‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 80 sur 115 · SI i«a1at M 76 maltm imUltw pour ifiCO «atanU · texte numérisé non relu

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DANS L'ENTRE-RIOS it3

l'aiment en dépit de l'opinion courante qui les prétend ennemis du (ravail manuel, surtout du travail de ta terre. Cette réputation, qui leur vient sans doute des conditions d'existence qui leur furent faites depuislemoyenâgeen Europe, les poursuit jusqu'ici. >

Je pus me rendre compte moi-ménae combien ces oi^anisations juives étaient en progrès sur certaines colonies constitaées cependant par des paysans de race. Il 7 a non loin d'ici, & Colon, une des plus vieilles colonies européennes de TÂrgenline, composée de Savoyards venus après l'annexion de la Savoie à la France, et qui vécurent li, depuis, sans se développer. Ils mènent une vie médiocre et cbiche, celle des paysans de nos provinces pauvres, et se contentent de leurs 35 hectares de terres, i l'exception de quelques-uns qui en possèdent jusqu'à 300. Au lieu de vendre leur récolte, comme oD fait généralement par esprit de spéculation, ils la conservent pour faire leur farine.' Ils ont un jardin potager, une basse-cour,: dont ils vendent les produits. Mais c'est là tout leur commerce. Rétrogrades anssi dans leurs procédés de culture, ils ne veulent se servir que de la charrue k main. Enfla, ils sont f arrêtés >.

•~ Croyez-vous, demandai-je à M. Cohen, que tous vos colons soient ici sans esprit de retour ?

— Je le crois absolument.

— Ne leur reproche-t-on pas de manquer de patriotisme, de ne pas s'assimiler assez vite, de cultiver le naUonalisme juif et la religion juive ?

— Il est possible que des inspecteurs, un peu trop zélés, s'étonnent que tous nos colons ne parlent pas l'espagnol couramment, et que les élèves ne soient pas assez forts en histoire argentine.

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41i EN ARGENTINE

I Mais qa'exiger de pauvres gens qui arriveot sonveDtici, i quarante, quarante-cinq et cinquante ans, ayant toujours vécu dans le même milieu Unelite, ignorant et pauvre ? Comment adnieiLraient-ils qu'ils n'ont pas le droit de faire enseigner à leun enfants leur religion et la Bible? Ils sont venus id justement pour fuir la persécution de pays intelérants, et parce qu'on leur a dit qu'ils pourraient j vivre libres. Or, interrogez ceux installés depuis quinze ans. Vous les verrez contents de respirer sus contrainte, et reconnaissants à la République de U vie qui leur est faite. Hais enfin, en quinze ans ils ae peuvent pas être devenus des patriotes forcenés si avoir oublié leurs traditions, leur race et leur rdîgion. Leurs fils seront de bons Ai^entios, leoa petits-fils de meilleurs encore, mais qu'on les laisN libres I >

H. Cohen nous fit visiter quelques maisons de colons.

Un grand vieillard» à longue barbe, l'air sérieux et grave que les images prêtent à Jéhoràb, nous reçoit chez lui. Tout est propre et ordonné; les mon blanchis à la chaux, les fenêtres garnies de rideani d'une cretonne à Ûeurs qui recouvre aussi da coffres servant de siège. Il vit li avec sa femme; ses fils, déjà mariés et pères de famille, occupent des lou contigus. Ce sont des Juifs de Bessarabie. Les vieux ne parlent que le russe et l'hébreu. Ils sont trop Agés pour apprendre une autre langue. Mais leurs râfanls savent déjà l'espagnol.

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DAKS L'ENTRE-RIOS ilS

Its venaient de lire les récits des derniers massacres de Kiewet pleuraient quand on leur en parlait. Mais il ne sortait de leur bouche aucune parole mécliante. Les colons se cotisent pour envoyer de l'argent aux persécutés.

Ce sont des gens très paisibles. Deux commissaires de police habitant à cinquante kilomètres l'un de l'autre, avec chacun deux gendarmes, suIBsent à maintenir l'ordre dans toute la colonie.

