‹ En BirmanieChapitre 5 sur 14 · I.A (iilA.M)i: l'A(i()])E SllWi; |)A<;(IN · texte numérisé non relu

I.A (iilA.M)i: l'A(i()])E SllWi; |)A<;(IN

Dominant la ville, comme on l'a déjà vu, la grande pagode est un imposant édifice, un des plus beaux de ce genre sans conteste et, à coup sûr le plus intéressant de la Hirmanie, à cause surtout de sa i(q)utalion de sainteté, qui y attire eha(|ue année un nombre considérable de pèlerins ; c'est en quelque sorte le « la Mecque » des bouddhistes, et cela s'(>xplique par le dépôt qui y aurait été fait des cheveux du grand réformateur et nu)ralisaleur. Certains auteurs prétendent (|u"il n'y aurait que quatre de ces cheveux saints.., mais peu importe. Nous avons déjà iiarb- de l'origine de ce monuirient, aussi nous n'v reviendrons pas, mais ajoutons que le mot « shwe » signifie doré ; l'or est, en effet le symbole de l'excellence et comme tel appartient à Dieu ; il lui est donc consacré et c'est à la fois un attribut et une offrande symbolique, ce qui explicine l'usage qui (•(uisi>fe à placer des feuilles d'or sur les parois d(> Tédilice, acte de dé\otion. d<' la j)art des fidèles. Le monument est d autant plus iinporfanf dans son ensemble (|u"il esl fout enlouré d't'dicules secondaires, lui foiinant une soi'te de Liarde d'honneui-, coiunu' on va le \oir. Il est nialhi'ureuxuuent difficile de 1 enibiasseï' d'un coup d o'il, entouré connue il est de Ncrdure ; aussi avons-

nous cru bon d'en faire une sorte de vue cavalière de façon à essayer d'en faire saisir la gran-

eur par le lecteur, simple croquis apprend plus , souvent, que toutes les longues descriptions. La llèclie colossale s'élève, paraît-il, à 118 mètres, tout élincclante sous son manteau d'or et sa vue, sous l'éblouissemcnt du soleil dans l'azur du ciel, nous a arraché un cri d'admiration. On la redorée complètement ily;i ([uelques années, à ce que Ion nous a dit, et on peut juger de la dépense que ce travail a dû occasionner. Elle se dresse superbe dans la citadelle, occupée et entretenue par les Anglais, au centre d'une vaste plate-forme rectangulaire qui mesure environ quatre cents mètres de tour et à laquelle on accède par de longues galeries abritant quatre escaliers, situés sur chaque face et dont l'un a été désalTecté depuis l'occupation anglaise. L'entrée principale monumentale qui se dresse dans l'axe d'une large avenue, venant de la ville, est des plus curieuses et des plus originales, avec son vaste escalier à paliers de repos, llauqué de deux énormes monstres, la gueule ouverte et les yeux semblant sortir d(; leur orbite. Ces dragons en maçonnerie blanchie à la chaux mesurent plusieurs mètres de hauteur; ils ont un faux air de grands chats. A la suite vient de chaque côté un enchevêtrement bizarre et quelque peu fantastique de figures et d'animaux dans les(juels on ne peut pas saisir de détails saillants. Enfin devant vous s'ouvre une porte ogivale décorée d'ornements et surmontée d'une ilèclic portée sur des colonnes légères, sous le porche des peintures à moitié effacées reproduisent des sujets empruntés à la religion. Des statues, en plus ou moins bon étal, décorent cette fac'ade nan«|uée (1(> di-ux autres motifs également couronnés pai' les sept étages traditionnels, (lomuie on peut le voii", cet ensemble est loin d'être banal et l'on peul diic (|u'il étonne et surpi-end par son éti'angeté. Ajoutez à cela rencadremcnt de xcnliire plus lui moins exoti(iue, avec les tètes oscillantes des cocotiers ou relies aux larges feuilles dentelées de diverses espèces de palmiers et une foule bariolée garnissant les degrés avec des charrettes ou autres voitures arrêtées aux abords de l'entrée, et vous aurez un tableau des plus pittoresques bien fait pour tenter un artiste à la recherche de nouNcault'.

