‹ En BirmanieChapitre 2 sur 14 · A TRAVEHS LES SIECLES PASSES · texte numérisé non relu

A TRAVEHS LES SIECLES PASSES

A (MUSC do son voisinagf' avec la Chine cl les Indes, dont l'iiisloire se perd «laiis la nuit des temps, on poiiirail dire de la Birmanie qu'cdle a une origine fort ancienne, et que ses habitants ont une grande affinité de race et de religion avec les peuples de ces pays les plus vieux du monde. Mais sans l'cmonter aux âges [tichisloriques, ni même seulement au début de l'ère chrétienne, époques aux([U(dles le pays était peul-èlre à p(Mue habité, reportons-nous seulement à quelques siècles en arrière, de façon à nous éclairer suffisamment sur l'histoire de la contrée qui nous intéresse, en ne nous perdant pas dans des considérations d'un ordre supérieur et en laissant à d'autres, plus autorisés, le soin de déchirer les voiles qui luiivcnl envelopper Ihistoire de ce peuple et caclicr le mystère de ses origines.

Les plus anciennes relations que l'on connaisse de l'Europe avec la Birmanie datent de l'année 1519, en laquelle les Portugais conclurent un traité avec le roi de Pégoii cl l'iablirenl des factoreries à Martaban et à Siriam. Vers le milieu du xvi' siècle la Hollande obtint la possession de l'ile de Negrais et vers Tannée 1612 la Compagnie anglaise des Indes eut des agents et des factoreries à Siriam, Prùme, Ava et peut-être Bhamo. Par un brusque revirement dans le courant du même siècle tous les marchands européens furent expulsés de la contrée. Cette mesure radicale fut due à un désaccord survenu entre le gouvernement local cl la Hollande, dont aucun sujet ne remit jamais plus les pieds dans le pays. En 1088 le gouverneur birman de Siriam écrivit à Madras, invitant les marchands anglais à venir s'installer ù Pégou, et en 1G98 un résident commercial fut même envoyé à Siriam, une factorerie y fut installée ainsi que d'autres à. Negrais et Bassein. Les Français avaient aussi fait une apparition dans la contrée cl avaient créé un établissement à Siriam.

iN'iidant ce temps la dynastie birmane d'Ava fut délriiile par la rébellion du royaume Tailing de Pégou (jiii tint la Birmanie sous son pouvoir jusqu'au milieu du xvm' siècle, époque à laquelle apparaît le conquérant Alompra, fondateur de la dynastie qui régna de longues années sur la haute Birmanie,

EN BIRMANIE li

jusqu'au jour où des conquérants venus de l'Occident devaient soumettre définitivement le pays. Alompra écrasa les Tailings et détruisit Siriam.

Là encore se place un épisode sanglant. Le monarque vainqueur apprit que les marchands français avaient fourni des marchandises de guerre aux Tailings et les fit tous mettre à mort. Les Anglais, au contraire, qui l'avaient soutenu, furent gratifiés de Jîlc de Negrais et d'une factorerie à Bassein. En 1759 cependant, ils furent suspectés d'assister les rebelles; leurs factoreries furent détruites, et dix-sept sujets anglais avec une centaine de naturels indiens périrent assassines. L'année suivante, Alompra mourut en niellant le siège devant Ayuthia, la capitale du Siam. Les Anglais obtinrent de son successeur Nangawgyi la permission de rétablir la factorerie de Bassein. Le successeur de Nangawgyi : Sinbyushin, prit Manipoure, conquit une partie du Siam et repoussa deux invasions de la Chine, que la possession de Tlrraouaddy tentait. Il mourut en 1776. Bodawpaya, qui lui succéda, conquit Arakan en 1784, ce qui amena une collision avec les Anglais établis à Chiltagong. Les réfugiés de la ville prise suscitèrent bientôt des ennuis par leurs incursions et leurs brigandages; aussi après tergiversations et pour lout arranger, un représentant d'une mission spéciale fut-il envoyé, en 1795, en Birmanie, par le gouverneur général des Indes. En 1819, Bodawpaya mourut, laissant le gouvernement à Bagydaw. Les relations extérieures ne s'améliorèrent pas et, en 1824, un souffle de conquête poussa le peuple birman à envahir Manipoure, l'Assam et môme le Bengale. Cette ardeur belliqueuse obligea le gouvernement anglais, qui se crut menacé dans ses vastes territoires indiens, à déclarer la guerre officiellement à la Birmanie en 1824.

Mais avant de poursuivre, revenons quelque peu eu arrière et évoquons un souvenir qui nous touche, nous autres Français, qui aurions pu, à un moment, èlr(> appelé à jouer, dans celle lointaine contrée, un rôle imporlaul cl à occuper une situation que nous avons en quelque sorte abandonnée à l'Augleterre. Nous reparlerons plus loin d'une mission française qui a pileusement échouée par suite de la légèreté et de l'inconséquence par trop juvénile des Français manquant de dignité, et paraissant avoir oublié le caractère dont ils étaient revêtus. Pareil fait n'est malheureusement pas unique dans les anuales de nos missions envoyées à l'étranger, parce que trop souvent, ceux (jui élaieut chargés de représenter le pays, n'avaieul pas élé choisis avec soin. Noire esi)rit de légèreté est malheureusemenl devenu légendaire chez les aulres peuples et trop souvent on nous a traités, à tort ou à raison, de coilVeurs et de cuisiniers, métiers dans lesquels nous excellons, il est vrai, ce qui peruiel à certains de nos naliouaux de S(> créi'r de lu(r;ili\e-- >ilu;iliou> eu pays exoli(|ues. Nous sommes aussi de bons maîh'es île danse. Mais heureuseuieuL jus(|u'à ce jour, nous semblons u tenir le reciu'd » des arts. Cela, aucun i>euple ne paraît vouloir nous le contester. Cependant, ([ue le l'rauçais soit jovial et

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primcs.niliiM". sa it''|mlalii>ii de hoii ciiraiil le l'ail chérir dans toiil le nioiidc. Il est --l'iilciMciil rt'urcllalilc (|u il iir sache |tas lircr à son prolil un incillciir parti tic la ^ynipalhi»' incoiilcslahlc (jii il inspire un pou parlonl. An |»()inl de \ ne coltuiial. il snl'lil {\o rapp*der la helle épopée de l'aulre siècle, on le ^ranil cl rciirclh' Dnpieix, secondé- i>ar des cœurs valeureux connue le nuircjuis de l!u>><y cl ses conipaj;iions, Iumms d"uu auli'e âge, surent gaonei- à leur pays le pln> va-le empire colonial ((ne la l'i'ance ail jamais eu. Grand j)ar h'S armes cl par le cieui'. Diipleix avail su allirer à lui les amitiés el l'eslime des indii:ènes et de leurs chels, prèls à adminislr(>r sagement un colossal territoire (jue r.Vn^lolerre parvint hahilemenl à nous ra\ ir et (luClle ne maintient en son pou\(>ir(jue parle réi;imo de la terreur.

