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LES RUINES DES HISSIONS JÉSUITES

mous&aes m cachent dans les taillis. C'est un encliantemeot. On voudrait Tivre là, au sein de cette nature à demi sauvage, à demi historique, dans le chant des insectes brillants et des oiseaux, sons le ciel si doux et si bleu.

Un historien, on penseur, trouveraient en ces lieux mati&re à bien des réflexions. Ici une demidouzaine de Jésuites vécnrentau milieu de 40,000 In- diens communistes. Par quels prodiges de persuasion arrivèrent-ils i se faire supporter d'abord, puis i donner à ces Indiens passionnés de liberté, indolents et dilettantes, cette apparence dévie sociale organisée et ces habitudes de travail? Quels moteurs mirent-ils en mouvement? Crainte, résigoation, espoir d'une vie future? En tous cas, en ce pays oïl, aujourd'hui, les plus belles maisons sont faites de bois et la plupart de terre crue et de troncs de bambous, une ville de pierre s'était élevée, avec ses églises, ses chapelles, ses magasins, ses jardins et ses vergers.

Les Jésuites apportèrent donc aux Guaranis sauvages, mais intelligents et doux, tout ce qu'ils purent de la civilisation du xvu* siècle, et régnèrent sur eux en bons despotes. Puis ils furent expulsés, remplacés par des Dominicains et des Franciscains qui essayèrent des mêmes proc&dés de persuasion sans obtenir les mêmes résultats. Les guerres et ta dépopulation achevèrent de ruiner l'œuvre des missionnaires de la Compagnie. Phénomène étonnant : aujourd'hui, il ne reste rien de cette œuvre, de cette civilisation artificielle, ni aucun souvenir de ses artisans dans tes traditions des habitants du pays, ni i reconnaissance» ni haine, ni regret. Cest la mort

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tbulue. Sealei, eea quelques pierra scalptjet qi «briteot dans leurs fentes des cactus, des capiUaira et des scolopendres, lémoigDWt du paasuge 4m J^ «lûtes et de leur ectiou.

A peu de distance de cette ville morte, s'éUrat quelques Djaisous éparses, de bois et de chauiDe, sans étage. Deux d'entre elles, plus jolies, peintes i la cbaux et enlacées de rosiers magnifiques, porierf le drapean argentin. Ce sont les écoles de gargcMS al de fîllca.

— L'instruction est trAs poussée dans Miaioui. Peut-itre trop, me dit notre guide. Bientôt, de est Guaranis avertis, tpii consentira à aller pâtir dans ki forëU?

Quelques détours encore et nous aperoevons m une éminence, dominant les vallons d'alentonn, b coquette villa de H. Allain, entourée d'un janlà. H. Allain, ancien élève de l'École d'agriculture de Montpellier, s'occupe depuie six ans de cultiver ici h yerba maté.

Cette yerba, improprement appelée berbe, est n arbuste que l'on trouve & l'état sylvestre dans lei forêts de Hisiones comme dans celles du Paraguay et du sud du Bi'ésil. Parfois il atteint la taille d'un artn asseï semblable d'aspea à l'oranger. Ses feuillet ovales d'un vert très luisant et foncé, renfermaot ainsi que ses rameaux, un principe amer et possédai un arôme agréable. Ce sont ces parties, légèremMl torréCées et réduites en une poudre verte, grossién,

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qai Mnatituent la y«rbft mat^ coQaomm^Q «a Anié? rlque du Sud aoiu forma d'iQrusioii,

L'un du geatea qui surprend l« voyageur enropéen lorsqu'il quitte Buenofr-Aii'fis pour la Pamps, c'ast de Toir les fits du paya, homme», femmes, enfanta, taen m pv 4â leur porte uq cbaluraeati dç mêlai, d'uDe vioglitine de centim&lreii, dopt l'e^^trémité reafléa «t parqéa d« petit? trous plouge ànfm una courge sèelifl de la grosseur d'un^ poire moyeRo^. Ce chalumeau «'appelle : bombilh, la «ourge sèche a'appeUe : maté, du Qom même da la plante, On l'emplit de poudre aux deui tiers environ, la homhilla y itaut p|ac4« d'avance, puis d'eaii très citaude afia d'eitraire la parfum et l'arôme de ta yerba, «t l'en aspira l'iefusioD, qui se pread tout 900 goût, pandt'il, qu'aprèn le troisième arrosage.

Les véritables amateurs la boivent tella quelle, e'etf le mati atMrgo ou amer; la plupart du temps» oa j ajoute ua peu de «uore, qui eu aitéDuç l'amertume : c'ait Le maté dalce. Certains y mettent du lait an lieu d'eau, on l'appelle alors le maté de Uehe. En quelques aspiratioai,J'eau de la courge est vidéq. Si l'on est un vrai créole, il faut la remplir dix oa quisM fois de suite. Aussi, jadis, dans les familles argentines, on chargeait de ce soin une petite servanta. Il était alors d'usage d'offrir le maté aux visitauTB comme od la fait encore dan$ la province. D9 vLeUles dames en voyaga emmènent avec elles uoa «liant toujours occupée A cela. On me cite un colonel argentin doot l'ordonnance ne fait pas autre chose, toute la journée, que de préparer le maté, et qui vide peut-âtra cent couines par jour. Si vous entrez dana une estancia vieux style, on tous présente la bon-

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biUa, et pour honorer votre hôte, vous devei, ^irti bien d'autres, la sucer. Disons tout de saite qae c'est li une coutume qui tend â disparaître. Cepeodant, j'ai failli avoir à m'y conformer.

L'usage de cette tràmbilla collective fut assnrémoit un obstacle i la difiTusion du maté parmi tes classe aisées. Le tbé et le chocolat l'ont remplacé dans les riches familles porteiias, plus soucieuses d'imitw Ici mœurs européennes que de sauvegarder les traditi<HU do pays. Bien n'empêcherait cependant de le préparer comme le ihé, ou d'employer te cbalamesu de paille, facilement renouvelable, ce que l'on commeMC à faire déjà. Les vieux citadins, eux, ne peuvent m passer de ce breuvage réparateur et l'on, consem, dans les anciennes familles créoles, des matés d'a^ gent ciselés et gravés, jolies pièces de coUeclîon, qu parfois servent encore.

Quoi qu'il en soit, l'Argentin est aclaellem^it le plus grand consommateur^ de yerba de toute l'AiDérique du Sud. Les Boliviens et les Péruviens ont, a eJTet, une autre panacée : la coca; et, quant aux Bif siliens, ils boivent de préférence leur café et veadeii leur maté i l'Argentine.

Plus tonique que le thé, cette infusion aurait 1 b fois les vertus reconstituantes de la coca et rafiaichissantes de la rhubarbe. L'Etat donne 50 gramnei de maté par jour aux soldats en garnison dans k Ghaco. C'est la seule boisson autorisée par les estatcieros durant les rudes travaux de la moisson qui exigent une dépense de force considérable. Les on-

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