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A TRAVERS LA VILLE

Maintenant que nous avons une idée de l'aspect extérieur de la ville, nous allons la parcourir soit à pied, soit en « garry » sorte de fiacre local en bois, avec des persienncs au lieu de vitres, frère de la voiture usitée dans la plupart des villes indiennes. Rassurez-vous cette sorte de landau fermé, car ces véhicules sont à quatre places, comporte des ressorts ; par une disposition spéciale, la toiture n'est généralement pas posée directement sur les parois.

il&n .SotTvmaife iV.».t\6oun

de façon à établir un courant d'air au-dessus de hi t(M(> (b's voyageurs, fiul lieiireux de pouvoir de la sorte, au besoin, se débarrasser un instant de l'iiidi>jxMisable, mais encombrant casque ou chapeau cham|)iiinon . coillure obligatoire, comme chacun sait, (huis ces jiays où h' soleil lei'iibit' es! si rcdoiiiabb'. où un oubli [)eul parfois entraîner la mort. Vous éles à p(>iu(* d(''bart|ué (|ut' tl'aiuiabli's conseilleurs s'évertuent à vous nietli'e en garde contre les daiigeis (lu (limai, el appuient leurs arguments de lerrilianls exemples.

Vous Irouvei'ez aussi des tramways, |tliil(i| lié(jnenle> pai- Ic-^ indi-t'no, ain-i ((U(> (l(>s H jinrikisliass » ou petits « i)ousse-|)ouss(^ » lir'(''s par des ( '.liiii(ii> ; ce sont, on se le ra[)pelle, de b'^crs };racieux et minuscules petits ((^(riolels à capote, où rhoiiime-cheval se met dans les brancards. Ou sait (•(unme les malli('Ui\Mix trottent, galopent même, el, à notre a\ is, il e>t [(énible de \oir ces

(h'^lu'-rili'-' lii'm|M''s il(> siiiMir l'I sounianl (''ponnionnc's. C'ost là un dur nK'licr, rar la i)luparl. paraîl-il. niourcnl jonnos.

Nous n'avons pas besoin d'ajoulor quo le voyageur trouve là des liùlels, non pas des plus confortables, il est vrai, mais sullisanls. bien (\ur la proprclc y laisse souNcnl à dt-sirer. Ainsi, il ne laudi'a pas s'c'toiiner de lioiivcr des eanerelas (jui pousseront l'indiserélion jusqu'à ox})loi'er voire valise, dans laquelle les fourmis élironl domieile: voire linge et vos vêlements seront aussi attaqués pai- riiuinidit»' si vous n'y i)rencz garde, et des champignons pousseront sur le cuir de vos eliaussures ; mais tout ctda est peu de chose et ne saurait arrêter le touri-le. désireux de voir et habitué aux voyages, auquel ces indications s'ailressent et que nous ne saurions trop encourager à aller visiter CCS contrées lointaines. Ne parlons pas non plus des mousli(|ues à la morsure nocturne desquels on échappe sous le moustiquaire, pas plus que des lézards «jui viennent chanter dans votre apparlemeul. ni d'autres insectes, dont au résumé nous n'avons pas eu à nous plaindre pour notre part. Par contre, des oiseaux peu farouches, sortes d'aigles rouges, se laissent approcher, et des corl)eaux plus familiers pénéti'eront pai'fois jusque dans les intérieurs, ou, tout au moins se poseront sur vos fenêtres, vous assourdissant par leur criard babillage.

La roupie est la monnaie courante du pavs, c'est la même que celle usitée aux Indes, aussi nous n'en dirons rien de plus. Sa valeur, d'environ un Iranc (juarante ou cinquante centimes, est variable ; elle a beaucoup baissé dans ces dernières années. Mais, laissons là ces renseignements complémentaires, notre intention n'étant pas de faire un guide dans le genre de nos « Joanne », d'un « Baedeker » allemand, ou d'un « Murray » anglais, ouvrages dont on ne saurait nier l'utilité, car ils sont presque indispensables, mais qui par leur sécheresse voulue manquent d'attraction

