IV AVANT-PROPOS
mer Noire, du Danube à la mer Egée — sans parler des Grecs, race distincte — de nombreuses populations slaves s'agitent; les unes inféodées à l'Autriche-Hongrie, les autres plus ou moins émancipées, toutes mordant les dernières entraves, avides d'instruction et de self governmenty enfiévrées d'aspirations inassouvies ; celles-ci revendiquant des droits politiques ; celles-là, plus avancées et plus ambitieuses, rêvant déjà les agrandissements de territoire et le partage du cadavre de la Turquie d'Europe. Le Panslavisme est une arme à deux tranchants, prête à se retourner dans la main qui serre la poignée. Excellent comme instrument de délivrance, je doute qu'il ait la même vertu à titre d'élément de fusion, d'agent d'une constitution politique définitive. Les petits peuples slaves — aussi bien ceux qui frémissent au nord du Danube que les Jougo-Slaves — en usent volontiers pour limer leur chaîne ; mais de là à s'absorber, de bon gré, dans le giron d'une commune mère, il y a loin. On s'en aperçoit à des signes non équivoques ; l'avenir le démontrera mieux encore.