‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 126 sur 284 · CHAPITRE IV. — L'EMPIRE DU DÉMON · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — L'EMPIRE DU DÉMON

bizarre, elle perdait tantôt la vue et tantôt la raison ; il lui arrivait

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même de ne pas reconnaître ses enfants parce que ses yeux étaient voilés ou que le son de leur voix lui paraissait étranger. Un médecin,

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appelé par les parents, constata l'impuissance de son art en ajoutant : c'est un mal qui réclame l'intervention des chrétiens et il ne sera guéri que par le baptême. A cette déclaration, les démons se lamentaient. «Oh! disaient-ils à cette femme, que nous sommes malheureux, nous allons être forcés de descendre en enfer. Voilà le Père qui vient, tu vas recevoir le baptême. Oh ! prends donc un peu pitié de nous. » Dans nos anciennes missions le pouvoir des chrétiens était également reconnu et même réclamé par les idolâtres. Voici encore un fait emprunté au P. Fouquet ' :

Une famille païenne subissait une singulière persécution. Des mains invisibles brisaient et renversaient les meubles. Tantôt un grand feu s'allumait subitement dans une chambre, tantôt des figures monstrueuses s'attachaient aux murailles. Le chef de la famille n'omit rien de ce que peut suggérer la superstition la plus aveugle pour se délivrer de ses hôtes dangereux. Il s'adressa d'abord à une espèce de bonzes adorateurs de l'idole Foé ; leurs cérémonies ridicules furent toutes inutiles. D'autres vinrent dont on disait merveille. Ils furent reçus dans la maison infestée, par une grêle de pierres qui tombaient sur eux sans que l'on pût découvrir ceux qui les lançaient. C'était chaque jour une nouvelle comédie et une nouvelle dépense. Un chrétien voyant toutes ces extravagances, se prit à dire: « Qu'on est à plaindre dans cette maison ; on y donne beaucoup d'argent en pure perte. Si l'on avait recours au Dieu des chrétiens. Souverain Seigneur du ciel et de la terre et la terreur des démons, on aurait bientôt la paix sans qu'il en coûtât la moindre chose. » Une bonne parole n'est jamais perdue ; personne cependant ne paraissait faire attention à celle-ci ; mais elle avait frappé la victime de Satan. Ce pauvre homme souffrait de tels tourments, qu'une nuit, n'y tenant plus, il court à la maison du charitable chrétien, et par ses vives instances l'oblige à le suivre chez lui. Le fidèle, armé de son chapelet et de l'eau bénite, se confiant uniquement en la

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