Le paysan Israélite à tête de Père Éternel nous [ait les honneurs de sa propriété. Derrière sa maison s'étendent 5 hectares de pré pour son usage ordinaire. Il sème sur 45 hectares environ, le reste est en prairie d'élevage pour une centaine d'animaux.

Par l'intermédiaire de M. Gohen, je l'interroge sur l'état de ses affaires, sur la sécheresse, sur les sauterelles.

— Voilà cinq ans que notre malchance dure. Il faut encore patienter un peu, puisqu'on dit que les mauvaises années comme tes bonnes reviennent tous les sept ans.

La Bible l'aide à croire & ce retour, et entretient en lui l'espoir.

Un champ de lin, d'une venue superbe, s'étalait devant nous, comme une immense mare verte. 11 arracha quelques tiges, et me les montrant :

— Voilà, fait-il avec un contentement mêlé de crainte, il va fleurir d'id deux ou trois jours. Si les sauterelles ne reviennent pas, il sera sauvé, car les tiges commencent i durcir et elles ne pourront plus les faucher.

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DANS UENTRE-RIOS

Vialon dedésastro. — Le Iraii ralenti parla préeenu dnsuterelles. — Rien ne leur résiste. — Le paruso. — Répvla* lion atnrpée. — Les saaterellei et U Bearasibénie. — Dn légions de 40 bilomâtres de long nir plusienra kilomètres d« large. — DéYaslation. — La voladora et la taUona, — La poDte. — Hoyeos ds défense. — La tAle. — Lea primes. — Le Comité de Défense agricole. — Marconi et Ëdism. — Qaand le Chaee sera colonisé.

Quand nous visitflmes Clara, la colonie veaaitd'ètre envahie par les sauterelles, dont nous avions croisi les vols tout le long de la route. Au passage du train, la terre des chatnps qui paraissait mordorée, semblait se soulever des deux côtés de la voie comme sous le soufQe d'un formidable ouragan ; les poteaux télégraphiques, les pieux des clôtures, les troncs des arbres, cagneux, bossus, comme d'une mousse fanée et grouillante, reprenaient soudain leur forme : c'étaient des nuées de sauterelles qui digéraieatliles moissons perdues et que le bruit de la locomotive faisait s'envoler dans une stridulation colossale des élytres.

Le train traversait des nuages épais de sauterelles qui venaient se cogneraux vitres du wagon et s'abattre sar les rails. Une alTreuse odeur nous montait aux narines, celle de la bouillie que tes roues du train faisaient de ces b£tes; la vitesse de la locomotive en était ralentie et les roues patinaient sur cette huile nauséabonde*.

Dans un champ, des hommes et des femmes agitaient des drapeaux cloués au bout de longues hampes pour effrayer les légions qui passaient. Ailleurs, an bord d'un Tossé rralcbement creusé, s'alignaient des sacs remplis desauterellesqu'ons'apprètaità yvider. Dans le village de Clara, quelques légions d'arrièregarde restaient installées sur les arbres. On craignait que cfl ne fût pas fini.

Les rues, bordées d'arbres japonais, d'azedaracs qu'on nomme ici paraîsos, en étaient pleines. Ces arbres ont pourtant la réputation de résister seuls aux sauterelles. Réputation usurpée, je l'ai bien vu 11. Couverts parles innombrables insectes, ilsn'avaient plus que leurs branches toutes nues.

— 65 pour 100 de notre récolte sont perdus, me dit U. Cohen, sur les 35,000 hectares cultivés dans la colonie, 22,000 ont été dévorés depuis deux mois.

n était désolé de ces ravages et en parlait avec une mélancolie qui vous gagnait :

— Ces bétes ne se contentent pas de ruiner des milliers de pauvres gens, elles gâtent par leur présence les plus beaux paysages, troublent la joie de la campagne ensoleillée et la douceur reposantes des soirées printanières. Elles nous obsèdent de leurs méiails et

I. SI roa pouTklt arrlttr à supprlmar TodMr 4M 3 tanii des fonuiiM à Ur»r d« riiall» qtt'ellM fonndiMM.

ils EN ARGENTINE

de teurodenr. Non seulement, nous les haïssons, nue elles nous dégoûtent. Par leur menace, par lesf arrivée, par leur présence tenace, elles nous font neurasthéniques. Car l'homme sent, devant ces légions, son impuissance, il s'énerve, et se désespère.

