‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 12 sur 284 · K N CHINE · texte numérisé non relu

K N CHINE

arbre n'est is(i!e. [uis une h.uissc, saillaïUt'. ttnitt> la hcauté du

[Kivsam' liriu clans la ciniknir. clans Icclat... clans la pureté du

cit'l. clans I'cjUmuIuc des li!;ncs et dans leur lixite; inebr.uilable )^ .

( ettc? inipressicin s'est iortitide chez les voyageurs à qui les circonstances ont permis de remonter [)endant cpieUiues heLU^es ou (|uc-lc|ues journées le cours du Xil. Sous l'empire! d'un sentiment relii^ieux, ils marcliaient dans ces campas^nes cjui, à tra\'ers tant de siècles, conservent, sans \v. briser, le cadre des "grandes scènes de la liible et de l' b'wm^ile. CcH ànon. conduit par un lellah ou par une jeune temme \etuc' comme devait l'ètrc! la Bienheureuse \ ierm- Marie, n'est-il pas charL^è du di\in er.fant 1" . . . A cette corbeille c]i:i llotte sur ie Xil et descen.l \-ers ]\Iem[)his. est-ce qu'une pauvre mère n'<i point confie l'e.xistence de son [jetit Moïse ?...

Lorsqtie la nature change >i [jeu, on croit moins aux changements du temjjs et de 1 histoire. Avec une impassibilité dédaigneuse, le lleuve roule se.-i eau.\. pleinc^s d'un limcjn géiiereux, au pied des palais en ruines rjuc jadis Sesostris remplissait de sa gloire. Les niemc-s honneurs l'accueillent : il est reçu [lar les inhdèles comme un 1 )ieu, par tous, comme un roi : ils attendent leur richesse de sa magnu'icence. < hi sait I heure (jii il \-ientavec tme (exactitude royale ou sidcrab-. Longtemps à lav'ance , le [peuple, massé sur les rives, salue le passage du /•";'>/ de ses acclamations joyeuses, de ses chants, de ses jeux. Mahomet n'tjnteiid iamais atitant de louanges. PourqiKji ne \ ont-elles pas à celui qui ordonne aux pluies équatoriales de remplir les lacs oii s'alimentent des sotirces longtemps mystérieuses .■'

Si curieux rju il soit a étudier, le Xil ne saurait retenir les missionnaires, ils descendent vers Aden r.n traversant la Mer Ixouge. Ordinairement c'est une; fcjurnaise. Le Ca[jitaine recommande aux passagers de se détendre ctjntre l'ardeur du scjleil, et [jour montrer, par un exemple sensible, rpie son conseil i-st opportim, il ajcjute

qu'à chaque traversée — il en a fait de quinze à vingt — il dut abandonner aux flots quelques victimes d'insolation. Cependant toutes les précautions sont prises : des toiles s'étendent sur le navire et suivent les bastingages. Des Chinois, gravement assis, agitent au-dessus des têtes un large éventail qui renouvelle l'air des salons. Tout travail est impossible, et la nuit se passe à contempler la lumière des étoiles ou celle des vagues phosphorescentes.

Le matin apporte un peu de fraîcheur et de sommeil; un coup de canon réveille les dormeurs : on est en face d'Aden à 300 ou 400 mètres du rivage et de son rocher brûlé par un été perpétuel que la pluie du ciel ne rafraîchit presque jamais. Aussi les Portugais, par un travail effrayant, ont-ils, dès les premiers temps de leur domination, creusé de vastes citernes dans la pierre. Ils y recueillent jusqu'à la moindre goutte d'eau et la gardent dans ces réservoirs où, grâce à la profondeur des parois et à l'obscurité, elle reste des années sans se corrompre. Une lumière éblouissante, incomparable, environne toute cette masse, fouille les moindres recoins, les fait saillir en jets de couleurs, et répand sur les pentes ardues des tons laiteux et azurés. C'est une fête pour les yeux ; mais les adolescents du pays en offrent une autre plus intéressante. A peine le navire a-t-il été signalé, que, détachant leurs pirogues, ou se mettant à la nage, ils accourent à sa rencontre ; bientôt ils l'environnent de toutes parts et se jouent dans la mer avec une grâce et une agilité merveilleuses. Ils crient ou ils chantent : Oh! oh ! oh !... à la mer, à la mer!... Cela veut dire : jetez, jetez à la mer une pièce ou une piécette de votre monnaie. Aucune n'a le temps de toucher le fond ; elle est saisie par l'un des plongeurs qui reparaît bientôt, fier de son butin et se dispose à recommencer sitôt qu'il a ouvert sa bourse, c'est-à-dire sa bouche, pour y garder le prix de sa victoire. Les passagers sont-ils fatigués, n'y a-t-il plus rien à recevoir; les jeunes nageurs ne perdent pas leur gaîté. Ils se poursuivent avec des cris joyeux, passent sous les barques et les

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