folaise.
Vers le soir, pendant le dîner, au delà de Saala- Anna, où nous venions d*aborder, un coup de cloche retentit; le bateau s'arrête. Qu'y a-ii?Nousnousinformons. C'est un peon de l'entrepont qui a refu ua coup de pied de mule et qui est tombé dans le fleuve. A notre table, nul ne bouge. Le capitaine, mas sa presser, va voir. Je le suis. Deux canots reviennent déjà, avec des lanternes.
— Eh bien? interroge-t-il.
— Nada! (rien 1), répondent les hommes. Pourtant, on avait encore entendu la voix dn mal
heureux au moment où le bateau s'arrêtait, il n'y a pas cinq minutes.
— Le courant l'aura emporté, dit le capitaine. En route.
J'étais stupéfait de la simplicité de ce qui se passait. Pas un cri n'avait éclaté. Aucune anxiété chex les témoins de ce drame bref. Les camarades du di»-
para, ceux avec qui il parlait eacore il j 8 cinq annales, je les voyais, avec leurs foces cooleur paii d'épices, aux traits forts, aux yeux noirs, assis sur le plancher ou sur leurs malles de fer-blanc mandé, tenant par la taille les c chinas i et rianL C^tai» tournaient même le dos au bordage où nos regards anxieux plongeaienL
Cette indifférence, ce fatalisme me parurent tellement exagérés, que je ne pouvais croire i la réalitj du drame. Aujourd'hui encore...
Nous ne sommes plus qu'à une centaine de Icilomètres de liguazu. Le paysage change tout i Eut Plus de rives monotoues, plus de fleuve d'une Iteoe de large, aux rives alignées comme des boulevards : nous avançons à présent sur une eau de trois ou quatre cents mètres d'une rive i l'autre, devant une snocetsion de criques charmantes et variées, de promontoires de rocs brans et brûlés dont l'imprévu transforme i chaque instant le paysage ; la forêt se foit plus touffue encore. Des ceïbos aux grappes rouges en égayent la verdure. On voit une grande quantité de ce qu'on appelle ici les « arbres à coqueluche >, aux branches très espacées, aux lai^;es feuilles vertamande dont le dessous est blanc et rflpeux conune une étrille. Ou s'en sert en infusion contre la coqueluche et l'asthme, et pour polir le bois, la corne et l'os*. Dans une découpure de la rive, un affluent se déverse en une chute de vingt mètres de haut dont la force est utilisée par une scierie. Les falaises s'élèvent davantage. Des éclaircies se font. Quelques erêlei ont
1. Vêi Apporté nue (BvlUe de eat arbre k U. Tb*ri qal on Fa d«nllfli «T«c I« cambara ou ambal, dont la nom adaoUliqae «■
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été déboisées pour construire des hangars et des rancbos couverts de Teuilles fiècbes. Dans une petite prairie verdoyante poussent des orangers et oes bananiers; de place en place, dans de vieilles bottes à pétrole, fleurissent des arbustes et des (leurs ; un cheval paît, des poules picorent autour de quelques porcs et de quelques moutons; une glissière de bois part du haut de la barranca pour arriver au fleuve et sert à embarquer les troncs d'arbres : nous avons devant nous la sortie d'une exploitation forestière. Des ouvriers, pieds nus, en pantalon de toile bleue, en chemises roses, un foulard rose ou bleu autour du cou, coiffés d'un large chapeau mou, construisent un radeau de cèdre, composé de 150 troncs équarris.
L'Ibéra débarque pour eux quelques sacs de farine, de pommes de terre et d'oignons, des bidons de pétrole et des peaux de vaches séchées.
A la tombée du jour, VIbéra s'arrêta dans une des criques du rivage pour y passer la nuit; on entendait le cri strident des innombrables insectes de la forêt. Les pagayeurs descendirent pour couper de l'herbe destinée aux mules que le bateau transportait; notre cuisinier se mit à pécher et la première étoile apparut dans le ciel.
L'heure des rêveries I La ualure a tout fait grand ici, la pampa interminable, les forêts inflnies, les fleuves démesurés. On traverse des régions aussi grandes que la France sans que le paysage ait changé. Je ne sais rien qui puisse mieux vous donner l'anxiété de l'infiDÎ que ces immensités successives.
Ce soir-U, une luciole tomba sur le bateau. Je n'en avais jamais tenu à la main. Quand sa petite bedaine molle abritée par les ailes se contracte par
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brivea [ntermittcDces, elle s'illumine iftme lamièn verte iuce forte pour éclairer le cadnm d'une mtmtn. n en est, paratt-il, au Brésil, qui rayonnent une eo<lenr ronge rubis, et dont on pent se eenrir coniiiH d'une lanterne ronge, dans les cabinets de photo* paphes. Les dames ornent leurs chevelares, le soir, ; et aussi leur corsage de ces lampyres, en lu empri>. sonnant dans one mousseline légère.
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LES CHUTES DE L'IGCAZn
Paert»-Agnlm, frontUre de fArgenttM, dn Pangas; M it Brésil. — En route poar let ehitee. — Une pload» de 18 Mloniitret. — ïa fortt vierge. — Arrivée devint U« cel*nctee. — SpecUcle eus pireil. — Le mit tombe. — Use manvaiie nait. — Les chutes tn soleil. — i kilomètreR it développement. — Le Niagara et l'iguain. — Comparaisons. — Lldée d'an pare national. — Un propriétaire avisé. — H. Bontinçe Ayarraganty. — 7S,000 hectarea de for4U. — Bicbene inlnie en bois HoUe*. — SB BiUioos d'tirkree abettables. — 1 miUiini de chevanx-tapear. — Coiuwntoa poorrail stiliser les chutes : fabriques de cellulose, de carbure de calcium, de nitrates, «te. — fécondité de It terre.
Nonfl vefli eofin à Paerto-Agairre, prc«]ue an confluent de rignmi et du Haut Parasa, point de débarqoemeat pour la mite des diutet qui sont encore ft quinze kiîomëtrea d'ici. Depuis Gonioitee, l'il^^vi a parcouru 520 milles.
Void les trois frontiérea : «elle d« l'Ai^entme à droite, celle du Paraguay & gascfae, celle du Brésil au milieu. La berne frontière du Brésil, en pierre, s'érige comme une sorte de colonne, A nri-eôte de la colline.
n pleut i torrents, comme le del asit ptenvo4r en ce psys : nr le haut de la bamncn on Taleiw, h