liC nom de Dupleix se rattache à l'Iiistoire de la Birmauie. A la (in du xvm" siècle, on aurait jtu croii-e (jUc les Fran(:ais cherchaient en Birmanie la revanche de l'Inde. Dès 1751. le célèhre général avait eu l'idée d'envoyer un ambassaileur au roi de Péjiou el en avait obtenu une concession à Siriam. Elle lut malheureusement ahandoiHK'c peu après. (Ju(d(jues années s'écoulèrent. Vlu 17()0. notre (lompaj^nie des Indes chei'cha à renouer des rcdalions commerciales. \']]\ ranui'e I7'.)4, on prétendit que nous voulions nous établir dans le pays, et le gouvernemenl birman, menacé par les Anglais, chercha à s'appuyer sur nous. C'est peu après, alors que tous les regards étaient tournés vers l'Europe où se dc'roulaient de grav(>s événements, que des avenlurieis français, ou se taisant passer pour tels, débarquèrent, en 1802, à Rangoun. Ils payaient d'audace, mettant à profit l'éclat qui rejaillissait sur la qualité de Français. Ils se disaient ambassadeurs et ils étaient traités comme tels. Le Gouvernement birman les appela à .Mingoun et les reçut pompeusement, oubliant le délégué officiel anglais. Le procédé froissa l'Angleterre qui prit les armes, mais la partie n'était pas égale, et bientôt les Birmans furent rejetés en arrière. Successivement, les Anglais occupèrent Arakan, Manipoure, Yeh, Tavoy, Merguy el Ténasserim. Cette campagne fut. paraît-il. fort pénil)le et les troupes souiïrirent beaucoup de la maladie dès l'apparition des pluies qui rendirent les communications fort difficiles. Les Birmans tentèrent, sous Maha-Bandula, un effort sérieux pour repousser les envahisseurs; mais ils succombèrcnl, malgré leur nombre, ijuir chef essaya de reconstituer ses forces disséminées, mais ne l>ut arrêter la marche en avant de la colonne anglaise. Il j)érit. les armes à la main, en défendant Donabyn où il s'était fortifié. Avec lui, disparut toute sérieuse résistance. La basse vallée de l'ii'raouaddy était remontée jusqu'à l'rônu'. En seplcmbre de l'année 182"). les Birmans demandèi-enl à traiter. Mais, en i)résence des dures conditions que leur faisaient les Anglais, ils voulurent tenter un suprême effort. Les troupes anglaises les refoulèrent jusqu'à Yandabou. ([u'(dles atl<'ignirent le IG février de l'année suivante. C'est alors que fut signé le traité (|ui concédait à l'Angleterre les pays dénommés plus

haut, avec l'obligation do payer un million de livres sterling pour les frais de l'expédition.

Le premier résident anglais, reconnu par traité, fut installé, en 1830, dans la capitale birmane. En 1837, Bagydaw, le monarque régnant, fut dépossédé et déposé par son frère Tarrawady qui, en 18i6, eut pour successeur son autre frère Pagan-Mein, C'est sur ces entrefaites que lord Dalhousie, le gouverneur anglais, annonça officiellement l'annexion, à l'empire britannique, de toute la province de Pégou, La pacification de ce territoire dura, quand même, une dizaine d'années.

En 1802, les possessions anglaises, Arakan, Martaban, Ténassérim et autres, réunies avec la province de Pégou, constituèrent la Birmanie anglaise, sous l'administration du chef-commissaire lieutenant-colonel Pliayre, désigné pour cet office. Enfin, en octobre 1878, le roi Mindouin, qui avait sagement régné dans la situation difficile qui lui était faite par le voisinage des possessions anglaises, mourut, laissant pour successeur son fils Thibaw.

Les frontières étant fort mal délimitées, des tracasseries multiples se produisirent, (jui lot ou lard devaient amener des récriminations dont l'Angleterre chercherait à tirer parti, à son profit, cela va sans dire. Le roi, dans son désarroi et ses craintes justifiées, cherchait vainement des appuis extérieurs. Il euvoya des ambassades en Italie et en France, pour lâcher d'intéresser un grand b^lat européen à son malheureux sort. Il s'était ouvert surtout à noire j)ays qui avait, en ellet, réservé un accueil favorable à ses délégués. (El il nous l'evieut en méuioire d'avoir fait la rencontre de l'un d'eux sur les rives de rirraouaddy. Dans notre conversation, il se rappelait avec plaisir son séjour à Paris, cette cité du plaisir, attraction des étrangers, dont les exotiques parlent toujours avec admiration. Mais il semble inutile, et ce n'est pas ici le uiomeut de vanler notre grande et belle capitale, ([ue des mains sacrilèges malheureusement essaient de profaner.)

La Birmanie obtint la signature d'un traité de commerce avec la l'rauce et renvoi duM agent français. II n'en l'allait pas tant [)our |)orter ombrage à l'Angleterre et la faire agir. Le prétexte lui fût bienlùt fourni par le massacre en 1879 d'une partie de la famille royale. Il se passait alors des scènes tragiques dans l'enceinte du palais. Les murs en ont gardé le secret, ainsi ((ue celui des chicanes faites, à divei'ses reprises, à la (lompaguie an,ulai>e (|ui e\|)l()itait les forêts recouvrant la majeure i)arlie de la contrée. On prétexta .uissi le relâchement dans sa conduite du giuivernenuMit biiinan. (|ui sem- Ithiit nuire à l'harmonie générale et à la lran(|uillit('' de la colonie anglaise, poui' |ir(''(ipiler les éviMieuienls.

i/Angleteri'e n'avait pas non plus de repiésenlaiit à Mandalay. (.Vliiit un antre Mijet de froissement ponr l'orgueil britanni(|ue. Ans>i. |>oiir relier les jclalions entre les deux |>ays et t'-N ilei' les susce|itiliilités ; en linir. eniin, un

ullimalum lui oxpétlit^ lo 22 oolobiv 188i) au roi Thi!)a\v. Lo 9 novembre, la réjxuist' aiii\;ul à llangoun, donnanl un refus, sans eondilion. Il n'en fallait pas (iavaulai^c pour suscilcr la coièi'c de la iièi'c Albion. Au uiois de novcuibre, prt'ssculaul les ('Vi'iieui(Mil> ([iii allaicnl se dérnulci-, le l'oi (il une proclamation i'nerjii([ue, aj)pelanl ses sujets à la défense dn territoire cl à la chasse de l'cnvahissenr. Ce que l'Angleterre appelait des cris de sédition, n'étaient qnc des ci'is d'alarme poussés par le palriolisuic. Est-ce ([ue les nations (|ui se tarj^ucnl de progrès el dv civilisation n'imitent i)as les conquérants de jadis (jue l'on traitait de barbares?... Tous les petits Etals exotiques doivent-ils perdre leur antonomie cl leur nationalité? Les grandes puissances se partageront-elles le moud(\ comme à llieure actuelle elles se divisent le continent noii?

Le paiii du gouNerueuienl l)rilaiiiii(|ue était irrévocableuieut pris et le 14 novembre, c'esl-ù-dire quelques jours à peine après la réponse de la cour de ^landalav, la colonne expéditionnaire traversait la frontière et marchait sur la cai>itale du royaume pour lequel la dernière heure allait sonner. Jamais campagne ne fut plus \ile menée. Il est vrai (|ue les troupes ne rcncontrèicnt pas de résistances sérieuses. Et le 28 du même mois Mandalay était occupée. Le 1"^ décembre le pauvre roi signait sa reddition dans un kiosque du parc qui entoure le palais royal (nous avons pu lire sur une plaque de cuivre une inscription conservant ce souvenir). Le général Prendergast l'envoyait le lendemain à Rangoun, d'où on prenait soin de l'exiler aux Indes.

L(» fait était accompli. Le royaume birman avait cessé d'exister et l'Angleterre annexait une province de plus à son vaste empire des Indes, à partir du 1"^^ janvier 1886.

