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L'an d'eux, caracolant sur sa béte docile, esi m nègre à barbe grise, au large chapeau de fenm mou, velu d'un paoùlon fait de mÛle piAcea et de trous, le poncho rouge Oottant au vent.
Sur un geste du majordome, les peones mettait la bJles en débandade, et elles partent au petit irot, n milieu des cris et des mugissements, vers les potrens voisins de l'usine. Demain, elles n'auront pins que quelques centaines de mètresâ faire pourenlrer diu ( l'Allée de la Mort » et livrer leur chair reposée ta dépeceur.
Le soir tombait. A travers les sentiers bordéi d'espinitlos nous revenions vers l'usine. Des nuages de ouate rose flottaient dans le ciel clair où quelqaes étoiles apparaissaient. Au loin, soulignant Toudulaliot des prairies, une large frange de pourpre créndait l'horizon ; quelques silhouettes de bcêufs se détachaiot en ombres chinoises, d'une admirable netteté de coatours. Quand le soleil eut disparu, tout s'endonait dans une teinte pâle d'or et l'on n'entendit plus, noDS précédant, que les tintements des dochettes du sefiuelo conduisant ses frères à la mort.
Si l'on additionne les bêtes tuées depuis la fondaiiwi de rétablissement de Fray-Bentos, qui date de 1865, on arrive au total de 6 millions de bœufs et de vacbcj. Les 350,000 bœufs tués dans les deux établissements, pendant les six mois que dure l'acUvité et l'usine, évalués à 110 francs l'un, représentent on capital de 3S millions de francs. Le capital de la Compagnie s'élève à 37 millions et demi, et elle donne
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diaqae aonâe de jolis dÎTideodes i sea actionnairea. Elle a créé le port de Fray-Bentos et celui de Colon oit des navires d'Europe arriveot chargés de machiaes, de matériel de construction, de charbon, de sel, et qui s'en retournent pleins des produits et sous-produits de Liebig.
Mais elle ne songe pas uniquement à £ùre de gros bénéSces.
Les employés sont logés dans un immeuble confortable, bâti en face le Oeuve, large ici de sept kilomètres, entouré d'un grand jardin de palmiers, d'orangers, de roses, d'orchidées, de jasmins. Ils ont aussi un mess commun, avec bibliothèque, billard, piano, phonographe, jeux de toutes sortes, crocket, hockey, football, tennis, jeu de quilles, etc. On donne à chacun un cheval, et un bateau est & leur disposition commune pour les promenades sur le fleuve. La viande leur est fournie gratuitement.
Les 1,500 ouvriers de Fray-Bentos ne sont pas moins bien traités ; ils ont un hôpital gratuit et deux médecins; des écoles primaires, une école de musique.
Ils peuvent mettre leur aident à la Caisse d'épargne administrée par la Compagnie qui sert un intérêt de 5 0/0 aux 2 millions de dépôt qui s'y trouvent. Je cause avec un ouvrier des ateliers de serrurerie. C'est un foi^eron napolitain arrivé il y a douze ans. Il a trente-sept ans.
— Combien gagnez-Tous?
— Onze francs cinquante par jour.
— Combien avez-vous mis de côté depuis douze ans?
— 18,000 francs, me répond-il.