IDOLES CHINOISES QUI DISTRIBUENT LES FILS ET LES PETITS-KILS
authentiques les splendides monuments d'une antiquité qu'en Europe on serait tenté d'appeler fabuleuse. » En effet ces tablettes donnent les noms de plusieurs ancêtres contemporains d'empereurs qui ont régné plus de trois cents ans avant Jésus-Christ.
Malheureusement ces traditions de la famille, en s'éloignant de
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leur source première, se sont corrompues ; elles se mêlent à des pratiques de superstition ou d'idolâtrie auxquelles un chrétien ne peut se soumettre. Et le voilà obligé de choisir entre sa famille et sa religion. Il s'est rendu, comme tous les siens, au temple des ancêtres ; son tour est venu de faire la prostration, non seulement devant les aïeux, mais aussi devant les dieux tutélaires du foyer et du pays, c'est ainsi du moins que son acte est interprété. S'il se prosterne, c'est un idolâtre et un apostat ; mais s'il ne se prosterne pas, très souvent ce sera un banni, un homme que la société familiale — la seule où il puisse vivre — a rejeté de son sein. Lorsqu'il sollicite le saint Baptême, l'homme que la grâce divine a touché n'ignore pas qu'il appelle et qu'il déchaîne sur sa demeure, paisible jusque-là, une violente tempête ; que tous ses parents seront autant d'ennemis déclarés et que, pour échapper à leurs persécutions, il n'aura d'autres ressources que de fuir la terre natale. En de telles conditions, l'héroïsme est nécessaire aux chrétiens ; mais l'héroïsme n'est pas chose commune ... ; est-ce seulement en Chine?... < Chaque famille, chaque village forme une masse compacte qu'il est bien difficile d'entamer ; chaque particulier est comme enlacé dans un filet d'usages séculaires '. » Rompre ces mailles étroites, c'est changer toute sa vie et la rendre comme impossible. La superstition, comme il arrive ordinairement, remplace la Religion, et rien, jusqu'à nos jours, n'a même ébranlé son empire. Tout lui est permis, tout lui est possible. Elle répand à son grêles inventions les plus fausses, les plus déraisonnables ; on les accepte, on les propage ; elle demande sapèques et ligatures, on lui apporte sapèques et ligatures ; libre à elle d'imposer n'importe quels sacrifices, n'importe quelle pénitence. Elle sera obéie à l'instant même, sans plainte, sans murmure. Pendant que j'écris, disait un missionnaire, j'entends, dans une cour voisine, comme un coup de maillet donnant sur un objet dur. C'est une pauvre mère dont le fils est
r. Lettre du P. Cordier au R. P. Provincial. Corresp. de Jersey, 1890, p. 59.