‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 171 sur 184 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

municipales à me rendre à Spencer-House. À mon arrivée à l'hôtel, une surprise m'attendait. Les habitants s'étaient réunis pour fêter le canot de papier, aussi bien que son propriétaire, et lui exprimer les sentiments de sympathie qu'eux, gens du Sud, éprouvaient pour leurs amis du Nord. L'hôtel était décoré de drapeaux et d'emblèmes de verdure, et sous ‘un de ceux-là, on lisait ces mots, ingénieusement tracés à l’aide de fleurs : « Cent mille bons souhaits de bienvenue! »

Le maire et ses amis m'ittendaient sous la véranda de l'hôtel. La longue avenue d'arbres resplendissait de brillantes lumières, et la musique retentissait dans l'air de la nuit. C'était une retraite aux flambeaux venant de la rivière, et portant sur un brancard orné de lanternes chinoises et de guirlandes de laurier, le petit canot de papier. Venaient ensuite les membres du Base-ball-club, vêtus de lear riche uniforme, qui portaient la Maria- Theresa, tandis que les mariniers de la flotte des radeaux, avec des drapeaux de plusieurs nationalités, formaient l’arrière-garde.

Quand la procession arriva devant l'hôtel, je fus salué de trois salves de hurrahs, poussés par l'assistance, après quoi le maire lut l'adresse de bienvenue qui uv'était présentée au nom de la ville. J'y répondis nonseulement en mon nom, mais aussi au nom de tous ceux de mes compatriotes qui désirent l'établissement d'un gouvernement respectable et honnète dans toutes les parties de notre chère patrie. Le maire, M. Arnow, me remit une copie du discours qu'il venait de prononcer; il invitait tous les gens industricux du Nord à fonder des

établissements à Sainte-Marie, promettant qu'il serait pris des mesures pour encourager la fondation de manufactures, etc., etc., par les capitaux du Nord et par le travail du Nord. Après la remise de l'adresse, la femme du maire me présenta deux bannières au nom des dames de la ville, ouvrage qu'elles avaient brodé ellesmêmes en mon honneur, et qui fut reçu avec la plus vive reconnaissance par l’heureux destinataire.

Après que ces gracieux souvenirs m'eurent été remis, chaque dame et chaque enfant présents déposèrent dans mon petit canot un bouquet de fleurs cultivées dans les jardins de la ville, et la Maria-Theresa reçut quelque quatre cents de ces aimables témoignages Ge la bonne volonté de cette population hospitalière. Non-seulement les habitants de Sainte-Marie rivalisèrent entre eux pour faire au voyageur solitaire une vraie réception comme on sait les faire dans le Sud, mais M. Curtis, un Anglais qui s'était fixé dans cette ville, séduit par le beau climat de la Géorgie, fit tout ce qui dépendait de lui pour montrer l'estime où il tenait le canotage, en se mettant à la tête de la manifestation des bateliers et de la troupe qui portait les drapeaux de la procession.

; de quittai Sainte-Marie avec un vif désir de revoir un | jour ses environs pleins d'intérêt, et d'y étudier le climat ! | de la Géorgie du sud; car, c'est chose étrange à dire, À \jamais aucun cas de fièvre n'a pris naissance dans la 1 ville même. On peut se rendre à Sainte-Marie par les ! bateaux à vapeur de l'intérieur, ou par le chemin de # fer jusqu'à Fernandina, à laquelle ville il est rattaché M par un bac à vapeur d’un parcours de huit milles,

Page 1