La conquête n'était pas finie ; la prise de possession réelle ne l'était pas non plus. Il fallait encore un certain nombre d'années avant le rétablissement complet de l'oi'dre et l'installation administrative. Pendant quelque temps d'abord le pays fut agité' par des individus, véritables bandits, qui avaient levé la tète déjà sous le gouvernement birman. Aussi, en 1887, des troubles dans la région environnant Prùmc amenèrent-ils de sévères répressions. Les travaux du chemin de fer que l'on poussait activement furent menacés et l'année suivante ce fut dans le di-lrict de Mandalay (ju'il fallut s('\ir avec rigueur. La police était difficile à faire dans un pays que l'on connaissait imparfaitement et où les bandits « dacoits » en imposaient aux paysans qui les cachaient et parfois se joignaient à eux. Des villages vivaient ainsi de rapines et l'on voyait des gens, incorporés pour les réduire, faire chorus avec eux. Cette piraterie ayant revêtu le caractère d'une œuvre pofHique et patriotique, elle rendit la tâche plus dure aux nouveaux maîtres. C'est ainsi que des princes eux-mêmes ne craignirent pas de se mettre à la tête du mouvement. Il est vrai que plusieurs chefs payèrent de leur vie ce zèle tardif et ([u'à l'iieui'e ])résentc encore des prisonniers politiques sont détenus, dans les prisons de Rangoun entre autres, où ils peuvent, les nuilheu-

rcux, rélléchir à leur aise et pleurer la perle de leur noble cause. Nous avons eu Toccasion de voir ces soi-disant coupables, qui n'ont à l'exlrricur rien de bien terrible et paraissent résignés à leur sort. L'année 188D et les deux suivantes s'écoulèrent encore passablement agitées jusqu'au jour où le combat cessa, c'est le cas de le dire, faute de combattants.

La Birmanie était enfin pacifiée et plusieurs généraux s'étaient succédé dans celte délicate mission. Le plus célèbre, le général lloberts, compléta l'œuvre de ses devanciers en procédant à l'administration militaire du pays. Une police choisie et bien disciplinée fut recrutée aux Indes, surtout ])armi les Sicks, cette belle race guerrière, sur la fidélité de laquelle l'Angleterre peut compter. Ce corps d'élite, après être passé de dix mille en 1889 à quinze et vingt mille hommes, fut un instant porté à trente-cinq mille, puis réduit successivement à une di/aine de milliers d'agents, répartis dans six cents postes.

Avant la conquête définitive, il y avait eu déjà quehiucs revendications analogues à celle de la Chine qui, en 1887, réclamait la proi)riété de la province de Bhauio, fort proche en effet de ses i)rovinces sud et où ses nationaux s'étaient établis en grand nombre. Bhamo, comme on le verra plus loin. e>t un des débouchés du Céleste-Empire du coté du golfe du Bengale par la vallée de flrraouaddy. F\'ndant les dernières années de la survivance du royauuu' de Birmanie, on proposa aussi dilférents régimes, pour le mettre à l'abri de la main de l'Angleterre : on parla de protectorat, d'indépendance reconnue officiellement. Certains songèrent même à la création d'une sorte d'état tampon, comme on veut le faire de l'xVfghanistan. Mais l'Angleterre devait trouver une solution plus simple : l'annexion pure et simple à son profil, avec l'administration des provinces par des fouctiouuaires anglais. Il (•>>l vrai ([ue depuis lors tout semble marchera souhait et qu'uji évèquc catliolii|ue fi-anc'ais a même dû reconnaître l'eflicacilé du nouveau mode gouv(>rut'uu'ntal et administratif. La frontière de la Chine a été depuis délimitée et des arrangements sont survenus })Our l'encouragement des échanges et du counnen-e interiuitional d'après les conventions |)assées en 18'.)4. l'jilin un lil li'dc-i aplii(|iie a été posé entre la Chine et la Birmanie.

Au résunu', il faut le reconnaître, h>s |)rogrès iudisculalilcs soul allcsli'-s |)ar l'accroisscmeut des popuhilious, surloul (la^^ !('> dci'uièi'cs aiiut'cs. et la jdii-'value commerciale : c'est ainsi que le cliitlVe <li'> transactions a augmriilc de plus d'un tiers dans la période des di\ (l('riiirr> cMMcices. La st'-cuiilc si-mldc absolut' siii' la presque totalité du lerriloirc, ainsi (juc nous avon- |mi niMi-> eu assurei' par nous-uirnir, sauf dans les i(''gion> nionl.iL; lu-U'-o ihi nord où il n c-l ])as piudcnl de se iis(|U(M' an milieu de populations cncoi'e sauvages et sanguinaires. La civilisation a\('f ses progrès cl >c> iariincnn'ut< a ualurcdlcnuMil <ni\ i la con<|nclc ; clic a apporli' un certain bien-circ. tian- la cla^>-c ai-i-i' --nrl'inl, mais elle a amcni' à sa -nilc lc> \ iccs |errililc-> cl lnni'-lc->. i|ui -«oiil | excès du

Wwn. La rullmv s'est rôpaiulur dans rinlériciir, amenant les défrichomonls do ces vastes fonMs oh la nature a aceunuilé (lu bois pour plusi(>urs siècles d'oxploilalitui.

Enliii rAni;leterre a clierelié à s'attirer la sympathie ou tout au moins la docilité de la classe intluciilo. eu la ménageant et en comblant d'honneurs certains pcM'sonnajies marquants. Elle a su aussi ne pas froisser les opinions religieuses de la nation (ce qui est de bonne politique) en respectant les religieux et moines, les « poungi' », et en instituant un gouvernement sacerdotal sous I autorité dun gi'aud pnMr(> ou lama.

nri:i.ori:s notkins (ii'; m- ha le s slh le i'AY.s et .ses iiaiuta.nts

Comme nous en avons parlé, qu'il nous soit permis de rappeler, en deux mots, la position géographique de la Birmanie. On verra sur les cartes qu'elle est située au nord de la j)resqu'îlc indo-chinoise, entre les iG" et 27° de latitude N. et les 92" et îiS" de longitude E., si bien que le temps y est en avance de six heures sur Paris. Elle conline à l'E. au Siam, au N. à la province chinoise du Yunnan, et au nord-ouest à l'empire des Indes. Sur les autres faces, elle est baignée par le golfe du Dengale. C'est un vaste territoire plus étendu que la France, mais cinq fois moins peuplé, car il comporte à peine huit millions d'habitants, répartis à peu près par parties égales entre la basse et la haute Birmanie.

Comme climat, cette contrée rappelle la partie des Indes située sous la même latitude. La saison sèche, la plus agréable et la moins chaude, est de novembre à février. Pendant la saison des pluies où la lièvre règne dans les plaines et le delta de l'Irraouaddy, il tombe plusieurs mètres d'eau.

Au point de vue lopographique. il n'y a pas à proprement parler de grandes chaînes de montagnes ; ce sont plutôt des plateaux, comme dans la partie nord, qui séparent la vallée du haut Irraouaddy de celle du Brahmapoutre, et une suite de chaînons plus ou moins élevés qui courent parallèlement à la mer, en formant les lignes de partage des eaux des fleuves et des rivières. C'est vers la partie centrale de la grande chaîne des monts dits a Arakan Yoma », qui court parallèlement au grand fleuve birman, que l'on trouve les plus hauts sommets, dont certains atteignent de deux ou trois mille mètres. Par une fantaisie de la nature, quelques pics s'élèvent isolément dans la grande vallée, qui à elle seule forme la majeure partie de la Birmanie, car le fleuve Salouen, situé à l'est et en partie extérieurement au pays, est bien loin d'avoir l'importance de l'Irraouaddy.

tl) Que l'on ériit indifrcMciniuent " pongyi •, « poiiugyi -, ou simplement • pongui », chaque auteur se servant d une orlliograplie diircrcnte.