Les c langostas ■ , ou sauterelles volantes, viennent, çroit-on, du Chaco, puisque leur vol apparaît loajours au nord. Elles arrivent par milliards de milliards, iV partir de décembre jusqu'à février. Lean vols sont signalés par les tél^rammes des jonmam qui mettent leurs lecteurs lu courant des moindres mouvements de cette armée redoutable qui se déploie sur une longueur de trente et quarante kilomélret de long et sur un front de plusieurs kilomètres de large, obscurcissant la lumière du jour comme si dci nuages couvraient soudain le soleil. Les colons les voient passer avec terreur pendant une demi-jonmfe sans arrêt. Ils vivent alors des heures d'angoisse. S'abatiront-elles sur leurs terres, ou la fantaisie des acridiens tes poussera-t-elle plus loin? Si, fatiguées, elles se laissent choir dans la région, c'est la roins assurée pour eux.

Ou soir au lendemain, les insectes dévastateurs aaront tondu Jusqu'à la racine la verdure tendre du bté, du maïs ou du lin et les feuilles des arbres. S'il n'j a plus de feuilles ni de jeunes pousses, elles rongent jusqu'aux écorces. La nuit, on entend le bmït des bi-anches qui cassent sous leur poids; au réveil, il ne subsiste rien des espoirs de la terre. Mieux encore! les sauterelles entrent chez le colon, rongent tout ce qu'elles y trouvent d'origine végétale, ri- [leaux, serviettes, nappes, draps de lit, couverturâs, ïbemises, de préférence le linge amidonné, mais mène

la laine. Ud de nos amis, prenant son bain dans une lagune, avait pendu sa chemise à une branche de saule. Quand, le bain pris, il voulut la remettre, il en trouva le col détaché, rongé par les sauterelles afËimées. Si les poules en mangent quelques-unes, leurs œufs en sont empestés.

Affreux Oéau, en Térité, qui donne & rhumanité tra- Tailleuse de ce pays mille soucis et mille désespoirs.

On a bien essayé de lutter contre la langosta. Voici comment :

On sait que la sauterelle t deux formes également malfaisantes. Toute jeune et n'ayant pas encore d'ailes, elle ne peut que sauter, c'est la $albma. Devenne grande, c'est la sauterelle ailée, la voladora. On essaie de combattre sorlout les saltonas, plus saîsissables.

Le Parlemeatacréé un fonds de dépense dejenesals plus combien de millions, et voté des lois de sauvegarde. Chaque propriétaire est tenu, d'après ces lois, de creuser autour des terres où les sauterelles se sont abattues et ont déposé leurs œufs, dans tes sillons, à quelques centimètres sons terre, des fossés clos par des plaques de tôle lisse.

Chaque sauterelle pond quatre-vingt-dix œufs et peut pondre jusqu'à six fois. Le mâle et la femelle unies crensent le trou qui d<Ht les abriter à cinq centimètres sous terre, puis recouvrent les œufs d'un liquide protecteur. Hais un coléoptère appelé champi, qui, par milliers, suit les sautereUes, se montre très friand de ces œufs et de leur enduit, et sait bien les découvrir. Si on pouvait élever et multiplier ce champi, le problème de la sauterelle serait peut-être résolu.

Eo attendant, après quarante jours, ces œD& éclosent; les jeunes sallonas se mettent alors à marcher, ou ptutAl à sauter par longues vagues ccmpactes que rien ne peut arrêter, ni le feu qu'on alhune devant elles, ni les rivières. Celles qui meurent brAlées ou noyées servent de pont à celles qui les suivent Des millions, des centaines de millions meurent ainsi, mais d'autres centaines de millions les suivent. Îa seul moyen qu'on ait trouvé jusqu'ici pour les combattre, c'est donc cette barrière métallique que les jeunes acridiensne peuvent franchir et devant laquelle ils a'srrfiteDt forcément. Alors, dans les fossés préparés, on les fait choir, et on les couvre de terre.

