‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 78 sur 115 · D'après m aoilyMi flUtu, 1m buillw du mUt « pour · texte numérisé non relu

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Plu de U résilie, dn sacre et oim petite quantité d'bnlle TtltOlt.

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el de San Antonio. Les premiers, eiploités dqnis 1860, sont à peu pr&s épuisés par suite de leur imdvaise administration. Dans les autres, cédés par l'Étal i des concessionnaires, la cueillette irratJoaDelle w clandestine se poursuit, en dépit de la surreilUnee officielle. Les mêmes procédés destructeurs sont ift < lement en usage dans les yerbales particuliers. Lmis propriétaires les louent, en effet, & des coacessioinaires avides, dont l'intérêt est de tailler le plus possible. Au lieu d'émonder les branches, de cueillir seulement les pousses de trois ans et de respecter les plus jeunes, les yerbateros montent à l'arbre et it leurs grands coutelas taillent les branches au hasard. Souvent, pour simplifier la besogne, ils coupée l'arbre entier. Un autre concessionnaire Tient aprii, qui opère de la même manière.

Ainsi conçue de cette façon anarchiqae, la réocitt de la yerba sauvage n'en reste pas moins une entreprise coûteuse. Les arbustes se trouvent mèléa an autres essences de la Torfit vierge dans des fouillis de lianes et de parasites. Il faut donc les chercher. Qaiconque a pénétré dans ces forêts, sait.au prix de quelles luttes et de quelles fatiguest Leur macbete i la main, les peones vont à l'aventure, comptant sur le hasard pour leur faire découvrir des bosquets de yerba. Le concessionnaire GOToieuneéquiped'hommcs rompus au travail de la forêt qu'il chaîne de cette reconnaissance. Une fois les bosquets découverts, l'avanl-garde trace les picadas que suivront après eoi les peones exploitants.

A la difficulté de réquisitionner les hommes qui redoutent les mois d'isolement dans la forêt vierge s'ajoutent des frais importants, nourriture des mules

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et des mnleliers, entretieD des routes, obligation d'en

tracer de oouTelles &chaqa6 déplacement des équipes, prix du transport i dos de mule de la yerba coupée et passée au feu, jusqu'au port d'embarquement.

L'exploitation rationnelle de la yerba dans des plantations méthodiques supprimera ce labeur pénible et ces frais.

n se passe actuellement pour la yerba ce qu'il advint jadis du café. Quand la demande dépassa la production, on s'avisa de cultiver l'arbuste sauvage et de l'exploiter rationnellement. Les premiers qui y pensèrent furent déclarés fous.

Cependant, l'idée de cultiver le maté n'est pas non- Telle. Ici même, tes Jésuites posBédaienlauxviii'siècle de magnifiques yerbales artificiels. Les contributions payées par eux an roi d'Espagne provenairat presque entièrement de la vente de la yerba cueillie dans les Hissions et au Paraguay.

En ces dernières années, te gonvemement argentin, intéressé à la rénovation de cette culture, mit au coucours la découverte d'un procédé de germination rapide de la yerba maté. Et notre compatriote, U. Thays, rendit, après tant d'autres, ce nouveau service à l'Argentine. Patiemment, il expérimenta le traitement scientifique des graines de maté, dont je parlerai plus loin, et ses essais de culture au Jardin botanique de Buenos-Âires, puis dans Misiones, donnèrent d'excellents résultats.

U ne restait plus qu'à appliquer cette méthode, entreprise difficile qui exigeait, indépendamment de

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eonnaissuices techniques, beaucoup de patiente éntigie. Hais il se trouva deux capitalistes intelligents ti clairvoyants pour soutenir de leur aident et de leur confiance l'énei^e éclairée de H. AllaJo.

— Toici bientôt six ans que je travaille ici, me dit-il. Nous avons maintenant 600 bectares plantés de 600,000 arbustes gui, dans deux ans, prodoirott autant que les forfits de Hisiones.

On déjeuner exqnis, véritable prodige en ce cihb perdu, nous fat servi dans une salle & manger lambrissée de < lapacho i de Hisiones. Un ouTrier da faubourg Saint-Antoine, venu chercher fortune id, l'avait joliment travaillé, et, dans ce bois précieux, avait taillé également la table et le buffet. Puis, tir la terrasse d'où l'on apercevait, an deli de la prafosion des fleurs du jardin, les douces ondulations de vallonnements lointains, nous primes le maté.