La partie hydrographique, comme on vient de le voir, consiste spécialement dans ces deux fleuves qui ne sont grossis que par des affluents relativement sans importance, à l'exception pourtant de la rivière Chindwin, qui semble le bras gauche de Flrraouaddy.

Caiîti: Dii iJiKMAMi; d'après les iluciinicnls de lautciii)

Les sources de l'Irraouaddy, longtemps ignorées, sont situées dans les monts Palkoï, vers le 27" de latitude nord. Divers explorateurs ont tenté de les reconnaître. Des expéditions anglaises, coniUK' colle dirigée par le colonel Feil pour soumettre la tribu insoumise des Sana-I\;uliiii, avaient rcnionli' an (Iclà du dernier poste de Mylkhina, situé prés de la fourche formée par les dcnx liants bras du fleuve. Mais il a})partenait à notre compatriote, le vaillant piince Henri d'Orléans, de trancher cette (|uestittu dans sa belle traversée du nord de I Indo-Chine, dn Tonkin au l)ialiniapouli'e, voyage (|ui Ini Nain! la -raiide

i8 1:N h II! m AMI'

miMlailIc (lOr de la Sofit'lt" tit* (îrouiai'liit' <'l la liante cl lioïKirilicjuc disliiu'lion «if la l.(''ui<>n tl liniiiicui". In jour Niciulra. (|iii iif lardci'a |HMil-rli'i' j)as, où l'on pourra racilcniiMil j)ass('r dans la valltM» Vdisino du };rand llcuvc indien, descon- «lanl d»>s plateaux thihélaius, car deruièrenient uiuMiiission anglaise de plus de iin(| cents personnes a été envoyé»» pourétndiei' le passage des monts l*alkoï par nue M»ie ieiré'e (|ni relirait Mekani en As<ani avec MoLjcjunii', tei'niiuus actuel des lignes Itirnianes.

(le i;rand fleuve est coninic' 1 artère centrale de la Hinnanie, ainsi qu'il a déjà été dit. et cette voie est la concenlralion de presque tout le commerce; aussi, de|)nis de louiiues années déjà, les Anglais y ont-ils installé une compagnie de navigation » Irraouaddy llotilla (l(»mpaguie Limited », qui remonte ju>»([n*à Bluimo à plus de 1.200 kilomètres dans l'intérieur. C'est naturellement sur les bords de cette longue voie lluviale que s'est principalement groupée la population, défrichant à l'enlour des villages des terrains formant comme de longues bandes an delà iles(|uelles s'étendent les solitudes forestières. Descendant du nord au suil il'une façon générale, il fi'anchit à trois reprises des chaînes de montagnes ou collines relativement j)eu élevées, passant par des sortes de défilés plus ou moins pittoresques. OnanI à son importance, quelques chilîres en donneront une idée : sa longueur est estimée à environ 000 milles anglais ; le volume de ses eaux varie énormément suivant la saison, cela va sans dire. Les pluies tombant vers le mois d'août, ce volume devient dix-sept fois supérieur à celui qui coule en février, c'est-à-dire à la saison sèche. C'est ainsi que l'on a trouvé qu'à la hauteur de Mytkhina son débit, en temps de crue, était de 25 à 28.0U0 mètres cubes par seconde et qu'à Bhamo il montait à 34.000 mètres. Lnlin, aux bouches du lleuve il dépasse 56.000 mètres cubes, supérieur ainsi au Congo lui-même, tandis qu'à d'antres époques il est presque inférieur au Rhône. 11 s'ensuit donc d'importantes dilVérences de niveau, qui se chilTrent par plus de 20 mètres avant le premier délité, et encore de 10 à Prùme avant le Delta. La plaine est comblée graduellement par le courant, et le fleuve a de la sorte formé une vaste région plate qui s'étend à plus de 220 kilomètres de la mer sur laquelle elle en présente une façade d'environ 300. composant un triangle dont la surface n'est pas évaluée à moins de 40.000 kilomètres carrés. Ce sol est formé d'argile moins fertile que celui de la vallée du Gange. Au travers de cette contrée plus ou moins salubre, que l'on a cherché à assainir pai- des plantations, le cours du lleuve a varié, se répandant capricieusement et foimant de nombreuses îles plus ou moins impoi-lanles pour se déverser à la mer par une dizaine de bouches. On a cherché à régulariser son cours au moyen de digues souvent insuffisantes pour protéger les territoires riverains. L'action de la marée, qui atteint G mètres, se fait sentir jusqu'à 200 kilomètres dans l'intérieur. Enfin le Delta se prolonge sous-marin, formant comme un colossal empâtement à la base du fleuve.

Le second fleuve birman, sitné presque sur la lisière du territoire, est le Salouen ; son importance est beaucoup moindre et il n'y a guère que la partie sud qui soit fréquentée et utilisée comme voie de transport pour les bois. On ne connaît du reste qu'environ GOO kilomètres de son parcours ; venant du Thibet, il court parallèlement à l'Irraouaddy, profond et rapide entre des montagnes boisées, se rétrécissant par endroits, jusqu'à des largeurs qui n'excèdent pas 30 mètres, à travers des bancs de rocbers dans lesquelles il a dû s'ouvrir un passage. La hauteur des eaux varie également selon les époques avec une diflerencc moyenne d'environ 10 mètres, tandis que leur volume monte de 13 à 20.000 mètres cubes.

Enlre les deux grands cours d'eau ci-dessus, le Sittang, quoique bien moins important, a sa place marquée. La rivière d'Arakan est peu navigable quoique intéressante par sa position, et malgré le volume relatif de ses eaux. D'autres encore vont se déversant dans le golfe de Bengale , après un parcours variable, mais inférieur; leur élude nous entraînerait trop loin.

Au point de vue géologique, le sol de la Birmanie est riche en minéraux, surtout en fer, plomb, élain, cuivre. On trouve aussi île l'argent et quelques paillettes d'or. Il est également célèbre par ses pierres précieuses, saphirs et rubis, surtout dans la région située au nord-est de Mandalay. Près de Mogoung, on exploite des carrières de jade. Enlin on a creusé des puits à pétrole et l'on croit à l'existence de nombreux gisements, qui seront une source de richesses pour le pays. Il y a déjà longtemps du reste qu'on exploitait le précieux liquide, mais d'une façon primitive et sommaire. Quelques mines de houille sont également ouvertes.