L'État promit aussi de payer une prime de 80 centimes par 40 kilos de sauterelles volantes apportées dans des sacs au chef-lieu du district.

En un seul jour, dans le district de Colon, on oi récolta 36,000 sacs de 60 kilos chacun.

Tout le monde s'y mit. Les garçonnets en emplissaient facilement vingt sacs les jours de pluie, car l'eau les fait se détacher plus facilement des arbres secoués. Une année, tout marcha bien. L'année suivante, l'argent manqua. C'est-à-dire que les sinécaristes nommés pour vérifier l'application de la loi Turent si nombreux, ils surent si bien travailler dans leur propre intérêt, qae le budget fut insuffisant.

— Les vraies sauterelles, c'est eux I prétendent les colons.

Quand je passai dans les provinces éprouvées, j'entendis les gens déclarer que puisqu'on ne payait plos, la chasse aux voladoras était arrêtée.

Des propriétaires et des colons disaient derant moi:

— Que me sert de travailler à détruire la langosli

dans mes champs si mon voisin, qui a trouvé le moyeo de boucher les yeux de l'inspecteur, ne fait rien dans les siens?

Quoi qu'il en soit de ces plaintes, la Défense agricole fait ce qu'elle peut. Elle fournit gratuitement A ceux qui le lui demandent la tôle qui sert à parquer les cohortes de criquets, ainsi que Tessence et la crioline avec laquelle on les brûle.

On a dit aui paysans qu'Edison demandait «iO millions pour aller détruire la langosta au Ghaco. On leur a dit encore que Marconi s'en occupait... Et ils espèrent qu'un jour ou l'autre le gouvernement versera i Edison ses 40 millions, ou que Marconi trouvera les ondes électriques qui foudroieront les sombres légions & leur apparition dans le ciel.

La surface des terres cultivées augmentant chaque année dans des provinces agricoles comme l'Entre- Rios, les désastres causés par les sauterelles comptent, heureusement, de moins en moins, puisqu'ils se répartissent sur une plus grande étendue. De plus, l'expérience aidant, les colons s'arrangent pour semer à des époques plus propices. 11 arrive à présent, en bien des endroits, que lorsque l'oeuf du criquet éclôt, l'insecle trouve les tiges du lin déjà trop dures pour ses mandibules et qu'il les délaisse pour le blé on le maïs.

On a observé, il y a trois ou quatre ans, que les sauterelles s'éloignaient d'instinct des champs de blé trop touffus et trop hauts, parce que, une fois qu'elles s'y sont abattues, elles ne peuvent plus s'en envoler. Il s'agit donc de semer très tôt, en mai par exemple, pour qu'elles trouvent les tiges drues à leur arrivée.

D'autre part, quand le blé n'est pas encore bès

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moDlé, il D*y t pas d'iaconvénient i ce qu'il lob mangé en herbe, car après le départ de la voladon tl repousse de plus belle et la moiason n'en aoofrt paa. ËnfiQ, certains colons ont réussi A remplaen k maïs (Hilinaire par un maïs amer que le» criqvdi n'aiment pas beaucoup, para!t-il'.

Ainsi, peu A peu, s'organise la déTense contra l'ennemi terrible des prorioces du Nord, qui n'empèdit d'aiilenrs pas de progresser diaque année les r^p&i agricoles de Santa-Fè et d'Entre-Rios.

En vérité, il ne sera possible de lutter eflîcaeeiieBi contre celte plaie que lorsque le Ghaco, d'où la osterelte semble Tenir, sera colonisé.

L'aspect de la campagne que je traversai ea qsàttantClara pour rejoindre Buenos'Aires ne varie gu^ La plaine s'étend & l'inÛDi. Les bêles mortes se naltiplient. J'en compte une àprésent tous les cent mëlRS, dans les positions les plus diverses, abandosate. lasses, luttantes, pattes en l'air, le coo tendu.

Sur un pieu, sur une motte de terre, sur m terrier de viscache, c l'oiseau de la pampa > vods ngarde passer sans broncher; c'est une mignooet chouette de la taille d'un gros moineau, immobile, le yeux ronds ûxes, qu'on dirait posée là comm<* m bibelot.

