‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 9 sur 115 · I .i.,<i ■.■Gooj^lc · texte numérisé non relu

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BUEHOS-AIBES S3

aiguilles, parlent d'une voix rauque, tandis que tes étourdissent les orchestrions des cinémas et les appels trompeurs des commissaires-priseurs : i Gin> cuental cincuental t

Dans cette ville immense, née au progrès il y a trente ans à peine, il reste bien des choses à faire. Le quartier de San Cristobal, qu'on appelle le quartier des Grenoui Iles (Barrio de las Ranas), est un vestige tenace du Buenos-Aires d'antan. C'est là, au milieu d'une triste plaine, que se réfugient les misérem réfraclaires à l'Assistance publique; les libertaires, qui préfèrent la misère et l'indépendance à la sollicitude officielle ou bourgeoise. C'est là aussi que

' l'écame de la basse pègre abrite ses mauvais coups, sous une ircbitecture qui peut se piquer d'originalité : le style boite à pétrole. Vous n'y voyei que des mai-

V sons construites en fer-blanc; murs, toits, portes, colonnes resplendissent de mille feux au soleil. Le trust du Standard Oil, présidé par M. Rockefeller, en a fait presque tous les frais. Certains de ces architectes si personnels sont arrivés k de singuliers chefsd'œuvre. Rien qu'en découpant le fer-blanc, en le clouant d'une certaine façon, ils ont festonné des lambrequins pour les arcs surbaissés d'alhambras maures, tailladé i coups de cisaille des colonnes et des frontons pour des palais gréco-romains, déchiqueté des dentelles et des guipures, prises dans les boites à sucre de Tucuman, pour les rosaces de chapelles gothiques!

Quelques négresses, des métis, des Européens et

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des indigènes habitent ces palaU «t ces masures, (ta les voit, souteneurs et prostitaées, tramps et réfino- (aires, assis sur le pas des portes, prenant leur maté dans la courge séchée où trempe te long tuj>aa de métal par où ils aspirent Tinfusion bienfaisante. Autour d'eux s'élèvent les montagnes d'orâures Diéna->^ gères (ou basuras), que les voitures viennent vider sans cesse. Ces ordures roat brûlées i l'air libre. Dn feu perpétuel couve sous ces détritus et peu A peu les dessèche et les consume. L'incooTénient de ce sjatème primitif, c'est qu'i certains jours le vent apporte sur la ville une affreuse fumée nauséabonde qui pénètre partouL A côté des ordures qui brûlent, il y a les objets qui ne brûlent pas : des collines de txdtes, de ressorts, de cadres de lits de fer, de marmites, de bidons, de couvercles, de C3sser(^es, de pots, etc.

Avant qu'on ait songé à brûler ces choses, c'ëtah ici que les misérables venaient faire leurs provisioas. On y trouvait de tout, du drap, du cuir, des os, de la viande, du pain, des légumes. Des gens engraissaient des cochons avec leur récolle journalière. Quatre mille chiens ^y nourrissaient enx-mftines. Puis une Société s'offrit i brûler gratuitement ces restes. Elle avait calculé que 100 tonnes d'ordnres produisent la force de i5 tonnes de chartxw. Avec les chevaux-vapeur nourris par l'incendie, elle vendrait de la force aux compagnies de traction et d'éclairage. Avec les scories, elle ferait des briques et des pavés. La Tille a fait eonstniire elle-mâme 72 fours puissants, comme ceux que j'ai vus A Hambourg*, et qui peuvent brûler par jour i.OOO Uunei

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