Comme végétation, il existe une grande variété d'arbres, plantes et fruits. De nombreuses espèces de palmiers ajoutent aux charmes des paysages forestiers, car on en compte en clTet plus de trois cent (juatic-vingls échantillons, dont certains presijue exclusifs à la Birmanie. Parmi eux. viiigt-iiiu| espèces sont exj)loitées comme bois de construction, d'ébénislerie ou de tciiitiin» ; le teck, entre autres, qui est d'un si grand usage, est assez connu; nuiis parfois l'exploitation de ces bois a élé telle qu'elle mena(:ail pres(|ue de dév;i>lt'r le- forêts et (|u'à une ép()(|ne anti-ricure à l'installation des .\nglais il a fallu prendre des mesures jjrolectriccs et réglementer les coupes, ("/est dans ces vastes forets, où les grands fauves régnent en maîtres, fuyant devant les (h'fricbemeuls et les empiétements de l'homme sur leurs domaines, ([ue l'on emploie les éléphants

Les KI.ÉI'llAMS .\L TliVVAll,. (Voir plus loin |i. 17

«liiMii'-lii|iii'> an Iraiispoil des Iiois. poui' ItMiucl ils l'cndcnl de liraiuls sci-vicos, vu la (liriiciillt' (In cliai-iMifiiuMil à liaNcrs les in)[)(''n(''li'al»l('s l'oiiiTi's do ct's myslérioiisos loi'rls.

l)t»s IVuils n«)nil)i(Mi\ itoiisscnl naliirclIcnuMiL comme roraiiiic l'ananas, la jianaiu*. la noix de coco, la nianj^nc cl d anircs j)lns on moins connus dont Tcnuuu'ialion serait faslidicnso, mais lous soûl une grande ressource pour l'indigène. 11 u'v a rien à dire des premi<M"s, que chacun connaît, mais c'est aussi avec une juste métiaiu'e (|ne l'iùiropéen doit se hasarder à goûter les autres. Ils ont un goût s|téiial auipit I notre palais n'est pas l'ail ou sont très fades, aqueux généraliMuent. I']n ell'et, ces fruits j)Ousscnl trop vile et l'on peut affirmer qu'ils sont loin d'avoir la tinesse de goût de ceux qui croissent dans nos climats et se développent mûrissant lentement, avec une humidité raisonnéc et une chaleur lemp(''rée.

Au point de vue des cultures, celle du riz tient la première place et son importance e>l l(dle ([u'on en exporte une grande quantité; à cet elîet on peut voir des moulins à ri/ installés à Rangoun sur les bords du fleuve, et c'est là une indnsirie très prospère. Les indigènes cultivent encore la canne à sucre, qui est l'ohjet d'une grande consommation; le tabac, dont il est fait grand usage, et le thé et le café, sans parler des cultures secondaires de moindre importance.

Sons le rapport de la faune, inutile de rappeler la présence des grands fauves dont il a déjà élé parlé, le tigre spécialement. Le majestueux pachyderme, qui à létal i)rivé l'end des services signalés, mérite une mention particulière. Enlin nous nous sommes laissé dire que certaines tribus étaient arrivées à domestiquer des rhinocéros. Comme bête de somme et de trait, le buffle rend les plus grands services. On voit aussi de pelits chevaux ardents (jui j)araissent avoir été importés; de même pour les mulets composant les longues caravanes qui suivent la route de la Chine. Il existe dans certaines régions un animal de peu d'importance, mais qui par bandes innombrables devient un véritable fléau ; c'est le rai : ils descendent des montagnes à ceilaius monieuls, probablement poussés parla faim, et se jettent sur les plantations et les villages eux-mêmes, au point que les habitants fuient devant cette invasion d'un nouveau genre. Pour mémoire on peut rappeler les serpents plus ou moins venimeux, mais à côté il y a les ()is(>aux et surtout les corbeaux, qui sont de la |tlus grande familiariti'. Les aigles rouges, comme nous lavons souvent observé, sont i)eu farouches, surtout dans les villes où ils vivent grassement, accomplissant les fonctions des « charognards » algériens. Quant aux insectes, ils sont nombreux et plus on moins désagréables; le caucridat et la fourmi non seulement seront les compagnons de chambre du voyageur, mais commettront l'indiscrétion de se nicher jus(jue dans sa valise et ses vêlements. De même les mouches et surtout les moustiques seront parfois ses camarades de lit, s'il ne prend le soin de s'envelo[»per du désagréable el antihygiénique mais indispensable moustiquaire.

La Birmanie a une population composée d'éléments variés découlant de la race jaune, mais plus ou moins mélangés; la grande masse à l'aspect extérieur rappelle un peu le type chinois, mais les pommettes sont moins accentuées et les yeux moins fendus en amandes, le nez est plat plus généralement et les lèvres fortes. Chez les femmes la décrépitude est hâtive. Les hommes sont plutôt petits, agiles et prolifiques; leur teint est plus foncé et lire sur le brun rouge. Hommes et femmes ont généralement les cheveux du plus beau noir, ils les portent roulés en chignon et souvent sur le sommet de la tête ; les

Dansixses

femmes en font comme un petit parterre où elles piquent des Heurs. Nous en avons vu portant ainsi une véritable botte de roses. Elles s'altacbent aussi une grappe de fleurs sur le coté, pendant en quelque sorte sur la joue, d'un curieux et original eff(>l. L'cmsemble de leur pefil(> personne est plutôt gracieux et elles ont généralement la taille souple. Plus ou nioius jolies, beaucoup ont des yeux noirs expressifs et au résumé ell(>s ne mau([ueiit pas de chariui'. Les membres lins leur douneut uiuM'ertaiue drlicalesse et ou ue saurai! uiicu\ s(> les figurer (ju'en évocjuaut le souvenir des dauseus(>s javanaises ([ue tout le uioude a tenu à aller voir en 188!) à l'I'^xposiliou de Paris où elles ont eu laut de succès. Les danses dans les deux pays out du l'eslc uue grauile aualogi» . aiu-i i\\\r 1 ..u peut s'en convaincre» par hi vue du corps i-oyal des daus('us(>s de l'aïu'iruue ctuir de Maudalay (jui portait le nom étrauge d" .- a-uycduu-tbauui ». Ce stuit pour ainsi dire les nuunes gestes gracieux et lents (Uitrecoupés dt> poses plasti(|ues qui n'ont pas la crudité des mouviMueuls de ccrlaiues danses nu'ridiouab's. ui la

•j2 i:n iniiMAMf-:

mimi(|ii(' p.iirois cliociiianlt' cl Iroj) »'X|tr('ssiv«' des bayadèrcs ou des vul|;airos l'aima niiimcxiiics. ICIIi's cxciiilciil (1(> vc'TilaMcs liallcis avec limirc's d'ciisciiiMc, n'iili's davaiu'c cl acc(»mj)a^iu''s truin' iiiiisi(|M(' pliiliM iiiuiioldiic, l'xrciilrc par des in-^lnmiciils (•(nniiic la liarpc. la llfilc cl une xiiic d liannoiiica, mais donl nous n'avons pas la iJi-clcnliou do vouhdr dounci' ici une ap|)icciali()n spéciale. Leur citslunic n'a licn de pailicnlier. mais elles porlcnl pins ou moins de Itijoux cl n«' se dislinunenl pas en litMit'ial de> antres fennues. Innlilc de diic (jne dcjtnis locciipaliiin anglaise c(> sonwMiii' des luxes la>tnenx de lanrienne eoni' royale uavail plus raison d èlre; m'anmoius le nu'dier de danseuse exisie toujours, et il non-« a élé donn(' dîissisler aux speelaeles (ju'idles donneni à diverses repi'ises. I.;i deseriplion dn coslnnu' des HiiMuans sera brève, non pas ([u'il soit soninuiire, Comme dan> cerlaincs reliions dn noir cl mysic'rieux conlincnl afiicain, ou eut'orc dans le^ îles perdues de illei-anie. mais parce (|n il csl l'orl simpl(>. (inoicpn* non >ans inli'i'cl. et nous pourrion> nn''me ajouter, n(ui sans un certain charme liien ^onNcnt.

