LP MAI RS RE 228 AA IS DE TETES
Auotshish tshitshi tua Mari
Ni meruau n’teiro.
Après la messe, sermon en montagnais
qui nous parut fort touchant. Je ne ba-
dine pas, le ton du prédicateur et lattitude des sauvages trahissaient l'émotion.
De fait, ce discears était un adieu : car les sauvages vont repartir pour la forêt et leurs chasses lointaines, et ne reviendront aux bords du lac qu'à la fin de juin de l’année prochaine ; quelques-uns sans doute ne reviendront jamais.
À la porte de la chapelle, le P. Lacasse nous présente à quelques Montagnais et Montagnaises, et leur traduit les observa-
tions que nous faisons.
Nous avons remarqué quelques femmes assez jolies, et l’une d'elles, vraiment belle, mariée depuis quinze jours à l’un de nos canotiers. Elle portait une jupe
nt
\ynais 1e bal'atti- 1otion.
car les rêt et -eviene juin s sans
acasse
nais et bserva-
femmes
raiment
à l’un
ne jupe
de flanelle, un mantelet d’indienne, et un | mouchoir rouge et jaune enroulé autour ) de la tête, et attaché de manière à former
près des tempes de singulières oreillettes. A |
Malgré cette toilette, dénuée de toute coquetterie et d'élégance, cette Monta-
| gnaise, avec sa grande taille, son port de | | reine, sa figure intelligente et légèrement | inarquoise, ses grands yeux noirs expri- “mant un mélange de candeur et de curio- |
sité, son teint animé et très peu bronzé, ette femme, dis-je, était vraiment remar-
quable.
La montagnaise a bien des qualités
qu on ne trouve pas toujours chez la femme ivilisée.
Je ne vanterai pas sa culture inteliecftuelle, et je ne dirai pas non plus avec (] + Molière :
CS
qe
PORT TAEANT ..-....qu'une femme en sait toujours assez Quand la capacité de son esprit se hainsse
A connaitre un pourpoint d'avec un haut-de-chausse,
Mais l'esprit peu cultivé de la monta-
wnaise est très soumis à son mari, et ne le
contredit jamais.
C'est d'autant plus méritoire de sa part # que le Montagnais n'a pas de barbe, etln
ne peut en conséquence dire comme nous:
Du côté de la barbe est la toute puissane».
Elle parle très peu d'ailleurs, presque toujours pour dire quelque chose, et seu lement en Montagnais. Je vous laisse à décider si c'est un avantage sur la femmi civilisée qui parle généralement plusieur:
langues, hélas !
Elle ne lit pas de romans, elle n’en écri
pas. et qui mieux est—elle n’en fait pau
panne tone ae ne
jours assez M Ceux que Chataubriand et tant d’autres
; | après lui ont publiés sur les femmes sau-
de-chausse.
À vages sont invraisemblables. Ils leur ont
tout simplement prêté les passions de
onta- f qe } ah l'homme civilisé. | i, et ne le ja Elle ne va pas au théâtre, et les seules pièces qu'elle s: permette d'admirer sont | de sa part es féeries de ses rivières, de ses lacs, de |!
barbe, et
ses montagnes et de ses grands bois.
mme nous: Elle est d'une humeur égale, jamais 1 nn ès séduisante, mais jamais maussade, 1 amais très gaie, raais jamais bourrue. j
rs, presquié Dans un moment de colère, provoqué 1
se, et sel
ar quelque dureté du mari—car le mari
us laisse à
aontagnais n’est pas un ange de douceur
ir la femini
| omime le mari civilisé—elle serait capable nt plusieur
de lui administrer un bon coup de cou-
eau. Mais elle ne pourrait jamais lui don-
le n’en écri ’en fait p&
her des milliers de coups d’épingle comme (1
>nt tant de femmes charmantes, +
ee ne em me ne
Elle ne ruine pas son mari en frais de toilette, et vous reconnaitrez qu'un foulard d’indienne autour de la tête est un chapeau économique. Au reste, elle a une chevelure énorme et pas un faux cheveu.
Si elle fait souvent les mêmes travaux que l'homme, tels que manier l'aviron, fabriquer des canots, des paniers etc, etc., etc.
ce i.’est pas qu'elle prétende—comme la femme civilisée à l'égalité des sexes, mais c'est par obéissance ou dévouement. La nature elle-même lui indique sa place et son rôle : elle lui enseigne que la femme qui réussit à s'élever au-dessus de son sexe n'est toujours qu'un petit hom:e.