Apr^snous rlro arrachés à la conlomplalion de ce spectacle, montons, si vous le voulez bien les marches el jx'nélrons sous le porche mystérieux sans craindre autre chose que les rciiards do la loule provoqués par la curiosité toute naturelle excitée chez les lidèles. Devant vous s'ouvre un lonjj;- escalier de pierre protégé par une toiture que supportent quatre rangées de colonnes, et sur les marches ducjuel sont installés des marchands et marchandes de toutes espèces. Les étalages simples se succèdi^nt : ce sont des jouets naïls et curieux, de petits

livres pieux, ou autres, car nous avons vu de véritables installations de l)ou(iuiiHstes, des (leurs naturelles et artiiiciellcs, des cierges de dimensions et de couleurs variées, mais pour la plupart minuscules (certains représentent des tètes d'animaux, ligurant chaque jour de la semaine).

Les fidèles peuvent ainsi choisir et prennent de préférence le cierge correspondant au jour de leur naissance pour aller l'ollrir à leur divinité préférée. N'en est-il pas de même dans d'autres religions où certaines personnes honorent, vénèrent et prient tel ou tel saint de préférence à d'autres et ont un culte naturel et rationnel, on peut dire, pour leur patron ou patronne. Une foule bizarre et parfois tumultueuse encombre les marches glissantes, Birmans, Hindous et autres, car, le bouddhisme a de nombreux pour ne pas dire d'innombrables adeptes dans toutes les races et surtout parmi les peuples asiatiques. A plusieurs reprises nous sommes venu nous mêler à celle foule, curieux de voir et d'étudier ces gens aux mœurs douces dans l'accomplissement de leurs devoirs religieux.

Mais nous voici après divers et inévitables arrêts arrivés à la plate-forme. Le spectacle est plus saisissant encore : devant nous, à quelques pas s'élance dans le ciel l'étincelant édifice couronné du « ti », sorte d'ornement qui coiffe les pagodes en général ; celui-ci, don du roi Thibaw, est tout eu or el doit donc représenter une somme énorme. A cette couronne en métal sorte de iilet auquel sont suspendues des pendeloques, sont aussi appendues des clochetles qui tintent et font rendre sous le souflle du vent à ce bizarre carillon des sons MM'l.illiqucs (jui semblent apjx'ler les fidèles à la j)rière. Dans les lianes de la

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pyramide est ménage un sanctuaire vénéré où nul Européen ne saurait pénétrer, et au fond duquel la lueur vacillante des cierges jette quelque éclat sur les ornements enrichis de pierreries qui décorent les sombres parois enfumées, permettant d'apercevoir le Bouddha accroupi objet de la plus haute vénération. L'assise, du monument consiste enfin en larges gradins à pans décorés d'une soixantaine de petits cônes et de curieux bouquets de métal découpé, tandis que le pourtour est garni de dragons et d'éléphants couchés qui lui font comme une ceinture. Certains animaux portent sur le dos des sortes de pots que l'on

j^..mâ^^mà

CÔTK DE LA SllWE DaGON

peut garnir de fleurs. Nous regrettons malheureusement de ne pouvoir être à même de donner les renseignements au sujet des images symboliques ; qui expliqueraient le pourquoi de ces dispositions spéciales, dues peut-ètri' simplement à l'imagination des créateurs du monument ?

Tout autour, des édifices divers plus ou moins intéressants garnissent Ui plate-forme ; nous les estimons à une centaine. Ils sont placés plus ou moins symétriquement, mais laissent bien dégagé le pourtour de la grande pagochcentrale, sur quatre côtés, correspondant aux points cardinaux vers los(|uels sont orientées les galeries d'accès ; ces quatre sanctuaires accolés à l'édilice principal sont ornés de motifs décoratifs et surmontés de llèches en bois. Ce sont des chapelles comme celles où l'on nous a montré des babouches géantes ayant appartenu, d'après les pieuses traditions, à Bouddha lui-même. 11 y a aussi (juelques bâtiments sans intérêt artisti(iiie (jui servent à abriter les nombreux moines et prêtres dont le nombre est grand, comme on peut le