lloiiiiiie^ et fennues se vèli'->ent indi>li nclement : nniis ce (jni an premier a>pecl di''>ii;ne re>pèc(' nuile, c est le port du loiilard remplaçant le lurhau, tandis (juc le >exe i liaiMuaul va l(Me nue, sou opulente chevelure la défendant suflisanimenl des ailleurs daniicreuses dnn soleil tio}) hrùlant. Le costume se Compose donc dnn simple jiii)on de couleur à dessin ou à raynre, ou encore avec un semis de lleui's, généralenu'ut dnn joli ton, la plupart du temps dans les notes tendres, le rose })lus ou moins pâle entre autres, et dune veste légère, sorte de camisole, Manche hien souvent ; le jupon consiste en un simj)le morceau dt-tolle sans coulnr(>. dans lecjucd les jamhes sont comme enroulées, dessinant pins ou moins les formes et fornumt de gracieux plis dans les retombées. Malgré' ce poi't de sorte de ridjc collante, ils ne paraissent néanmoins pas gênés dan-< leur dé'inarche. il est viai (|ue le jupon ne fermant pas facilite le jeu de-- jamhes (|iii' pariois il laisse ap[iaraîlre. A ce snjet on rapporte (ju"à une certaine ('poque une reine, sétanl apej'çue de la dépopulation qui semblait s'accuser |)armi ses sujets, eut une ingénieuse idée pour obvier à ce mal : elle se basa sur un moyen de séduction provocateur, disons le mot, en obligeant les tenunes à porter la jupe fendue de façon à d(''nias(|nei' les jami)!'s. 1/en'el,

l)arai!-il. eut un plein succès Les hommes portent, on l'a vu. un turban

gracieusement noué, peu volumimuix, de couleur souvent assortie au jnjjou. (lomme on le voit, l'aspect extérieur est plus gai et une foule ainsi vèhu' semble un parteiie de llenrs, doux et agréable à l'ieil. Si la |iopiilation égave de la sorte le> modes villes, il n'est i)asjus()ue dans la campagne où les gens mcllenl une note amusante de couleur. Un ai-liste sei'ait sollicité par certains groupes où des tonalité's bainionieuscs jouent sous la transparente lumière d'un éblouissant soleil. On \erra ans>i plu-^ loin (|u'nn paysagiste jiouirail y faire ample moisson il intéTe-isanles pocliado et (|uiin architecte se délecterait dans l'étude de

irioux monuments désormais célèbres par leur originalité, comme nous nous ïorcerons de le démontrer au lecteur désireux d'avoir une idée de cette Birmaie trop peu connue à notre avis. Il va sans dire que le costume décrit s'applique la classe aisée, qui le porte souvent en soie et y introduit môme le luxe de L fourrure à certains moments, car les pauvres artisans et les manœuvres ne orient eux souvent que le pagne ou simple morceau d'étoffe et se tatouent irtout les cuisses, donnant ainsi la singulière illusion d'une culotte absente, ans les peuplades encore à demi sauvages, la rigueur du climat montagneux !S a obligés à se couvrir et à cet effet ils ont utilisé étoffes et peaux de bètes. [alheureusemcnt, au point de vue pittoresque, le progrès de la civilisation itroduit notre peu séduisant costume moderne, anti-artistique peut-on même jouter, et quelques Birmans s'en affublent déjà. Comme cela se passe dans les ays où notre société moderne cherche à implanter ses coutumes et à écouler îs produits fabriqués, dans quelques années, tous les hommes porteront-ils onc un complet dernière mode ?

La physionomie des Birmans respire plutôt la douceur, et on se sent attiré ers ces gens d'humeur calme et paisible. Us n'ont pas la mine rébarbative de îrtaines races et on ne lit pas dans leurs yeux la haine que les Européens et !S blancs rencontrent sur plus d'un point du globe; enfin il ne me semble pas oir flotter sur leurs lèvres le surnom de « fils de chienne » que nous donnent olontiers les disciples du prophète Mahomet, dont la société manque souvent c charme, comme il nous a été donné de le voir par nous-méme dans divers oyages faits aux pays orientaux. Suivant du reste les humanitaires principes e la religion boudhique, les fils de Birmanie sont hospitaliers et charitables, 'est ainsi qu'ils placent des vases pleins d'eau le long des rues, sur le buid (h^s 3utes parfois, pour que le passant ou le voyageur puisse étancher sa soif, comme s élèvent même des hangars oîi les malheureux sans domicile pourront trouver n abri et se reposer. On n'a donc fait chez nous que les imiter en établissant es fontaines publiques et en construisant des maisons hospitalières dites asiles de nuit » dans certaines grandes villes, comme à Paris entre autres.

Des castes nombreuses n'établissent pas parmi eux des classifications, connue armi les Hindous. Leur origine, fort ancienne, en tout cas mogole, remonterait Ldon eux à Brahma ; mais cela est du domaine de la légende. Laissons les avants chei'cheurs trancher ces délicates questions d'ethnographie supérieure.

La religion du bouddhisme ou plutôt de (îaulaniii. Fine arn.ilion dr Boutidlia st le culte officiel. Elle a été fondée, on se le rappelle, par Cakia-.Moimi. .Noire nlenlion n'est pas de faire ici l'exposé de celte religion de haute anti([uilé dont 1 doctriiK^ a été comme une protestation contre le système des castes instituées ar les peuples de PuMJinia. Mlle (Munitorle au^^i les cju)! eouuuaudeuu'ul-^ repris [uelqu(>s siècles plus tard par le ("diri^l et basés sur l'iinnuiabh' morale. On n'a las oublié (ju'à l'beure présente un (iu;ii-l de rhuin;inité professe celle religion.

24 KN lilIl.MANIE

Ils Sdnl (les plus lÏM'viMils cl nulle pail au ukmuIc ou ut* jXMil voir pareille ju-ofusiou (1<' uiouuuieuls élevés à la iliviuilé. Les paj^odes se couipleul j)ar luilliei's ; il eu e\i>(e uou seulement tlans les villes et les villages, mais au milieu de la eampauue. sur les rives ilo l'irraouaddy parliculièremeut. La piélé des (idèlcs eu a t'iest' pai' groupes el des ceulaiiu's, [)our ne jtas dire plus, se Irouvenl souvent ^ur un même poiul, comme ù Ava, Sagaïug, l'aman surtout ou même Maudala\'. (les pagodes sont des édifices des plus intéressants el ont une j)hysiouomie tout ù lait particulière; elles consistent à proprement parler en un dôiui* allongé assez seuililaMe à nue cloche, Liane ou doré, isolé, ou llaM(|ué de sortes de chapelles ou couvents... mais n'anticipons pas. De nomhreux uiona>^têres, en Lois, plus ou moins couverts d'ornements découpés et sculptés et parfois dorés, ahritenl de nomhreux moines ou « pongyi » ainsi que Lécrivcnt les Anglais, (-es religieux, ohjets du respect el de la vénération de tous, sontdc vrais mendiants ou passent pour tels; ils vivent de la charité puhlique et c'est ainsi qu'on les voit le malin à travers les rues, allant frapper à chaque porte pour tlenuuuhn- leur suhsistance. Ils portent une sorte de marmite pour recueillir les dons en nature, consistant surtout en riz. Ils se divisent en cin([ classes, sortes de grades hiérarchiques : les jeunes étudiants, sont les « sheng »; ensuite viennent les « pyil-tseng », qui ont déjà fait un noviciat et sont admis aux cérémonies puis les « tshra-ra » ou chefs de communauté, au-dessus desquels sont les « gaing ool » ou provincials, qui dirigent un groupe de monastères, cl enfin vient le chef suprême le pape, le tshra-ra-daw, grand pontife. Nous les retrouverons encore autour des pagodes, sollicitant la charité des fidèles, tout en marmottant leurs prières. Ils dirigent aussi des écoles ; mais ils ne font pas de vœux, paraît-il; et peuvent rentrer dans la vie ordinaire, en déposant la robe jaune ou plus ou moins tirant sur le safran, qui les dislingue ; ils portent la tète rasée et nue mais souvent ils s'abritent à l'aide d'un éventail de forme originale, atteignant parfois de grandes dimensions, fait aussi pour se cacher des regards indiscrets du sexe charmeur. Ils vont le i)lus souvent pieds nus, certains ont cependant des sandales comme dans la classe aisée. Quelques jeunes gens de famille font ainsi un stage ou noviciat de très bon ton, plus ou moins long- et jouissent ensuite d'une plus grande considération. Après leur mort, ils sont brûlés. L'incinération est du reste assez en usage et assez fréquente ; elle est faite sur la demande ou suivant les intentions manifestées par le mourant. Les cimetières du reste n'attirent nullement l'attention en Birmanie. Porté aux croyances mystérieuses, le Birman admet les devins el les sorcières, ou femmes du dial)le (|ue l'on appelle au besoin au elie\et du malade j)0ur conjurer Tespril du mal, inolfensive sui)erslition.