Dans les champs, souvent envahis par les ehardas; aux feuillages encombrants, sont réunis de

1. Quant fc la luzenio elle oe pouiM gADéralemeoi pu l'Eotre-Rlos, doDt la (erre «« trop ugUeoM M oA la eaucbe ost trop profonde.

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LES SiOTBRELLES it3

troupeaux de vaches et de moulons. Vers Tala, Giialarza, les prairies superbes alternent avec les immenses champs de lin el de blé^. Aucune trace de sauterelles. C'est l'avantage d'une contrée si grande, et c'est ce qui doit rassurer l'Ai^entin sur l'avenir de son pays, trop énorme pour souffrir tout entier. Il y a mie heure, des cadavres de vaches s'étalaient tous les cent mètres. Ici des taureaux superbes, des vaches grasses, de magBiâques troupeaux de moutons remplissent les champs épargnés.

Leur laine, avec celle des moutons du sud de la province de Corrienles,est une des plus estimées, par sa finesse et sa pureté. La terre étant argileuse, le veut ne soulève pas de poussière dans le eampo, et les toisons arrivent pures à Bueoos-Aires. Dans le snd de la République, au contraire, la laine se trouve mélangée d'une grande quantité de poussière qui en augmente le poids.

Je m'arrêtai dans quelques villes sans intérêt pour le moment, uniquement pour eu voir l'aspect, Basavilbaso, Gualeguay, Gualeguachu, Concordia. C'est partout la même disposition en damier, les mêmes petites maisons sans étages, les voies sans pavage, ou pavées de cailloux pointus, avec des trottoirs à carreaux rouges, des fenêtres grillées derrière

1. H y a dus la prorince d'Eoln-RIos 185,001) beeurei culttvéi es bld, tX0.QOO ea Ho.

En l9tiT, la prodneUoD da blé tat da SS5,000 Iodom, celle du Un de t1 4,000.

En raison de la sécheresse et de rioTasIon — parllculièremeal nër.isto — de la MOlerelle, il j egt ta 1908 qdb légËre dlmlDuUon. On Dfl rAcolia que 937,000 toanes de blA et 149.000 de Mo. Hais te prix des cArialM étant plus élevé, le proflt bit le mente poar les colons.

4U EN ARGEtfTINB

lesquelles s'aperi^ivent des femmes poadréea» nx cheveux noirs bien peignés.

Pressé de rentrer k Buenos-Aires iprès ce voyage de plusieurs semaines dans les provinces du Nord, M ne voulant pas attendre deux journées entières le départ d'un traiapourla capitale, j'acceptai qu'on joignit notre wagon i un convoi de bestiaux. Horrible voyage. L'odeur infecte des vaches et des moutons eofennéi par troupes de 25 et de 100 dans leurs 34 wagoni nous poursuivit pendant tout le trajet qui ne dnra pas moins de vingt heures. Car, par prudeoce, les IraJDS de celte ligne vont très lentement : la terrt d'Entre-Rios est tellement argileuse qu'on y glisse, quand elle est humide, comme sur du savon. SU pleut, l'eau séjourne sous les traverses de la voie, tes fait glisser. Aussi, la nuit, les trains ne peuvent aller & plus de dix kilomètres à l'heure, ce qui ne les empêche pas de dérailler souvent. Sur le ferry-boat qoi traverse le fleuve Uruguay et jusqu'i Buenos-Aires nous fûmes ainsi escortés. J'étais bien préparé à jooir de la capitale et A en apprécier tout le confort.

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LIEBIS

UèbarqnemeDt tn miliea de la nuit. — L'ndne de Fray-Bentos.

— ùi marche *en la mort. -~ Le desnucadar. — Las écorebearg. — Habileté extraordinaire. — Propreté méticuleuae.

— De l'eau parfont, — La plus grande cuisine du monde. -» Pot-Bu-feu gigantesque. — Le chois dei morceaus. — Di- Tenei sortes de bouillon. — 42 kilos de hoeur pour 1 kilo d'eitraît de viande. — La fabrication des conierret. — Cuisson de la -viande. — Uachinisme ingénieux. — Lea wut-prodnita de l'industrie pastorale. ~ Ce que détiennent les peanz, les eonies, les lahots, tes tripes et les boyaui, les crins et les os. — L'établissement de Colon. — Une journée de navigation vers l'Urugnaj. — Installations modernes.

