JEANNIOT. — FLANQUEURS
Les Flctnqueurs sont une des meilleures toiles de M. en connaissance de cause, puisque c’est un ex-capitaine d’infanterie. Ses soldats sont de vrais soldats, j’aurai encore l’occasion de le faire remarquer. Le chasseur en tête de colonne est un faraud, solide gars, qui sait son affaire et défie les insolations, pins redoutables dans les grandes manœuvres que l’ennemi figuré. Cependant le soleil tape dur à travers ces champs; mais le chasseur prudent a le col libre, la capote ouverte, et sa gourde — j’en suis certain — n’est pas vide. Il arrivera en bon état à l’étape. Le vrai soldat est celui qui se ménage en marche et se prodigue dans le combat.
Laissons ces gentils chasseurs et arrêtons-nous devant cette composition de .John Lewis Brown, dont le titre mélancolique : Lendemain , nous transporte tout d’un coup au milieu des douleurs du champ de bataille... après la bataille. Les tumultes se sont éteints, les grands chocs sont épuisés; mais les moissons brûlées fument et les canons brisés gisent à terre au milieu des cadavres de bêtes et de gens. Les chevaux survivants, démontés ou blessés, se pelotonnent, craintifs et inquiets, en un seul groupe. Ils hennissent, se cherchent, s'appellent et
ils formaient les conscrits, et lorsque, après !e combat , vieux et jeunes revenaient au bivouac, on oubliait ceux qui étaient restés sur le champ de bataille, et l’on se congratulait en répétant : « Ça n’est pas plus difficile que ça! » Et puis on croyait à la victoire, on aimait la gloire, on se disait que les troupiers et les lauriers, les Français et les succès avaient fait un pacte pour l’éternité. C'était peut-être fort ridicule, mais cela valait mieux que la légende du colonel Ramollot, — légende qui va porter la désobéissance jusque dans les écoles. — On considérait alors que mourir pour la patrie était un beau sort, comme le dit la chanson, le sort le plus beau, le plus digne d’envie. Jeanniot, un peintre qui traite des sujets militaire
BERNE-BELLECOUR. — en embuscade.