La partie de Rangoun qui s'étend au long du fleuve est plutôt moderne : c'e>t la ville américaine avec ses rues tirées au cordeau, généralement larges cl heureusement souvent plantées d'arbres d'essences variées. Les constructions de hauteur moyenne, — beaucoup dépassent peu un ou deux étages, — sont souvent recouvertes d'un enduit en plâtre ; d'autres sont en briques apparentes ; un certain nombre d'entre elles ont des prétentions architecturales, mais ce qui leur donne un cachet pittoresque, ce sont les tracesnombreuses d'humidité qui moisit et tache les murs, les maculant bizarrement. Les premiers monuments publics qui attireront le regard sur le quai, seront le palais de justice avec sa colonnade et sa longue façade jaune safran: Ihùtid des postes, construction bizarre, mais appropriée au climat, et l'administration du télégraphe. Ce sont généralement les premiers monuments que le voyageur cherche à connaître, désireux d'envoyer de ses nouvelles et heureux aussi de trouver des souvenirs des siens et de la patrie lointaine.

Sur le quai, un grand marché municipal moderne élève sa toiture en fer, et là, tout d'abord, on pourra se livrer à une intéressante étude de mœurs. C'est à l'heure du marché, le matin surtout, un grouillement d'hommes et de femmes où les races se mélangent, car Rangoun est une ville cosmopolite réunissant à de nombreux Hindous au teint bronzé, généralement vôlus de blanc avec la calotte blanche ou brodée sur la tète, des Chinois jaunes, des coolies, appartenant à diverses tribus, et plus ou moins sommairement vêtus, beaucoup tatoués, surtout sur les cuisses, comme nous l'avons déjà dit. Parmi ces derniers, on remarque force Malais. Les Birmans, à proprement parler, se distinguent, on le sait, par leurs vêtements d'agréables couleurs et leurs foulards. Il faut voir les petites Birmanes faisant leur marché, portant leurs provisions sur un plateau dans une pose élégante, plus gracieuse, sans conteste, que nos bonnes ménagères avec leur lourd panier au bras. Les marchandes sont gentiment accroupies derrière leur étalage, tirant des bouffées d'un volumineux cigare, ou. d'une cigarette monstre, dans l'attente des clients. Parées de lleurs et la physionomie toujours souriante, elles ne manquent pas de grâce ; il nous souvient de nous être approché de plusieurs d'elles dans les bazars, entre autres lieux publics, et d'avoir examiné de près leurs bijoux. La plupart d'entre elles, en riant, se prêtaient de fort bonne grâce à cet examen, et nous en avons vu détacher de leurs ornements pour nous permettre de les mieux voir et de satisfaire notre curiosité indiscrète dont elles ne semblaient pas s'offusquer. Pour ne pas être soupçonné de partialité, nous n'insisterons pas sur leurs charmes extérieurs. Ne sont-elles pas femmes après tout, et sœurs, humainement parlant, des plus ravissantes créatures qui font tourner la tête à tant de pauvres hommes. L'ensemble, somme toute, de ces marchés forme une jolie débauche de couleurs, aux tonalités douces, dans lesquelles le rose est la note dominante. Ajoutons que les halles municipales en question se subdivisent, comme chez nous, en diverses catégories. Dans la partie « marché », proprement dite, on verra des échantillons variés des produits naturels du pays, des fruits, dont un grand nombre sont nouveaux pour nous ; tandis que, dans la section des étotfes, les jolis tissus de soie brodée, à lleurs, dessins ou rayures, attireront Tattenlion. C'est là un des meilleurs types de l'industrie du |)ays. Une visite aux bazars complétera la connaissance des objets de fabrication intligène.

Dans la nie, le spectacle est aussi fort curieux : des coolies portant leurs fardeaux équilibrés au bout d'un llexible morceau de bambou, posé sur l'épaule, vont et viennent, taudis ([ue des (]liinois plus ou moins velus, mais coilfés d'énormes chapeaux de paille, croisent des Kachins au co-^lunu" rouge, ou des représentants d'autres tribus, aux([uels se mêlent de noirs Hindous portant, suivant la coutume, plus ou moins de bijoux. Les femmes de cette race en sont parfois couNei'tes, bijoux ti\és au nez et [tour les(|uels elles ont les narine-» ju-rcées,

y* RN lUHMANlE

houclos «rorcillos, hracolcls aux mains, aux bras et aux chevilles; on en voit porlanl sur elles un vérilahle niajiasin de parures représentant un poids de plusieurs livres d'argenl. PendanI la marche, lous ces ornements se frottant et se hcuilaiit jiroduisenl un hi/arre linlciuciil.

