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CHAPITRE IV

L'EMPIRE DU DEMON

saint Baptême, que ne sera-t-elle pas dans un pays infidèle ? Là, Satan n'a-t-il pas « ses autels et ses temples, ses mystères et ses sacrifices et les ministres de ses impures cérémonies qu'il a rendues, autant qu'il a pu, semblables à celles de Dieu ' » ? Les anciens missionnaires de la Compagnie ont constaté ce pouvoir du Méchant plus grand au delà des frontières de la chrétienté. Le P. Fouquet, en écrivant à Monsieur le duc de Feltre au sujet des interventions diaboliques, lui disait : « Les infestations des démons sont assez ordinaires à la Chine comme généralement dans tous les pays où Jésus-Christ n'est point connu ; ce qui n'est pas une petite preuve de la victoire que le Sauveur du monde a remportée sur l'enfer ^ » Celte histoire d'ailleurs a été racontée dans l'Évangile et tout ce que nos missionnaires ont dit de l'œuvre du démon ne paraîtra souvent qu'une redite et en quelque manière, une copie du livre sacré. Les manifestations de l'Esprit du mal ont le même caractère de perversion et de malice. On sent la même haine et la même superbe, la même puissance et aussi la même faiblesse ; une égale crainte de la Rédemption et une égale nécessité de lui rendre témoignage. En Chine, comme en Palestine,lesmêmes armes servent au démon. Parce que l'homme est charnel, il le tente par les sens, et les chaînes impures lui semblent les plus solides ; parce que luimême est un esprit, il embarrasse ceux qu'il attaque par les arguments les plus déliés. Tantôt il est seul, tantôt il s'appelle légion. Il part et il revient. Un mot parfois suffit pour le chasser, et parfois il tient tête à la puissance de l'Eglise la mieux déclarée, si bien qu'on s'étonne également des défaites qu'il subit et des victoires qu'il remporte. Par goût et par dépravation il ment, le nom de Menteur est le sien par excellence, et cependant cette même bouche qui vomit habituellement le mensonge, s'ouvre aussi pour confesser la vérité, soit qu'une puissance supérieure l'y oblige, soit qu'il trouve

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