LES CHUTES DE L1GUAZD
les rayons obliques du soleil. Cela effraie et ravit. On ne peut s'emp£cher de penser à ce qu'on deviendrait si l'on était livré i cette eau argentée bondissant d'un tel saat sous ces arcs-en-ciel radieux. Cette brutalité déchaînée dans une solitude inviolée remplie de fraldieur et de parrums, cette grflce réunie à * tant [de forouche beauté font du spectacle qu'on a sous les yeux l'une des plus émouvantes scènes de la terre.
Pendant qn'avee mon appareil photographique je prends des vues de cette splendeur, des papillons bleus, dorés, verts, viennent se poser sur ma manche. Je m'appuie sur le Tût d'un palmier où un gros lézard d'émeraude guette des mouches au passage. L'azur du ciel et la tiédeur de l'air, le bruissement de mille insectes, l'abondance et la richesse de cette nature, sa liberté sauvage nous font aimer cette terre promise, cet IguBzu tant désiré.
On me demandera ce que je préfère du Niafi^ra on de l'Iguazu. Je répondrai sans hésitation que je préfère l'Iguasu qui est un Niagara plus varié, plus compliqué, plus accidenté, avec vingt mè^es de hauteur en plus et un décor de nature inconnu li-bas, car le Niagara n'est encadré d'aucune végétation. D'ensemble, l'effet est bien supérieur par le pittoresque naturel et le charme du paysage qui l'entoure. Et pourtant cette végétation sauvage qui cache une partie des chutes, cette absence de chemins tracés, — qui, d'ailleurs, a son charme — privent le voyageur de l'impression grandiose que lui donnerait la