LES QUARTIERS POPULAIRES
( El Bajo >. — Conquêtes sorls Rio. — Le Paaao de Jnlio et de Colon. — Le premier refuge de l'imigrant. — Boatiqnes et reatei aux enchères. — OITrei et embauchages. — Le quartier de* Grenouilles. — Le ( Style » boite à pétrole. — Les ( Besuru. > — Les quartiers du Sud. — Aux rives du Kiacbnelo. — Proviioire et inachevé. ~ Comment se formèrent les faubourgs. — Le pavage des mes.
Tout pria de ce quartier â«s affaires et da palais ' du GouTernement qui Tavoisiae, entre ces mes corn-' merçautea et le fleuve» s' étend un quartier populaire, en partie gagné sur les eaux du Rio. On l'appelait jadis f El Bajo >. C'était le dépdt des animaux morts, des ordures et des poissons pourris. Les gens mal famés s'y réunissaient dans des bouges de basse catégorie jusqu'à l'endroit même où se dresse mainte* nant la Banque de la Nation. On assécha tous ces terrains formés de c cangregales ■ mouvants, on y construisît, en bordure du Rio, des quais, des voies
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Csn-éet, des huigan et des bAiiments eommerdauz, puis une promenade joliraeat dessinée avec des aiiires, des corbeilles et des pelouses. Gela s'appelle le Paseo de Julio, ou promenade de Juillet, et le Paseo de Coton. Des arcades soutiennent de hautes maisons construites sur l'ancienne berge ass«a élevée. Quartier tout i fait populaire. Sous c«a arcades sales, encombrées de papiers et d'épluchures, grouille la TÏe de l'immigrant arrivé d'hier. Il y vient dès sa descente du bateau comme k un premier refuge. Dans l'ombre des boutiques arméniennes et espagnoles, des restaurants iuliens, s'étalent les premières tentations de la grande ville, graillonnent les cuisiDes nationales. Des orgues mécaniques, des pianolas trépident sans cesse, accompagnant les boniments gutturaux des < rematadores > vendant aui encb&ivs des objets de première nécessité : montres, eouteauz, revolvers, cùntures ornées, etc. Ces endières sont simulées. Le man^e est tris amusant i observer. Devant un comptoir où s'étalent quelques objets, un bomme aux yeux noirs erie du fond de sa gorge métallique, qui sonne comme on gong, des sommes sans cesse croissantes : « Cuareutal Cincuental Ciacuentaecincol Sois, seis, seist... i Devant lui, de pauvres diables, debout, ne prennent mdme pas l'air de s'intéresser i ses cris ni k son étalage. ï Cependant, ils figurent c le public >. Le nouvel ' arrivant qui passe par là, en IlAnant, attendaut du travail, entre par curiosité. Il voit un revolver, un poignard, des éperons, des épingles de cravate brillantes, proposées à un prix dérisoire de bon marché. 11 croit à la réalité des enchères, il pousse. Et quand le commissaire-priseur le voit arrivé au bout de ses
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possibilités, il lui adjuge, pour une somme généralement élevée, la camelote convoitée.
Les plus pittoresques sont les boutiques des niarchands d'habillements, de bottes, d'espadrilles, de ceintures de cuir ornées de fausses piastres d'argent, de < machetes i, long couteau que le « gaudio i a toujours pendu sur la hanche, de fouets courts, de valises de carton-pâte, de cMles, de ponchos, de bijoux faux, de foulards aux couleurs criardes» rose et bleu vif surtout. Là aussi se trouvent les ageoces de placement pour la ville et l'intérieur. Sur de grands tableaux noirs sont inscrits, & la craie, les offres d'emploi, le genre de travail demandé, le salaire et les autres conditions : nouirîture et logement'.
Les immigrants viennent lire ces tableaux, on plutôt se les faire lire, car la plupart, arrivant d'Espagne ou d'Italie, sont des illettrés. On les voit, chaussés de gros souliers galiciens ou de bottes courtes i la piémontaise ou, «i ce sont des Basques, d'espadrilles blanches, consulter les agents, questionner, réQéchir longuement. Oâ vont'ils aller? An nord, au' sud, dans la pampa? Travailler la terre ou la tranchée du chemin de fer qui les appelle i 1 ,500 kilomètres d'ici?
Souvent c'est le pur hasard qui les déciduv, on le salaire, ou le voisinage d'un compatriote.
Autour d'eux, assis sous les arcades, i même le . sol, adossés aux piliers, les marchands de fruits, de bibelots de ménage, lacets, allumettes, boutons, fil,
I. La moieDM du Mlalras oDbrti ett de iO plutras pu nob, c'est-à-dln 8S tanci, ploi 14 nourritiira «t !• logusent.