Au milieu de la loule, des chariots massifs aux rf)ues épaisses s'avancent lenlemenl. tirés par des huflles : c'est la voilure all'ectée aux transports. D'autres, servanl aux personnes, sont plus élégantes et légères comme on Ta déjà vu, cl il c>t malheureux, au i)uint de vue artistique qu'elles tendent à disi)araître. Kniin, nous avons parlé des confortables, mais disgracieuses caisses en bois posées sur roues, les garrys.

De distance en dislance, un magnifique policeman hindou, de cette race des Sikks (pii lournit h l'armée des Indes ses plus beaux et courageux soldats, fait observer l'ordre. Grands et bien proportionnés, au teint bronzé mais non d'ébène, ils ont les traits et le profil réguliers, de beaux yeux souvent, et les cheveux et la barbe soyeux, d'un beau noir.

A (Mus d'un uniforme simple, pratique, en sorte île cotonnade légère, de couleur jaune safran, et fortement chaussés, ils portent sur la tète un énorme et haut turban assorti au costume. A un moment donné, la foule s'écarte pour laisser passer un char bizarre tiré par des bœufs et répandant derrière lui la fraîcheur, c'est le tonneau municipal qui sert à arroser les rues. Parmi les gens que l'on rencontre à travers la ville, beaucoup surprennent par leur costume semi-européen; ce sont, par exemple, les Chinois aisés, négociants pour la plupart, qui portent des pantalons courts, flottants et se coitTent de vulgaires chapeaux de feutre ronds, sous lesquels passe l'inévitable queue, terminé souvent par une ganse nattée bleue ou rouge. Cette race débordante que l'on retrouve aussi bien aux Indes Néerlandaises, où elle a fait souche que sur le littoral de l'Indo-Chine, à Singapoure surtout, oi!i elle détient la meilleure partie du commerce, fait de même ici. Elle a en quelque sorte son quartier avec des rues où sont appendues aux maisons les longues enseignes à caractères chinois, et les grosses lanternes aux formes et aux couleurs bizarres que toutes les personnes ayant usité l'extrême Orient connaissent bien.

C'est de ce côté que se trouvent aussi quelques-uns de ces bazars pittoresques, mais sombres, divisés par catégories de marchands, où chacun d'eux est accroupi devant son étalage, racolant le public et lui faisant des o tires ; parmi les divers articles mis en vente on trouve déjà bon nombre d'objets d'importation européenne et surtout de fabrication anglaise et allemande, mais bien rarement, hélas, française. On reverra toujours avec plaisir ces petites marchandes ou acheleuses birmanes souvent réunies, devisant, et formant ainsi de gracieux groupes aux chatoyantes couleurs. Elles aussi chercheront à vous tenter en vous « faisant l'article », car elles sont bonnes vendeuses.

Mais en dehors de l'étude de mœurs, qui pourra du reste se poursuivre

chemin faisant, la visite de certains monuments, je veux parler des pagodes, sera pour le voyageur la principale et légitime attraction, non seulement à Rangoun, mais par toute la Birmanie, car ce sont elles qui forment le cachet tout particulier de cet intéressant pays, malheureusement trop peu connu. L'intérêt des autres manuments modernes n'existera pas à coté de ces curieux édifices élevés par la piété des fidèles. C'est ainsi que l'on passera jtresque indifférent devant une mosquée originale avec ses minarets blancs et qui de loin ressemblerait presque à une pièce de pâtisserie, tandis que l'on se sentira

VoiniiK DE LUXE

atitré vers cette sorte de dùme-llèche ressemblant à une cloche ou plutôt à une sonnette au manche allongé, qui s'élève sur un carrefour. Cette forme, en réalité, rappelle celle de la Heur de lotus renversée, par symbole, sur un tas de riz ; c'est, du moins, l'explication que l'on en donne. Les pagodes renferment généralement des reliques de Bouddha ou tout au moins leur imitation, ou par représentation un des huit ustensiles consacrés, ainsi que des images et des livres sacrés.