Lutre autres préceptes, la religion prêche la sobriété et défend de tuer les bêtes pour eu manger la viande ; mais on tourne la difficulté, et cei'tains moines peu scrupuleux iont abatti'e les animaux par des bouchers musulmans. Le riz est

naturellement la nourriture par excellence, comme l'eau est la boisson courante, cela va sans dire. Ils font grand usage du tabac et il est amusant de voir les petites Birmanes avec de gros cigares et d'énormes cigarettes qu'elles tiennent délicatement à la main, en aspirant lentement la fumée. La valeur du tabac est du reste insignifiante. Malheureusement les Chinois (qui se sont installés en grand nombre à Rangoun, entre autres villes, oîi ils ont presque accaparé le commerce^, et les Anglais ont introduit le terrible opium, dont le pernicieux effet se fait déjà sentir. Les Birmans chiquent également le bétel, broyé avec de la chaux et du cachou, dont ils s'emplissent la bouche et qui provoque la salivation.

La femme birmane est sur le même pied que l'homme, elle est son égale, et souvent c'est elle qui dirige la communauté, surtout quand elle montre une véritable aptitude aux affaires. Le mariage est libre et la séparation amiable peut avoir lieu du consentement mutuel, ou tout au moins un divorce est prononcé avec la plus grande facilité, rendant la liberté aux deux époux. Dans ce cas l'épouse emporte les acquêts pécuniers faits personnellement par elle; du reste, l'épargne consiste surtout dans l'achat de bijoux précieux, dont elle aime à se parer, comme chez beaucoup de populations du reste, où la civilisation n'a pas encore pénétré. Pour le port des boucles d'oreilles, on perce le lobe de l'oreille aux enfants de douze à treize ans, et cela donne lieu à une fête de famille ; pendant laquelle jouent des instruments qui au besoin étouffent les cris de la patiente. La polygamie est acceptée, mais elle est peu fréquente en exemples. A lépoque du mariage, les jeunes gens se font la cour et se reçoivent au besoin entre eux à l'insu des parents.

Leur langage rappelle le chinois avec introduction de mots hindous. L'alphabet est dérivé du sanscrit. Quant à la langue religieuse, que peu de gens parlent, relativement, c'est le « pâli » à l'étude duquel des savants se sont récemment adonnés. Comme littérature, on trouve plutôt des ouvrages religieux, conservés dans les monastères ; quelques journaux se publient nuiiiilcnaul thez les Birmans comme à Rangoun; mais les Anglais ont créé des journaux et des bibliothèques, la connaissance de la langue anglaise s'étant déjà répandue dans la haute classe et le négoce.

Les Birmans sont surtout auiiciiliciirs et pêcheurs ; mais dans les villes on ti'onve des commerçants, des artisans, parmi lesquels des sculpleui's sur bois; d'autres travaillent les métaux, certains sont fondeurs et font des cloches : il y a encore des bijoutiers habiles. On fabrique aussi en Birmanie beaucoup d'objets en laque et on tisse le coton et la soie ([ue l'on teint ponr faire d'" jolies étoiles à Couleurs variées et à dispositions de dessins complicinêes. An point de vue de rajjplication de l'art à l'industrie, on ne peut s'empêcher de reconnaître que les Birmans apportent beaucoup de gont dans ce qu'ils font. Non seulement cela se retrouve dans la construction et la décoration di- Ii'ur> étliliies relii:i('nx. mais

26 l^N lîlHMA.MF.

iin'^mo dans des ohjiMs iliisaj^c JDiirnalior. Il n'fsl pas jiis(|iraux baloaiix, comme on If M'ira plus loin, cl aux Noiliii'cs dans l(»s(nu'ls se l'ail seiilir celle U>iidance aili>lii|iic. Il V a de la iiràce dans leur consinitlion, on ne peut le nier.

l'.n dehors des Hiiinans, à proprenienl itarler, il existe rn Uinnaaie d'auli'es liil)us |dMs ou moins civilisées; certaines nn^Mne sonl encore à Iclal sauvaj^o et indépendanles. (l'esl ainsi (pie dans les ré<;i(tns du nord des tribus liahitanl la monlajine se lalouenl le corps de ligures magiques pour écarter les maladies. On peut en voir du reste parfois nu^'ine dans les villes, sur le corps des manoMivri's. Iles montagnards lissent aussi de i:i-ossières (doires pour s'abriter contre la fraîcluMir de la mauvaise saison, comme on l'a vu plus haut, ils se coillent en ranienanl leurs cheveux sur la lèto et sont plutôt agriculteurs ou au besoin liuerriei's. Professant la religion bouddhique, ils se livrent surtout au culte des esprits ilestinés à conjurer le mauvais sort. l*armi les usages barbares, l'un d'eux consistait, paraît-il, à brûler la femme qui mourait en couches en lui jetant son nouveau-né. l'ne autre tribu, qui comj)te plus d'un million d'individus, est cidie des ^ Karen >>. ils professent aussi une religion du même genre, mêlée d(> bouddbisnu'et vivent en communauté. Autrefois ils faisaient des sacrifices humains pour conjurer les mauvais esprits, mais le contact même passager de gens entrés dans la voie de la civilisation leur a fait abandonner ces barbares coutumes. Ils se rapprochent des Chinois et doivent aussi dériver des Mogols. A l'est la tribu de « Chan », forte et puissante, est d'origine siamoise. 11 en existe d'autres encore, mais peu nombreuses et qui avec le temps se fonderont dans la masse pour disparaître probablement. On trouve chez elles une grande variété de langage, avec de nombreux points d'attache et des rapprochements, mais c'est aux savants spécialistes qu'il apjjarlient il'éludier ces questions ardues.