— Promenade i travers les eslanciat de la Compagnie. — Un mastaere quotidien de 3,000 bceufs. — Classement du bétail. — Le rodeo. — Les employés et les oavriert de U Compagnie. — Traitements et salairei.

-~ La plus grande caïsine da monde I l o& d'immenses troupeaux passent dans t feu gigantesque pour fournir d'esseuce de l'Europe entière : tous ne pouvez maoquei

Je revoyais dans ma mémoire, aussi loin raient remonter mes souvenirs d'enrance, d polychromes qu'offraient lea épiciers aux

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iS6 EN ARGENTINE

de l'Extrait de viande Liebig. Hais je me figurais que le Liebig étail un produit chimique fabriqué de toutes pièces en Allemagae.

Allons voir cela I

Les usines sont doubles. Lft plus ancieBne est située sur la rive gauche de l'Uruguay, i Pray-Bentos. La plus moderne, sur la rive droite, & Colon, dans b province d'Enlre-Rios.

Une nuil de navigation sur le Rio de la Plata et snr l'Uruguay, et on arrive i Fray-Bentos où le fleure Uruguay a 7 kilomètres de large.

Je n'oublierai jamais ce débarquement au milîet de la nuit. A deux bearas du matia, ua grand bateao fluvial Mihanovitch s'était arrêté i ua mille de b c6le de l'Uruguay où un petit vapeur de la Compa^ie Liebig nous attendait. Il nous emmena frissonnanti dans le clapotis des vagues noires. Des odeurs de brûlé vaguaient sur les eaux. De hautes silboaeUes de cheminées apparaissant sous le bleu sombre da ciel, voilà tout ce qu'on distinguait du paysage. Ob débarqua. Une voiture nous conduisit avec nos petits bagages vers la demeure du directeur où des lits noos élaient préparés. Dès huit heures, il fallut commeMer les promenades.

Avant de mettre le pied dans les usines, je deraaodai à voir les bcenfs vivants. Nous en rencontrâmes justement un ironpean de quelques centaines qui arrivaient d'un pâturage voisin pour fttre parquée dans un autre, plus proche de l'alûttoir'.

Parfois, quand le vent souffle de la ville vers ks

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LIEBI6 tn

champs, d'eut-mémee les troupeaux s'arrfttent et ne Tenleot plus avancer. Ils ont senti l'odeur de mort que le veal a prise en passant sur les abattoirs.

Ce jour-là, le vent Boufflait d'un autre cdté, et le troupeau allait son train tranquille vers la tuerie. Des gauchos à cheval conduisaient les animaux vers le corral d'eiiécution, oit ils entrèrent vingt par vingt.

Dès qu'ils sont enfermés dans cet étroit espace, un homme jette le lasso sur une paire de cornes; l'animal pris, l'homme passe l'extrémité de la corde de cuir sur an cric qni l'amène vers le tuear. La bête essaye de résister, mais le cric, actionné mécaniquement, l'attire, glissant sur ses quatre pattes aro-boutées dans un dernier effort. Une haute planche se lève pour livrer passage au condamné, puis s'abaisse de façon A cacher aux autres ce qui va se passer. Un éclair. C'est le long couteau du desnucador (celui 'qui rompt la nuque)' qui s'abat sur le cou, entre ta deuxième et la troisième vertèbre. Le bœuf tombe aux pieds du tueur. Aussitôt des gaillards emportent an galop l'animal sur des chariots bas qui roulent sur des rails jusque dans la salle voisine, oâ une rangée d'écorcbeurs sont déj& k l'ouvrage, penchés vers le sol, au milieu des chairs sanglantes et des flots de sang. Ce sang est aussitôt recueilli dans des récipients ad hoc pour être ensuite desséché. Les ouvriers sbnt des Basques d'une habileté extraordinaire. Aucun de leurs gestes n'est inutile ni hésitant. Leur couperet se promène dans les chairs, autour des os et des articulations, avec une dextérité

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