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supposcM" auprrs do oo sancliiairr si en raxcur. I*iôs (1(» la \n)v\o j)iin(i|)al(' une vasle liro-liro, ciiriiMiso malle hlindée, sort à recevoir les ollVandes des lidèl(>s : (les poni^yis s(MHld(Mil nionl(>r la j^arde auloiir ; seraieiil-ils direelement inléressi^s au résullal linal cl eu prolileraienl-ils ? Il ne nous api)arlienl pas de non- |>r(>U(Uicer sni" nu sujet aussi délical el nous aiuKuis mieux croire (ju'ils se conteiileul des aumônes, {;énéreuses du reste, qu'on leur fait direelement. La plupail de ces édiliees ou édicules qui semblent se presser sur ce coin de lerr(> sanetitié sont donc ro'uvre des dévots lidèlcs, quelquefois stimulés peutêtre aussi par l'amour-propre cl le désir de faire mieux (|ue le voisin. A ce sujet il paraît (juil s'est dépensé des sommes colossales et (|iie l'on a vu des iicns se ruinant litt('ralement pour édilier un temi)le à la divinité. Il (>sl évident (juc c'est ce (|u'on |)eut a|)peler du fanatisme, car il n'est pas besoin de dt'nionli'er que TarjiiMit ainsi gaspillé pourrait être plus utilement et méritoiremeni dépensé. Ce sont là des considérations d'un orilre supérieui' dans lesqu(dles nous ne saurions entrer. Tontes ces nombreuses chapelles sont d'aspect et de formes variés; elles sont pins ou moins riches cl construites en pierres et bois de teck ou santal le plus généralement, aussi sont-elles pour la plupart surmontées de l'inévitable llèchc. Des boiseries, fines sculptures, véritables j^uipures ou dentelles à jour, les ornent gracieusement ; parfois ce sont (h^s scènes variées, rusti([ues ou guerrières dues à l'imagination de l'artiste, ou encore des sujets religieux dilTéremmcnt interprétés, ou bien encore des représentations de faits historiques, rappelant un peu le procédé des Egyptiens, mais sous d'autres formes. Des personnages isolés ou des animaux enchevêtrés dans des ornements ou des feuillages figurés forment aussi motifs à décoration. Il y a là certainement des morceaux de sculptures réellement remarquables pour lesquels on n'a pas marchandé le bois. De sveltes colonnes souvent en bois supportent les toitures de ces édicules et complètent l'harmonie de ces échantillons d'une architecture nouvelle pour nous et qui évoquerait quelque peu, si l'on cherchait des rapprochements, le mode de construction en bois usité dans les régions russes et surtout Scandinaves.

Un certain nombre de petites pagodes plus modestes alVectanl la formeclassique que l'on connaît maintenant s'entremêlent plus ou moins ornées de bandeaux et moulures. Elles sont naturellement coiffées aussi du ti. On peut ajouter que les peintures décoratives, fresques naïves ou primitives, jouent également leur rôle dans l'ornemenlation générale, ainsi que l'apijlication de \erroteries de couleurs, d'un goût moins heureux. Une de ces chapelles éveille notre attention bien qu'en partie masquée par les voisines; ses formes ne peuvent un instant faire douter de son auteur : un fils du céleste empire chinois. Quelques-unes nous paraissent entretenues avec plus ou moins de soin; les auteurs ne sont probablement plus et des mains pieuses n'ont pas songé à les remplacer dans raccomplisscment de leur tâche, préoccupées peut-être i)ar l'édification de

quelque monument destiné au besoin à éclipser le voisin. Ce n'est pas là le seul moile de témoigner de sa ferveur, ainsi qu'on peut le voir aux curieuses et bizarres colonnes surmontées de chimères et rappelant de loin la colonne avec le lion de Saint-Marc à Venise. Certaines sont luxueusement revêtues de glaces à facettes d'un singulier et miroitant aspect. De la corniche ou plutôt du chapiteau pendent, lloltant au vent, de longues banderoles creuses arrondies; ce sont, paraît-il, des sortes d'ex-voto, appelés « djols » ou emblèmes du serpent. Il y a encore les « Niaoubés » ou arbres vénérés compris dans l'enceinte sacrée, aux troncs desquels sont accolées ou appendues des niches abritant des figures bouddhiques. Cela rappelle les petits sanctuaires que l'on rencontre dans les campagnes où la religion catholique est pratiquée avec ferveui'. les célèbres madones italiennes, entre •utres...

Sous des abris, de grosses cloches, dont deux fort importantes, sont installées pour la dévotion des fidèles qui, en guise de prières, viennent frapper sur le bronze pour que le Ciel les entende, au moyen de bois de cerf ou de cornes d'antilope. Elles portent quelques dessins d'ornementation sans intérêt spécial. A l'une de ces cloches, qui ne pèse pas moins de 42.000 kilogrammes, se l'attache une curieuse histoire, tournant à la confusion des Anglais. Ces derniers avaient purement et simplement voulu l'enlever... en vertu du drcdl du plus fort vraisemblablement! Mais dans le transport pour l'einbaniuer . car elle ('lait probablement destinée à tigurer dans quelque musée de Londres, ils I avaient laissé tomber à l'eau dans la rivière de Rangoun; c'est alors que les Birmans demandèrent et obtinrent la permission de la relevei-, à la condition qu'elle leur serait rcsiiluée. Les ing('iueurs rirent de la demande cl l'on permit la chose. Les Hirmans firent tant et si bien, (|ii"iis liiiircnl par la sortir ;lii lit du tlcmi' au moyen d'outrés et de cordes mouillées et l'amenèrent ainsi à terre; après t|uoi ils la rei)lacèrent là où les Anglais étaient venus la chercher.