Et H. Allain, me montrant un paquet de petites capsules rondes, pareilles i des graina de poivre, me dit:

— De ceci sortiront dea planta semblables i ceox que vous voyez là-bas. Car la yerba ne se reproduit ai par bouture ni par greffe. On doit la semer. Sa graine, enveloppée dans cette capsule très dure, germe difficilement. Il faut que l'enveloppe, peu sensible i l'humidité, disparaisse ponr que les quatre petits pois qu'elle renferme soient dégagés. Les Jésuites, qui n'ignoraient pas cette difGculté, faisaient absort>eroe$ capsules â des faisans, des canards ou des poules. ^Ues s'imprégnaient dans leur estomac d'acide dilo-

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rhydrique qui détruisait chimiquement l'écorce. La graine demeurait dans la (lente des animaux; celle-ci éuit séchée, puis jetée sur la Lerre, comme une semence. Méthode primitive, mais qui Faisait gagner du temps, la germination n'exigeant ainsi que quatre ou cinq mois an iieu de dix, et la perte de la graine était évitée.

On procède plus scientifiquement maintenant, selon la méthode inaugurée par M. Tbays. Les graines récoltées sur les vieux arbres de la forêt, plongées pendant vingt- quatre heures dans l'eau, macèrent ensuite huit jours dans un bain d'acide chlorhydrîque qui remplace l'estomac des faisans. La pellicule dure disparaît et il reste quatre semences intérieures, de la grosseur d'un grain de millet. On les stratifié, c'està-dire qu'on les parsème sur du sable légèrement humide, en une série de couches superposées, sous un toit de palmes. Cette opération hâte la germination, tout en préservant les semis de leurs ennemis, insectes et parasites.

On les laisse ainsi un ou deux mois, puis on les met dans des couches de terreau spécialement préparé et préservées en haut et sur les côtés par des toiles blanches qui leur dispensent juste ce qu'il Taut de chaleur et d'humidité. Au bout de quatre mois, la germinationétont terminée, on repique lesjeimes plantes, hautes alors de cinq à six centimètres, dans des pépinières, travail exlrêmemenl minutieux et délicat. Elles restent là un an, après quoi la yerba, grandie et assez Torte pour supporter la iranspianiation, celleci se Tait soit en plaine, soit en forêt défrichée, 4 '& demi-ombre.

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Ceti explications théoriques donoSes, H. AlUîn nms

entraîna vers tes plaatatioas proches de la villa.

AbaadoDnant la zone cAtière du Parana, trop sablonneuse, où il se contente de faire qudqo£i essais, il choisit les endroits plus propices où subsistaient des bosquets de yerba sauvage, dans reavabissement des lianes et des grands arbres, parfois ea pleine forêt. Il divisa la zone adoptée en portions de ceut mètres de long sur neuf de large et, sur la loigueur, planta de trois en trois mètres trois rangées de yerba. I) fallut débarrasser la forêt de tout le sonsbois et de ses grands arbres pour n'y laisser que cem nécessaires à la protecUon des jeunes plaates. Ces arbres coupés, rangés le long de chacune des portions de neuf mètres, donnaient en pourrissant ua riche humus. Dans d'autres endroits moins abrités ou dans le campo couvert d'herbes, les arbres manquant, o» planta des ricins dont les larges feuilles servaient de parasol aux jeunes plantes délicates. Au bout de detn ou trois ans, quand celles-ci sont devenues des arbustes feuillus, on détruit le ricin, on achève, dans les plantations en forêt, d'abattre les grands arbres, et la yeita vigoureuse supporte sans danger la lumiire et l'air.

Tout ceci ne se fit pas sans tfltonnemeata ^ sans déceptions.

— Après deux ans d'efforts, me dit H. Allain, m» sécheresse prolongée détruisait une grande partie de mes pépinières. C'étaient 150,000 piastres perdues

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d'on seul coup. Hais nous avions conûanoe; l'œuvre ne fot pas abandonnée.

c II fallut aussi dresser tout un personnel indigène aux travaux si délicats des pépinières. Car si les Guaranis tAveai manier comme personne le c machete *, ils ignorent l'usage de la bécbe et de la bioetle. Mais ils sont intelligents et poseèdenl un don d'assimilation remarquable. Dans une situation critique, abandonné du jour au lendemain par une colonie de quatorze pépiniéristes danois depuis quelque temps k mon service et qni, se croyant indispensables, voulaient laire la loi, je dressai en huit jours une équipe de péones guaranis devenus ai^ourd'hui d'excellents oavriers.

« J'en ai deux cents environ, employés aux travaux des semis, des pépinières et du nettoyage de l'exploitation.

— Quels seroni les avantages de cette culture raisonnée sur l'exploitation actuelle?

