I. Lettres édif., t. XXXV, p
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ruisseaux souterrains... De là vient cette coutume des premiers chrétiens de les purger et de les sanctifier par le signe de la croix, comme par un très saint exorcisme '. »
Le démon en convient lui-même, et le P. de Chavao'nac l'écrivait au P. Fouquet ' : « Une jeune femme tomba dans une maladie extraordinaire ; dans de violents accès de fureur qui la prenaient soudainement et quand elle y pensait le moins; elle disait qu'un homme qui était à la campagne lui parlerait de la religion chrétienne ; une autre fois elle dit que des catéchistes viendraient un jour qu'elle désigna et qu'ils jetteraient d'une certaine eau sur elle et sur toute la maison, prévisions qui ne tardèrent pas à se réaliser. En même temps elle faisait le signe de la croix avec un air de moquerie, ou bien elle faisait semblant d'asperger d'eau bénite les assistants. Ce sont, disait-elle, choses que je crains comme la mort. De fait, quelques bons chrétiens se rendirent dans cette maison avec un crucifix, une image de Notre-Seigneur, des chapelets, de l'eau bénite. La jeune femme fut guérie, elle et plusieurs jeunes gens de sa parenté ou de son voisinage, auxquels elle avait communiqué son extraordinaire maladie par une contagion également extraordinaire.
En de telles circonstances les chrétiens agissent par zèle pour la maison de Dieu et par compassion pour le prochain. Quelquefois leur seule intention est de se moquer du diable. C'était un plaisir pour les séminaristes de Zi-ka-wei dans leurs excursions à Changhai, de troubler les sorciers dans leurs opérations cabalistiques. Il leur suffisait ordinairement de faire le signe de la croix ou de saisir soit un chapelet, soit une médaille. Ces hommes voués aux sciences occultes repliaient leur bagage, les esprits ne répondaient plus à leur appel et ils disaient : il y a un chrétien dans la foule ; nous ne pouvons agir en sa présence \