‹ En canot [microforme]Chapitre 12 sur 22 · CE · texte numérisé non relu

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mythe, comme on en trouve à l'origine de tout pays; ou s’il a existé, ce fut une incarnation de Satan qui a été détruite.

Nous doublons la pointe, et devant nous s'étend une baietrès profonde. Que feronsnous? Cinglerons-nous en droite ligne vers cette autre pointe lointaine où scintillent quelques lumières, et qui est la Pointe Bleue ?—Ou bien, cotoierons-nous le rivage jusqu’au fond de cette grande baie ?

Ce dernier itinéraire est bien long et nous causera deux heures de retard ; mais le premier serait dangereux, si le vent

s'élevait !

Les sauvages parlementent, et après” échange de phrases dont je n'ai pas com-

pris un mot, mais dont j'ai bien saisi le

sens, nous nous lançons en droite ligne vers la Pointe Bleue.

SUR LE LAC 17 | gine de Les avirons travaillent, et les canots une in- Mvolent. La nuit s'avance, et le ciel est |

“Miparsemé de myriades d'étoiles. Une au-

ant nous rore boréale danse au firmament, et jette 1

ï l on

idée - Mdans l'admiration mon compagnon de ca- |

ite ligne ot, qui n’a jamais rien vu de semblable, ÿ] æ)]

où scin- le me laisse aller à une somnolence déli-

ai est la ieuse, et dans l’autre canot M. Jannet

ons-nous Mort depuis quelque temps du sommeil du

> grande MSIE. il | Mais j'observe que la vague clapote 1)

long et

Druyamment sur les flancs du canot. Le ci ard ; mais |

ve nt fraîchit, et bientôt la lame s’enhardit Al

i le vent Sauter pardessus les bords et à jaillir

squ'à nos têtes. ‘]

F et après : 1 S 4} ) Les sauvages parlent entre eux, et après d

uelques £azakoa, mot qui signifie prenons

rde, nous rebroussons chemin et ga-

hons le rivage. Bien à regret, il faut se

ke

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ns

décider à faire le tour de la grande baie ; mais nos vaillants rameurs ne se lassent pas.

Ah! lecteurs, c'est alors qu'il eut fallu voir Tienniche, sombre et solennel, se détachant sur le fond gris du grand lac, la

tête nue et profilée dans la clarté des étoiles, l'œil fixé sur la pince du canot et

sur la vague lointaine, les pieds alertes et

toujours prêts à sauter à l’eau pour éviter un choc!

On parle beaucoup d'Ayoob Khan qui vient d'anéantir un régiment anglais sous les ordres du brigadier général Burroughs.

Mais que cet Ayoob Khan serait petit à côté de T'ienniche, l'inspiré !

L'Inspiré, c'est le titre que je lui ai

donné ce soir-la, etil en avait vraiment l'air.

À SUR LE LAC e baie; M Au fond de la baie, nous entendons le lassent M bruit d’une chute, et bientôt nous distin- “0 guons au milieu de la sombre verdure des eut fallu M bois un large sillon blanc qui se précipite L se dé- M du haut d'une montagne. Quelle Perrette LL k

| lac, la 0 répand donc ainsi son pot de lait, en saurté des M tillant de rochers en rochers? C'est la

canot et Ouiatchouan mot sauvage qui signifie

lertes et | lueur où blancheur.

Jour ÉvI- Nos rameurs sont infatigables ; mais la

vague et le vent sont contre nous, et re-

han qui ltardent notre marche. Tienniche semble

D. Su ais sous .Simpatienter, et ses grands coups d’avi-

rroughs. MION nous font prendre les devants.

it petit 1

Il était près de minuit quand nous descendîmes sur la grêve de la Pointe Bleue.

je lui ai Un quart d'heure après, le vent soufflait avec une rage qui déracinait les

grands arbres,

vraiment M

Se op Er En meme 7 ms fire eg lon ere PL CIAN ue M Te I so re Tr. :

Chez les Montagnais

[l va sans dire qu'à la Pointe-Bleue, . A

omim: ailleurs, le presbytère fut notre

hôtel—et dans ces endroits éloignés c’est

resque toujours le meilleur hôtel. Le

IR'v. M. Lizotte nous attendait, mais à j4

meilleure heure, et il se montra fort

aimable pour nous.

Le lendemain matin dès 7 heures, le P.

. Lacasse prit le devant en voiture pour se rendre à la Pointe des Sauvages qui se trouve à quelques milles plus loin, et vers 8 heures nous partîmes nous-mêmes en

canot.

Il faisait encore une jolie brise ; mais elle était favorable, et nos rameurs méti1morphosèrent nos couvertures en voiles, et

laissèrent dormir leurs avirons.

Les canots s'élancèrent en avant, en effleurant l'écume des vagues, et moins d'une demie-heure après nous arrivions à la Mission, composée de petites maisons, de cabanes et de tentes groupées autour

de la Chapelle.

Presque toute la tribu-hommes, femmes

et enfants—se trouvait réunie sur la grêve,

et notre arrivée fut saluée par des accla-

s, le P.

pour qui se et vers

mes en

; mais

s niéti-

oiles, et

vant, en t moins rivions à maisons,

s autour

, femmes la grève,

es accla-

mations et des décharges de mousquette-

rie.

. Nous sautons à terre, et nous suivons le P. Lacasse à la chapelle, en distribuant à droite et à gauche une multitude de couci, seul mot sauvage que nous connais-

sions, et qui signifie 4ozjour.

La chapelle est déjà à demi remplie de sauvages, et ceux qui ne peuvent pas trouver place à l'intérieur s'échelonnent

sur les marches du £erron.

Le P. Lacasse dit la messe, pendant laquelle un chœur de montagnais et de montagnaises chante des cantiques. J'emprunte de mon voisin le livre des cantiques montagnais, et un instant après M.

de Foucault et moi joignions nos voix à celles du chœur, et chantions vaillamment le refrain :

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