‹ En campagne avec la Légion étrangèreChapitre 15 sur 33 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Rabiot. — Le sergent Glorian. — Une lettre de poilu exemplaire, et la discussion qu'elle entraîne. — Léonard le jaloux. — Sur les femmes. — Contre le cafard,

— Sensibilité. — On quitte la Champagne. — A Cormiers. — Vers Paris. — Désillusion. — Voyage.

Selon son habitude, il accompagne la patrouille. Des feux de mitrailleuses obligent les hommes soit à s'espacer^ soit à se « planquer » dans des trous d'obus.

Mais à l'aube, Rabiot ne rentre pas avec ses compagnons.

La pluie ; la brume s'étend...

— 11 se sera perdu.

On n'y croit pas. Cela ne lui est jamais arrivé, depuis quatre mois qu'il suit le bataillon, et plus spécialement la D'.

— Il est peut-être aux cuisines !

Les corvées en reviennent. Les cuistots ne l'ont pas vu. Vers 3 h. de l'après-midi, le vent chasse les nuages et le brouillard. Le capitaine, avec sa lorgnette, découvre, entre les lignes, une tache noire et qui bouge, semble-t-il.

— C'est lui ! C'est Rabiot !

On demande des volontaires pour aller ramasser le chien, à la nuit. Toute la compagnie se présente. Les camarades avec qui il est tombé — sans un cri — iront le chercher. L'obscurité venue, on sort... Dix minutes après^ Rabiot est ramené. En reconnaissant son régiment, il agite la queue ; et alors — seulement alors — quand il sent que cela n'a plus d^importance, il pousse un soupir humain ; ses pattes se raidissent, ses yeux se ferment...

Il est enterré, près de deux autres soldats. Sur sa tombe, une croix^ et cette inscription :

Ci-gît

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