Dans toutes les chapelles, dont il a été ci-dessus parlé, la divine image tie Bouddha figure géncralemenl dans ralliliule classique, les jambes croisées et les

AUTOLl! 1)K LA SllWE DA'.i'N

EN lilHMANIK

bras \Ai6s les mains posant sur les genoux. 11 j)orle aussi comme coiffure une sorte lie bonnet formant diadème. Il y en a en marbre, blanc presque toujours, ou en cuivre doré ou encore en d'autres matières. Un certain nombre d'elles sont i^ainics d'ornements ou nirmc recouvertes de belles étolTes, sans j);uler des liijoux, comme cela a lieu en Russie, par exemple, où l'on voit des images saintes de la plus grande richess(\ La plus grande statue par contre est coucbée; elle est placée sous une sorte de hangar sans ornements mais en marbre, elle a la ItMe appuyée sur les mains dans l'altitude d'une personne qui repose.

Nous évaluons sa taille à huit ou dix mètres. 11 ne nous a malheureusement pas été possible de vérilicr, si elle était bien monol i thc, ce que nous serions porté à croire. Il existe encore des séries de statues placées à côté les unes des autres et parfois toutes dans la même altitude, comme on le verra plus loin. Cela produit un singulier effet et on se demande le motif de cette prodigalité de représentations de la divinité bouddhique, qui ferait croire que l'on se trouve transporté chez un de nos grands fabricants statuaires, marchands de figures religieuses.... Mais nous n'en finirions pas avec la description de tout ce qui entoure le visiteur dans ce lieu, duquel nous avions du mal à nous arracher et où nous avons passé des heures à contempler le spectacle si intéressant qui nous environnait. Ce n'était pas seulement la curiosité originale de ce temple extraordinaire qui nous captivait ainsi, mais la vue de cette foule pittoresque aux costumes variés, allant et venant, faisant ses dévolions sans respect humain, comme le musulman qui s'arrête en pleine rue pour dire sa prière sans songer à ce qui se passe autour de lui. Il faut les voir ainsi, hommes, femmes et enfants, accroupis ou agenouillés, égrenant d'interminables litanies à la louange de rÈtre suprême, se prosternant et frappant le sol de leur front, ou absorbés dans une sorte de contemplation intime voisine de l'hébétude. Les uns vont déposer des fleurs devant les Idoles, diraient certaines gens, tandis que d'autres font des offrandes, de riz, de confiture ou de quelque autre aliment. Aussi, devant beaucoup de ces statues ce sont des séries de petits vases

AUTOLII DE LA SUWE D.UION

garnis de fleurs ou de cierges qui brûlent, comme devant les autels des saints les plus en vogue. Des prêtres et des moines à la robe jaune, eux aussi, sont accroupis, marmottant des prières et sollicitant quelque offrande de la part des fidèles, dont ils éveillent au besoin l'attention en faisant discrètement tinter de temps à autre de petits triangles de cuivre. Devant eux tombent quelques pièces de monnaie, et des vases placés à cet effet s'emplissent aussi de riz. Ce que ne saurait rendre ni la photographie, ni môme le talent d'un artiste qui arriverait à reproduire l'image de cette foule si curieuse dans ce cadre étrange, c'est la clameur bourdonnante s'élevant de cette ruche humaine et que souli-

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Et

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Statue colchkk

gnent de temps à autre les notes graves des gongs et des tam-lams, appuyées des sons de cloche et égayées par les vibrations stridentes des cymbales. On ressent là une singulière et indéfinissable impression, quoique beaucoup de gens seraient portés à croire que l'on a les oreilles abasourdies par cette cacophonie discordante qui, en réalité, n'est plutôt qu'un vague murmure eu l(>nips ordinaire.