La pagode qui nous intéresse porte le nom de « Soulay »; elle se dresse sur une terrasse entourée de chapelles à clochetons, plusieurs de ces di'ruières sont ornées de glaces à facettes et de statues de Bouddha assis, suivant l'altitude consacrée, les jambes croisées; ces figures sont généralemeni eu marbre ou en cuivre doré avec des ornements. La forme gracieuse de ces toitures superposées, aux coins relevés, charmera I'umI par l'élégance et la légèreté de leur silhouette. Kllessonl en bois de teck et rehaussées de fines sculptures ou décoi'ations découpées à jour. Un l'etrouNci'a du reste c(>He di>[tosilion [)aili>iil. car c'e>t iin des carai-lèri's

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propres do r;uchilocliiro birmane, qui semble empriinlée à l'art chinois ou (oui au nii)iiis iloil en dériver. La superposition de scj)t toits sétagcant en se rélrêeissanl jjour former celte bi/arre llèclie pyramidale est une figure symbolique (d'où \ ient jx-iil-èlre noli'e expression èli'e au seplièiue cieli copiée sur le célèbre clocber (|ui surmoule le j)alais royal de .Mandalay, et au(|uel les Birmans doiiunil b' pri'leulieux surnom de (( centre du monde ».

La pelile pa^oile de Soulay a une entrée semblable à celle des [)aj;'odes similaires, c'esl-à-dii'c Ibuujuée de deux grands dragons blancs assis qui semblent garder la j)orle et ont une mine peu rassurante. A coté se tiennent marchands cl marchandes de [)elils cierges de couleurs et de Heurs arlilicielles, oHerts par les fidèles à la divinité ; il faut voir ceux-ci prosternés et faisant leur prière en lenanl au dessus de leur lèle une Heur (ju'ils viennent ensuile dé})oser devant les images saintes, ou plantant un cierge sur les plateaux disposés à cet elïet, comme cela se pratique dans les sanctuaires catholiques vénérés. Involontairemenl, devant ces manifestalions touchantes de dévotion extérieure, on ne peut s'empècluM' de songer aux démonstrations religieuses ferventes des Husses entre autres et de celles moins ostensibles des chrétiens et surtout des catholiques, qui toutes ont tant de ressemblance et semblent s'unir pour célébrer la gloire du Tout-Puissant.

On ne j)eut uoivv (jue \Mmv mémoire le grand édifice où sont installés les « offices publics » : il s'élève, surmonté de ses dômes de couleur, dans un quartier encore peu construit. De même pour la cathédrale anglicane et le collège qui se dresse à côté.

En dehors et au delà de la })arlie régulière de la ville, est situé ce qui correspondrait assez exactement aux cantonnements anglais, juxtaposés aux cités indiennes. C'est là que s'élèvent, spacieusement disséminées le long de larges avenues, les habitations entourées de jardins des fonctionnaires, des riches négociants, des consuls des diverses nationalités, avec les casernements et baraquements des troupes européennes et indigènes. Leurs construction et aménagement sont appropriés au climat; elles comportent des vestibules et galeries à jour protégés par des treillages de bois sur lesquels on fait courir des plantes grimpantes. Leurs toiliu'es en tuile rouge mettent une note gaie dans la verdure environnante. Parmi ces propriétés se distingue la résidence du gouverneur, « gouvernement bouse, » comme disent les Anglais, grand château dans le style gothique anglais, en briques, dressé au milieu d'un vaste parc et llanqué de vastes dépendances. Pendant notre visile, le « viceroi de Birmanie », pourrait-on presque dire, rentrait chez lui en voiture, escorté de cavaliers indiens la lance au poing, et nous avons bien regretté de n'avoir pu prendre un instantané photograjthi(jue de ce groupe pittoresque laissant loin deirière lui ce (|ue nous pouvons voir en ce genre dans notre pays.

Un canal en partie à sec sépare en (|uel(iue sorte les deux villes. Sur ses bords

s'étend un jardin botanique assez mal entretenu, à l'extrdmité duquel on peut voir un petit musée anatomique et zoologique où des bêtes mal présentées et mal préparées laissent échapper par les crevasses de leur peau tendue la paille

dont on a bourré leur carcasse Derrière est un modeste jardin zoologique

pour l'entrée duquel il est perçu la modique somme de un sou par personne.

