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PROTAIS. — LA GARDE DU DRAPEAU (SOUVENIR DE L?ARMÉE DE METZ

pendant dix ans il n’aura pas d’autre gloire que celle de son numéro, d’autre signe de ralliement que son Drapeau. Autrefois, même au temps qu’a rappelé M. Protais — le second Empire — les vieux briscards qui entourent le Drapeau et peut-être l’officier qui le porte, toujours un ancien soldat, avait vécu

SCHREYER. — arabe,

/ILLE, (16 août 1870.)

Typographie A. Lahure.

longtemps et peut-être avaient été élevés, comme enfants de troupe, sous son ombre tutélaire. A coup sur l’officier avait été le camarade du vieux sergent. Tous ces braves se connaissaient, s’aimaient et avaient appris par de rudes épreuves à s’estimer mutuellement. Le Drapeau était bien gardé. Certainement il le serait aussi bien aujourd’hui, parce que, sous le feu de l’ennemi, en quelques heures, les grands courages se dessinent, les responsabilités s’imposent et les hommes décuplent leurs forces. Mais, en temps de paix, les vieux sous-officiers, les vieux soldats manquent, qui enseignaient aux bleus la religion du Drapeau,

religion qui en vaut bien une autre, surtout à une époque où il est de bon ton d’afficher qu’on n’en a aucune.

Je voudrais que, dans les écoles, sans parti pris politique, les maîtres racontassent ces légendes touchantes du Drapeau, légendes qui font pleurer les gens de cœur et certainement enthousiasmeraient les enfants. J’en pourrais citer cent, si la place ne me faisait pas défaut, et je suis convaincu qu’il y en a d’autres que je ne connais pas.

Certains colonels prescrivent aux capitaines — et c’est un

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