AYANT-PROPOS
Parmi les nationalités échappées au joug de la Porte, la Bulgarie est la dernière venue, non la moins intéressante. Slavisés — plutôt que Slaves — par leur contact avec les vaincus, les Bulgares ont été autrefois un grand peuple; notre Charlemagne ne dédaigna point de s'allier avec le roi Kroum. A plusieurs reprises, les empereurs de Byzance leur payèrent tribut, et en lisant les chroniques du maréchal de Villehardouin et de Henri de Valenciennes, on constate quel degré de force le « Royaume Bulgare »
avait reconquis au commencement du xm e siècle, après une éclipse de plus de cent cinquante ans. C'est contre cet obstacle que vint se briser la fortune de l'empereur Baudouin.
La chute de Gonstantinople détermina, en Occident, cette poussée de civilisation que l'histoire a baptisée du beau nom de Renaissance; elle inaugura au contraire, pour la Bulgarie, Tère d'une irrémédiable décadence. Engloutie dans le courant qui entraîna les sultans jusqu'aux portes de Vienne, la malheureuse nation disparut tout entière. Rien ne surnagea : ni son commerce, ni son industrie,