Il faut ajouter que les bonnes d'enfant et les militaires ne paient pas demiplace, comme cela se pratique dans nos foires ! Ce pauvre jardin d'acclimatation, si l'on peut lui donner ce nom, ne renferme que quelques fauves, de jeunes et espiègles éléphants et des singes grimaçants

Un hôpital bien aéré, qui s'élève en face le jardin, est réservé aux Européens, déjà nombreux à Rangoun. A l'entrée des cantonnements s'étendent le champ de courses, indispensable partout oii se trouvent réunis quelques Anglais, et le champ de manœuvre ou de parade pour hi troupe. C'est une des belles avenues de cette ville annexe, 1' « Halphin Road », qui sert en quelque sorte de promenade à la mode ; on pourra y voir circuler à certaines heures le monde selcct, la haute et riche société, tant à pied qu'en voiture, à cheval ou même à bicyclette, car cet instrimient du progrès a déjà fait son apparition dans ces lointaines contrées, et l'on pourra bientôt dire ({u'on ne trouvera plus un coin de notre globe où ce coursier dinvention et de création humaine ne tigure pas. En passant on reconnaîtra le club des jeux avec ses pelouses pour le lawn-tennis, car même dans ces chauds climats la jeunesse anglaise n'abandonne pas ses hygiéniques mais parfois violents exercices. On y doiini' aussi des matinées et des soirées surtout, car les distraction font assez défaut à Rangoun, où quelques rares troupes théâtrales passent de temps à autre, ou même simplement des groupes de chanteurs ou acteurs. II est vrai (|ue l'on peut se récréer par des représentations indigènes ; mais pour s'y iult''re>>(Mréellement il serait bon de posséder la langu(» du pays, ce (jui n"esl pasilouni'* à tout le monde. La musique militaire donne aussi des couccrls à (MMiaincs époques, comme cela se pratique généralement dans tous let< pays, pour le bien (U" tous, s'il faut en croire le diclon : la iuusi(ine adoucil !(•> nio-nrs.

Un gi'acieux paie, dit " le jardin des eantonnemcnls « avec des j»ici-c> d eau encadrées de verdure est un agréable lieu de promcnadi' : mais c'est le p.irc Dalhousie, situé non loin de là, avec un grand et [)cau lac, aux bords capricicu-

SOLLAY l'AGOUK

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sonuMit »(inl(Mirn(''s. olViaiil tl(> jolis paysages (loiniiirs par la haute flèclic dorée di' la iiiaiidt' j)ai;«)d(>, (jui rt'iinil cIkuiuc j<uir aussi la société riche, désireuse ira>pii"cr (|U('I(|U(> fraîcheur aprcs h>s liédcs jouruées ; on y croisera des voilures, (Idiil (•(Mlaiiu'> tort éit'i^aiilcs, axcc des allclaucs ainciics dlùii'opc à j;raiuls Irais, et ou \ci'ra s'y prélasser parfois îles luélis de couleur avec leurs brunes épouses, leurs uu'M'es cl leurs tilles, ulVuhN'M-s des uiodes parisiennes ou soidisant hdics... ; plus loin ce sera uu jeuue cl correct fouclionuaii'c aujilais i'(iudiii>aiit sa charrcl te. j.es donu'sli(|ues ici, cochers et valets de pied, ne jtorlenl plus la sévèri' li\rée; ils sont Ijien « couleur locale » avec leur lurljan cl leur vètemenl original cl varié. Nombre d'entre eux sont des boys liiudous et leur costume rappelle plus ou moins leur pays dorigiue. Leur diversité en tout cas est aunisaule à voir et j)réseute uu c(ui[) dd'il beaucouj) plus arlisli([ue {si l'on peut Si; sci'vir de ce terme' (|ue les longues redingotes et le chapeau haut de fornu' de nos domestiques.

A rentrée du ])arc et contrastant avec le luxe (|ue l'ou vient y exhiber, quel(|ue pau\re ipiartier indigène, aux cal)aues plus ou moins ruinées, présente un aspect pittoresque, mais bien misérable. On y voit bètes et gens grouillant |>our ainsi dire pèle-nuMe dans la fange. C'est bien là un véritable tableau de la misère que l'on trouve presque toujours dans un coin quidconque des grandes \illes de tous les pays. Mais nous avons réservé |)our la lin la « great attraction » de Uangoun la fameuse pagode de la « SInve Dagon ».

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