Au point de vue commercial, la Birmanie s'est naturellement développée depuis l'installation des Anglais; nous ne voudrions pas importuner le lecteur ou la charmante lectrice sous les yeux île laquelle notre ouvrage aurait eu la bonne fortune de tomber, par des chllFres de stalistiqu(>, i)Our lesquels nous renverrons aux études spéciales parues sur ce sujet; qu'il nous suffise donc de dire que le mouvement d'exportation et d'importation a presque doublé depuis quelques années; que malheureusement une bonne partie du transit des provinces du sud de la Chine a suivi cette voie de l'irraouaddy, qu'exploitait depuis de longues années déjà la Compagnie de bateaux anglais favorisée du monopole de la navigation à vapeur sur le fleuve, détournant ainsi à notre préjudice les caravanes de la route du haut Tonkin, et (lu'enliu l'Angleterre a complété son œuvre par la création dune voie ferrée de pénétration qui suit la vaste vallée, franchit le lleuve à la hauteur d'Ava, l'ancienne capitale, et se prolonge vers le nord jusqu'à Mogoung. Depuis, on travaille à la construction d'une ligne (jui de Mandalay se dirigerait à l'est vers le Haut-Siam, ce pelit royaume, dont le roitelet a fait beaucoup jiarler de lui, et sur ]e(|iu'l on sent déjà s'appesantir

la main de for gantée de velours de la vieille Albion. On a à plusieurs reprises poussé le cri d'alarme; hàlons-nous, sans quoi il sera bientôt trop tard; la presqu'île de Malacca est anglaise, la Birmanie servira d'antichambre au Siam et nous retrouverons comme voisins toujours ces mômes xVnglais jus({uo dans nos colonies d'Indo-Chinc. Quant au commerce d'importation, le seul intéressant pour la vieille Europe, c'est l'Angleterre et l'Allemagne qui se le partagent presque exclusivement. Inutile de dire qu'il est bien rare de voir llotler un pavillon français dans les eaux birmanes et que l'on ne trouve pas de Français établis dans ce pays, autres que nos vaillants apôtres des missions étrangères. Ils se consacrent à l'évangélisation des infidèles, au secours de la pauvre humanité souffrante, à l'éducation des enfants et s'elforcent de prêcher la morale et de répandre les saines doctrines pour le bien commun. 11 est vrai qu'ils ont de sérieux rivaux et concurrents dans les missions protestantes dotées de secours pécuniaires dont nos modestes pionniers ne jouissent malheureusement pas.

Notre intention n'est pas de parler longuement ici de l'administration dont l'Angleterre a gratifié sa nouvelle conquête et, par laquelle une nouvelle ère de prospérité semble s'être ouverte, il faut bien le reconnaître; mais on ne nous en voudra pas de rappeler à ce sujet que le premier soin des Anglais a été la création d'un chemin de fer de pénétration débutant par deux tronçons, l'un la petite ligne de Prôme et l'autre la première partie sur Pégou de la longue voie, ruban d'acier posé parallèlemeni à l'irraouaddy, qui atteint Mandalay. C'est à quelques kilomètres en avant de la nuijestiieuse capitale que la voie incline à gauche pour aboiilir au lleuve, sur h^quel on a jugé inutile de jeter jusqu'ici un pont, dont les dimensions et les difficultés d'établissement, entraîneraient, paraît-il, de trop fortes dépenses. Les Anglais, en gens pratiques, ont préféré attendre, et, avec raison, ils ont pensé qu'un bac à vapeur suflii'ail à assurer le service entre les deux rives. Le chemin de fer reprend alors en face, àSagaing, et se prolonge vers le nord à travers le pays compris eulre le nuiîtrc lleuve et son gros nflluent leChindwiu. Sans travaux d'art sérieux sur la première partie de son parcours, il rencontre plus haut une petite chaîne de montagnes, dont la traversée montre de gracieux et pittoresques paysages boisés. Un jx^lit embranchement se détache j)our gagner les ri\'es du lleuve à Kalha. hiiidi- ([uc la ligne principale se poursuit jus((u'à Mogoung, terminus extrême lors de notre passage dans le pays. Je ne démontrerai })as le rôle inipoilanl cpTesl appelé à jouer ce chemin de fer, appelé dans l'avenir à se souder petil-rlre aux lignes <|iii (lesservironl un jour oh l'aulic le vaste empii'e chinois. On dcNinc les consé(|nences [)olili([ues et commerciales découlant de son élablissi'inenl. PrésentenuMit l'Angleterre a déjà fait étndier par ses ingénieurs deux priui'ipaux (Mnbranchemenls, l'nn au nord (|iii devra relier Mogoung à Dibrhougar, snr le ilanl-Hialnnaponlre, an delà de la riche région de r.\s>«ani. el l'anlre. par-

2S i:n inrniANiE

l;ml tli> Mamlahiy niôiiu» ol se iliiij^caiil à l'csl v(>rs le Siam, pour alloindre, si cosl possiMc. la vallée du Mciiuun cl se raniilicr juMil-rlr-c aussi aux l'uluros voios fcrivcs de notre voisin d'Indo-Cliiuc, dcsliné naliircilcuKMil coinnic los aulros à disiiarailro, à moins (juc la silualion d' « l'ilal tampon » cntic les colonios anglaises ol iVam^iiscs ne lui p(>rmelle de conservei- jx'iidanl un ceilain lenips encore son autonomie.

D^s los d('d)ul-> de son oocupalion, lAnuleteri-e avait songé naturellement à rox[)loitaliou de l'e vaste et riche l>ays, j)ar la créaticjn dos voios do communication nécessaires. Lt'tahlissemenl d(>s roules, paraîl-il, aurait coulé l'orl cher relativement; mais |)eu importe au lecteur, impatient do faire connaissance avec le pays. Gomme on va le voir, los villos se sont développées sous Tinlluencc anglaise, cl plus particulièremenl llaugouu. illles ont i)arl"ois pris des tournures presque européennes, ont été ornées dédilices publics do toute nature, qui n'ajoutent, il est vrai, aucun charme à la visite entreprise par le touriste, désirant de trouver sous ces latitudes des monuments autres que ceux (|u il connaît dt'jà.

Parmi les revenus do la Birmanie, car los Anglais, conlrairoment ù ce qui semble se passer chez nous, cherchent à tirer prolit de leurs colonies et ne s'en parent pas avec orgueil, comme d'un objet do luxe exigeant un entretien coûteux il est inutile à ce sujet de rappeler los seules ol relativement fortes dépenses que nous occasionnent la plupart de nos belles possessions), il en est de diverses natures. A l'instar de ce qui se passe dans notre vieux continent, ils ont introduit l'impôt foncier, les droits de douane, les droits sur les alcools et surtout sur l'opium, qui, comme on s'en souvient, font rentrer chaque année plusieurs centaines do millions dans la cassette de l'ambiliouse Albion. Les postes et télégraphes fonctionnent également à la mode européenne. En dehors de ces impôts, l'Angleterre a encore imposé d'autres taxes dont l'énumération sérail fastidieuse, et a frappé la pèche et roxploilalion des forêts de droits spéciaux, fort productifs. Au résumé, on peut donc dire que rAnglolorre a trouvé là une source de nouveaux revenus, et nous ajouterons qu'elle semble avoir fait un bon placement susceptible d'une grosse plus-value dans ravenir. Les dépenses qu'elle est obligée de faire pour entretiens de toutes natures, solde de fonctionnaires et de troupes sont relativement minimes et lui laissent ce qu'on pourrait appeler de beaux bénéfices, s'ajoulant au colossal prolit de ses immenses domaines coloniaux, grâce auquel elle peut faire les dépenses nécessaires pour tenir la tète dos nations au point do vue maritime, et garder la suprématie des mers.

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