CONDITIONS DE LA CULTURE M
Des bateaux d'émigrants les débarquent par milliers en novembre et eo âécembre. La moisson iinie, «n février ou mars, ils retouraent dans leur pajs pour préparer la moisson natioDale. Quant au personnel : fixe, on l'embauclie, na peu au hasard, parmi les' immigrants prâti i tonte besogne, agriculteurs , aojourd'bui, charretiers hier, peut-être porleraix demain. Aussi manqae-t-il souvent d'expérience et de savoir-faire '.
Quelle surprise, et je dirai quel scandale, pour nos paysans durs au travail et âpres au grain, s'ils voyaient cette terre si mal cultivée, si mal moissonnée, et qui cependant enrichît celui qui la traite d'une si cavalière façon. La terre & blé n'est préparée qu'une fois par an, en mai, juin ou juillet. En Europe, on préconise généralement les labours profonds. Ici un labour trop profond tuerait la plante par excès de nourriture. On sème aussitôt, par 60 ou 70 kilogrammes de semences i l'hectare. Après quoi, on laisse les champs tranquilles jusqu'à la récolte de décembre et de janvier. Les terres vierges seules sont labourées deux fois. Tout le minutieux travail de binage et de sarclage qui, chez nous, entretient les champs de mats ou de lin, est inconnu ici.
Pour moissonner, on écime les champs comme je l'ai dit, coupant les épis sans la paille. Celle du blé si précieuse au bétail, celle du lin dont les applications industrielles s'étendent chaque jour, se perdent ainsi. On brûle tout sur place, fibre de lin, spathes des maïs, paille du blé. On brûle aussi la balle du
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grain baitu, car, sous l'influenco de la chaleur, ék fermente, faTorisant le développement par miDioBS de la motea brava, mouche terrible aux aaimKX qu'elle pique et affole jusqu'à U morU
La moisson terminée, une partie des épis et det grains tombés du ruban de la balteose reste rar terre. Les colons prétendent que le salaire des gla- 'neuses serait supérieur au produit de leur tranB. Uais surtout U faut aller vite. 10 p. 100 des blés el des lins sont aio» sacrifiés. N^ligence funeste, d'ailleurs, car les grains abandonnés germent, et ki herbes nouvelles salissent la terre après le labourage. La récolte du blé & peiee terminée, les champs sotf converts de graminées. On y pourrait cependant assoler, cultiver en quantité limitée, du mais, des pommes de terre, des arachides, ce que commeoceot i faire les propriétaires éclaira. Hais la plupart w s'en soucient pas et sèment quelquefois du blé pendant dix et quinze ans de suile. Après quoi, ils laissent reposer la terre.
Quel contrat lie l'estanciero et le coIonY La plupart du temps, te colon qui arrire va Argentine ne dispose pas du capital nécessaire povr acheter les instruments et le bétail indiqtensables 1 Sun travail.' Il va alors trouver un propriétaire, et loi propose une association. L'estanciero lui donnera la ïerre, les semences, les machines et le bétail, assurai a nourriture pendant un an pour lui et sa Ikmille. A moisson Qnie et le grain nécessaire aux futon nsemencements mis de côté, les frais de récolte éta*