— D'abord, elle supprime pour les péones la vie terrible en forât. Ensuite elle diminue considérablemoit le prix de revient de la yerba.

< Actuellement, les mules qui la transportent avec des charges de 80 et 100 kilos doivent faire parfois vingt à trente jours de marche pour lUteindre la rivière; le prix du transport pour 10 kilos revient ainsi à 3 fr. 50. Or le maté, vendu aujourd'hui IS à i3 francs les 10 kilos, pourra être livré par nous au prix de 3 îr. 30 les 10 kilos 1 Vous voyez la révolution que nos yerbalei arliûciels vont produire dans ce commerce. De plus, ils régulariserontia production et permettront de la développer. J'ai ici 600 hectares en culture. Selon mes calculs^ un hectare donnera

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2,000 Trancs de rapport, et, dans dix ans, 4,000frucs.

c D'autre part, les yerbales cultivés avec méUiodt fourniront un produit de meilleure qualité et plus aromatique. On pourra désonnais reprendre le système des Jésuites qui classaient les feuillea en tnw catégories suivant leurdéreloppement et en enlerueoi soigneusement les nervures.

< Surtout, l'espèce sera sauvegardée de la destruction dont la menace la taille brutale et inconsidérée, i

J'ajoute, pour ma part, que notre compatriote Tbsjs et ses disciples de Misiones rendent i l'Argentine un énorme service, puisque la République, qui ne produit elle-même annuellement que pour 500,000 francs de yerba, en importe par an 44 millions de kilos, da Paraguay et du Brésil, pour une valeur de prte de 35 millionsde francs. C'est donc 35 millions de frana que la culture raisonnée de la yerba pourra un jmr, qui n'est pas très éloigné, conserver au pays.

Aussitôt cueillies, les branches de yerba sabisseat une première et légère torréfaction. Lesouvriers, dus la journée où les feuilles sont coupées, les passeni au-dessus de la flamme, deux secondes à peine, afia d'en prévenir la fermentation. Puis, il faut les sécha* sans les griller, travail délicat pour lequel les yerbateros construisent une cage de bambou demî-spbérique ou oblongue, haute de trois à quatre mètres, appelée « barbacua >. Les branches sont éparpillée! au-dessus de cette claie sur une épaisseur d'un mètre. Dessous, on allume un feu léger, et, pour ne pas donner un mauvais goût aux feuilles, on évacue II

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fumée par un tunnel. Seule, la chaleur atteint donc les branches qui restent là six heures, ne subissant qu'une sorte de stérilisation et gardant leur apparence, sinon leur couleur devenue vert pflle. On les coupe alors & coups de sabre pour les mettre en sac el les porter au moulin broyeur. C'était jadis une simple pierre meulière qu'une mule faisait tourner et qui écrasait grossièrement les menues branches et les feuilles. On a depuis perfectionné beaucoup ce procédé primitif.

J'ai visité i Corrientes un des moulins les pins iiD> portants de la région.

Le travail de l'usine consiste à broyer i la machine les feuilles et & les réduire presque en poudre en les mélangeant savamment à des bouts de rameaux concassés qui donnent plus de corps i l'infusion. La poudre ainsi mélangée de ramilles est ensuite tassée , à grands coups d'enfonçoir dans des sacs de peau de vache, préalablement trempée dans l'eau et qui con- 'serve ainsi toute son élasticité. Le sac se distend sous les coups de pilon. Une fois plein, on le coud uvec une lanière de cuir; la peau se resserre en séchant, formant une sorte d'oreiller appelé suron, aussi dur qu'un bloc de pierre, dans lequel la yerba tassée conserve tout son parfum et sa saveur. En se livrant i ce U^vail d'ensuronnage les ouvriers sifflent comme les geindres quand ils pétrissent et aussi comme les mutes quand elles tirent un char trop lourd.

L'usine de Corrientes produit par mois 4,000 sacs de 60 kilos'.

1. On eompU «B Ai^toUiu dm dooialna da BoaUat i» jarba ■4lé, d«at lU 4a l'ImportâiiM d« «lal-cl.

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Je me souviens qu'une scierie est annexée an novlin, avec un matériel français, et qu'elle a pour directeur le rrère du gouverneur de la province. Celui -à nous montra son iastallatLon, tout eo buvant du nali sans s'arrêter. Dès qu'il avait vidé sa courge* un petit gamin, qui le suivait avec une bouillotte d'eau chaude, la lui remplissait aussitôt, et cela quinze fois de suite. Quand nous nous présentâmes k lui, il tira de aa lèvreslabombilla qu'il venait de sucer eo conscience, et nous l'offiit. C'était une marque d'hoqMlaHii créole4

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