Chez ce peuple birman, il existe aussi des jours de fêtes, et à certaines époques de l'année elles donnent lieu à d'imposantes et pittoresques cérémonies, comme celle de « Thawadehntha », qui a lieu au coninuuu'enKMil île novembre et dure trois jours. A cette occasion, on dresse une plate-forme avec une tour garnie d'un chemin extérieur en spirale, comme on ligure la lour de Habel sur certaines gravures, et coupée par les sej)! toils consécutifs; cesl la représentation idéale du chemin (jue Bouddha aurail suivi poui- mouler au deuxième ciel d'où il allait prêcher à sa mère la loi sacrée. Quelquefois ou l'ail uue autre roule par laquelle la divinité est censé être redescendue sur la terre. On hisse, le soir, aux lueurs faulasliques des torches et des llambeaux sur le char la slalue du dieu au uiilieu des eliauls et peudant ee leuips uu prtMre

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n'H-ilc le siM'mon pi-rli* à (îaulama ol dont le toxle est conservé dans les livres sacrc^s. La iV'le (1(> » Solin-l)a\v-(ivi'e » est nne autre grande cérémonie, deslinée à con-tMMM- le souvenir de ruIlVande du ri/ et du lail, l'aile à (îaulama |)ar une jiuiiilile leinuie : Tlion/ala, donl ou a itieusemeiiL |;ardé le uom. (l'est la l'èlc des mendiants ; c'est, pour les mallieureux, jour de l)onil)ance ; aussi la ville prend-tdli* un aspect i;ai. Des arcs de liiomphe sélèvenl, des décorations de tleurs et de verdure orueul les rues et les maisons : on se croirait, pardon de la compaiaison. le jour du li .luillel dans notre Ixdle l'rance... Théâtres en plein veni, adroits pi'eslidii;itateurs et ('(luilihristes, danseuses, marchandes de sucrerie el conliseiie, (de, rien n'y manque; la ville est en liesse. Mais le plus intéressant, h> luit de la tète, se tiaduil [)ar des festins pantagruéliques et à côté du « ni;a-pee », le condiment national, ligurent divers plats à assaisonnements variés donl l'aspect tenterait peu les Européens et dont l'odeur ferait rei-uler plu> d'un. Des fruits des plus variés, comme en produit le pays, coniplèlent ces i'eslins populaires. Inutile de dire ([uc ce sont là des spectacles des plus intéiessants, auxquels peut assister un élrauiier, (jui sei'a bien vu et même aimahlement accueilli. Nous nous rappelons avoir ainsi dans diverses circons- Irances, pénétré jusque dans des intérieurs privés oi!i avait lieu quelque cérémonie intime donnant lieu à des réjouissances auxquelles même parfois le public peut [>articiper. Il est un certain nombre de phases dans la vie d'un liomuH' ou d une femme indllféremment, qui donnent lieu à ces fêles, et comme tout le monde y trouve son coni[)te, y compris le prêtre qui reçoit son cadeau, cet usage se poursuit. (Test ainsi que peu après la naissance il y a une cérémonie (|ni correspond au baptême catholique en quelque sorte ; c'est le choix du nom à donner à l'enfant. La difficulté de s'entendre est parfois grande à ce sujet, car suivant les rites, cluuiue jour de la semaine com})orte des défauts et des qualités, et a son symbole; aussi chacun de proposer un nom dans le conseil de famille, jusqu'à ce qu'un de ces noms réunisse le plus de suffrages. On procède ensuite sur une des parties du corps de l'enfant au tatouage d'un animal généralement; c'est encore là une hgure symbolique à laquelle on peut donner diverses interprétations. Le mariage est encore naturellement un de ces actes importants de la vie qui donne lieu à quelques cérémonies, pendant lesquelles on mange toutes espèces de gâteaux et de confitures etoii l'on boit, naturellement. Nous avons vu à ce sujet que la façon tle procéder était simple, le jeune homme courtisant, sans le concours de la l'ainille, celle dont il devait faire plus tard sa femme. Il est vrai que si le mariage est si facile, la séparation l'est de même, tle sont là des mujurs simples et naturelles, el l'application en quel([ue sorte de lunion libre, nuitao conseiisu, sans fornudité, préconisée par (juehjues personnes d'une notoriété incontestée; mais ce n'est pas le lieu de discourir ici sur ce sujet d'un ordre supérieur qui nous éloignerait par Iroj) ilu pays (jue nous nous elforcons de faire connaître.

Au résumé, nous croyons donc n'avoir rien exagéré en disant combien était )assionnante la visite de cette splendide pagode de Rangoun, qui a une saveur irtistiquc toute particulière et nous a laissé pour notre part un ineffaçable louvcnir.

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