Le comte—qui prétend parler le montagnais mieux que moi—a voulu men donner une preuve en disant à une petite fille : Zskguésis, ousham tt melochin ! ce
qui veut dire “Petite fille que vous éles M
ne ee ne eee me
er
2e meme siege
Dr rem mmme L
CS
rais de charmante !/ L'enfant a éclaté de rire, et
in fou- s'est sauvée en rougissant vers un groupe es6un de ses compagnes, auxquelles elle à paru 3 e à une | raconter la chose. : 1] cheveu. 4$ :
— Vous voyez biën qu’elle a compris ? | aux que | me dit le comte. | n, fabrietc., etc. — La belle preuve ! Comme si les fem- Hiné la |mes ne comprenaient pas les compliments es, mais Idans toutes les langues ! Vous lui auriez | ; , À ‘à 4 . . û . . Fr ant La dit cela en syriaque, qu'elle aurait ri et | place et ougi tout de même. À | femme Je crois donc que sur ce point la mon- 1 Xe . | dr: 1} et jagnaise ressemble aux femmes civilisées.
‘est par là que l'on retrouve encore chez le mon- elle la fille d'Eve. | ulu m'en bras , | | Après avoir causé quelque temps avec ine petite
" es chefs de la tribu, nous servant du P. :] chin / ce | 4 sacasse et de Patrick comme interprètes,
hous sommes invités par M. Otis, agent
mt AT
vous êles
du gouvernement, à nous rendre chez lui, et nous prenons un excellent déjeuner.
L'appétit satisfait, nous délibérons. Irons-nous plus loin, ou reviendrons-nous sur nos pas ? Hélas! nous aurions bien voulu faire le tour du grand lac, mais déjà nous sommes en retard, et quelques heures de grand vent suffñraient à nous faire manquer le bateau de Chicoutimi, et par suite le steamer transatlantique que doi-
vent prendre MM. Jannet et de Foucault.
Cependant M. Jannet désire beaucoup
voir les grands tributaires du Lac, ou l’un
d'eux, et nous décidons que nous pour-
suivrons notre course jusqu'à la rivière Mistassini, dans laquelle nous remonterons quelques milles, et que nous revien-
drons le soir coucher à la Pointe Bleue.
Nous reprenons donc les canots, après
avoir échangé l’un de nos canotiers, moins
a —— re —
ez lui, fort que les autres, contre le colosse Tho-
ef. "HU machiche, et nous cinglons vers le nord.
| | Érons. Le vent est contre nous, mais il n'est } s-nous M pas trop lourd et nous filons très-bien. ll s bien "Ni Malheureusement le septentrion se couvre
is déjà de nuages, et les sauvages hochent la tête
heures d'un air inquiet.
is faire et par
doi: # ; 2 [ue “7 quelques minutes la tente est dressée, et
Î Moins de deux heures après, l'orage est | imminent. Nous gagnons le rivage, en
kb. ee
oucaul nous y entrions à peine que la pluie tom. 1L
uy l
eaucoup Mbait par torrents. j
, ue L
ul | un ; D À . 101
ie Le ciel s'éclaircit et nous reprenons l is pour- s ï
P % otre charmante navigation. Les chan-
; riviere ’ . , (Q !
sons s harmonisent avec les coups d’avi- il
monte- 1
Fe ron et le clapotement des vagues. M. Jan- 1h
revien- . è Fi
: net lui-même commence à gouter cette t4
e Bleue. 11
Imusique-là, et si ce n'était parti pris chez bts, apres
blui il avouerait qu’il est sous le charme.
rs, moins à
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L'embouchure de la rivière Atikouapé s'ouvre devant nous, et plus loin un enfoncement sombre nous annonce Mistassini, avec ses rivages plats, où s'étendent de vastes forêts vierges.
Mais tout à coup le vent du nord, rasant la cime des grands bois se précipite sur le lac. Pendant quelque temps nous lui tenons tête, mais il devient bientôt d'une telle violence, que nous n’avançons presque plus maloré les efforts de nos rameurs.
Oh! Le lac St. Jean! Il est beau, très beau sans doute. Mais il faut s’en défier comme on se défie d’une belle femme. Il a des caprices et des changements d’hu-
meur surprenants, Il vous sourit, il vous
berce, il vous cajole avec une coquetterie
toute féminine ; et tout-à-coup le traître se
Louapé un en- Aistasendent
>rd, rarécipite ps nous bientôt vançons
nos ra-
eau, très in défier mme. Îl nts d’hu-
il vous
quette rie traître se
hérisse, grimace, mugit comme un sauvage— pardon, bons montagnais—j'ai voulu dire, comme un iroquois !
«. Heureusement, à l'endroit où nous 7 sommes il n'a pas de profondeur et nous pouvons nous moquer de sa rage; car à plus d'un demi mille du rivage nous au-
4 . « e ? ® LE" Le rions à peine de l'eau jusqu’à la ceinture.
La vague n'est donc pas forte, mais le | vent souffle avec une telle furie que l’eau
poudroie comme la neige folle de nos hivers.
| À notre grand regret il faut dire adieu )à Mistassini et virer de bord. Mais en re- Pvenant vers la Pointe-Bleue le lac se
creuse, la vague grossit et nous prenons
bientôt un bain de siége au fond de nos canots.
. La Pointe-des-sauvages est devant nous,
— + es; rimes PÉTER NE CA