‹ En canot [microforme]Chapitre 9 sur 22 · EE · texte numérisé non relu

EE

Vous dont l'amour soutient les élans généreux,

Et dont les yeux perçants voient l’univers sans voiles, Si vons ne pouviez pas sauver ces malheureux,

Au moins avez-vous dû voir ce drame sublime,

Et sans doute qu’alors vous avez tous pleuré.

Kervilo d’un seul bond s’élança dans l’abîme :

‘€ Jeanne portez Marie et je vous porterai, ” Cria-t-il, en offrant l’appui de son épaule A celle dont les bras tenaient toujo 1rs l’enfant ; Et d’une main nageant, fendant la vague folle, De l’autre il soulevait son fardeau triomphant. Qu'il était beau de voir sur la vague profonde Ce groupe naufragé luttant contre la mort !

Tout ce qu’il possédait de plus cher en ce monde Kervilo le portait dans un suprême effort.

Sous ce fardeau trop lourd il surnageait à peine, Mais l’amour soutenait ses membres fatigués ; Sa tête ruisselait, et la mer inhumaine Couvrait de temps en temps les trois infortunés, Cette lutte d'amour fut longue et palpitante.

Mais enfin Kervilo tomba d’épuisement ;

Il étreignit encor sa femme haletante,

Et résistant toujours enfonça lentement.

Jernne flottait encor sur la mer en furie, Mais bientôt elie dût dispraître à sou cour, Puis enfin l'Océan vint engloutir Marie,

Jetant à sa patronne nn dernier cri d'amour.

Soudain, dans les hauteurs des voutes éternelles, Il sembla qu’un éclair ouvrait le firmament.

Le nuage brilla de splendeurs immortelles, Et l’on vit, au milieu d’un éblouissement, Descendre sur la mer une Dame éclatante.

C'était la Vierge Sainte, espoir du naufragé ; Elle avait vu flotter sur la vague écumante Comme un lambeau d'azur à demi submer;ré.

Et le flot vit alors la vision céleste S’incliner et saisir le précieux lambeau, Essayer d’arracher d’une main forte et leste

Son enfant bien-aimée à l’humide tombeau ;

Mais le fardeau parut d’une lourdeur extrême. La Vierge, souriant alors aux flots glacés, S'élança de la mer d'un coup d’aile suprême, Et posa sur le sol trois êtres enlacés,

L'époux tenant sa femme, et Lx mère sa fille, Trinité de vivants, mais unité d'amour, Grappe humaine admirable, idéal de famille T'el que Dieu le voulut créer au premier jour ! Et Marie abuissa des yeux pleins de tendresse Sur ses trois serviteurs, encore évanouis ; Elle fit à l’enfant une douce caresse,

Et, relevant enfin ses regards éblouis,

Elle reprit son vol vers la sphère immortelle,

Le lendemain matin l'enfant, à son réveil, Accourut vers son père : “ Et La Mauve” ? dit-elle. ‘ Elle dort sous les flots deson dernier sommeil, ” Dit Kervilo songeur, mais oublions la morte,

Elle avait fait son temps et gagné son repos.

J’en veux bâtir une autre, et plus grande et plus forte,

Et plus agile aussi pour courir sur les flots.

Je la vois déjà faite ; elle est déjà chérie,

Et toi-même bientôt, enfant, tu l’aimeras, Car je lui donnerai le beau nom de Marie!

—Et le père étreignit sa fille dans ses bras.

Cette lecture rendit tout le monde sérieux, et M. Hébert nous fit ensuite une causerie sur la colonisation du Saguenay.

C'est un sujet qu'il connait, et qu’il affectionne.

Je ne suis pas bien sûr de n’avoir pas

chanté une chanson pour clore la séance, et....endormir notre président.

Ah! sile Père Lacasse avait été là !

C’est lui qui aurait clos le concert !

St. Jérome.

À partir d'Hébertville la route est encore accidentée de grandes côtes et de petits lacs. Mais au loin le sol s’aplanit, et l’horizon S'élargit. De belles terres en bon état de culture s'étendent. de chaque côté du chemin.

ST JÉROME an Ed

C'est dimanche : il fait beau et le

SOnS proprettes Sont e

——— Do nan"

S main fête. Toutes les Portés Sont ouvertes, et de fants gras et joufflus s'ébatte | rons. Le teint bruni de | chez eux l'amo |

nombreux ennt sur les perleurs fivures dénote

ur du soleil, et l'horreur des

ch

peaux, De temps en temps Controns des Sroupes d'}

NOUS ren-

10ommes, de femmes, de jeunes gens qu

grand'messe, et qui affabilité,

i s'en vont à la nous saluent avec

Bientôt les habitations deviennent plus rares, @t les grands bois se rapprochent.

D Le chemin tourne à angle droit,

et nous | l'avons à peine Suivi dix minutes quenous JS

t | arrivons au SOmmet d’une colline, d'où le jl plus beau Spectacle s'offre à nos regards. j ' L'église de St-Jérôme se dresse devant à nous à quelqu

£S pas, et un peu plus loin,

es maiites les eux enles perdénote eur des us rene femnt à la

it avec

it plus

bchent.

nous

e nous y «

où le

ards.

evant loin,

sous nos pieds, un immense miroir d’'ar-

gent encadré d'azur s'étend à perte de

Page 1