I. Bouhours, S. J., Vie de S. François Xavier
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CHAPITRK I". — VKRS LA MISSION.
aussi de la confusion, tant cette gloire paraît écrasante pour l'humilité des successeurs. Aux yeux des peuples de l'Orient la
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Compagnie était nimbée d'une auréole de science, de vertu, de piété et un missionnaire dépassait de beaucoup la taille humaine.
« Ce sont de fortes expressions, écrivait le P. Clavelin, à qui elles sont empruntées, mais en y réfléchissant, je n'en trouve pas de plus exactes et elles sont au-dessous de la réalité \ »
Et en effet, par une déplorable exagération d'un sentiment qui fut honnête à son origine, tel missionnaire, dont le nom est oublié depuis longtemps en Europe, reçoit, dans une pagode, des honneurs divins de la part des idolâtres. Il est vrai qu'illes partage avec le démon, ce qui ne doit plaire ni au Jésuite, ni à Satan.
Le Père Poissemeux n'est pas moins explicite ; si l'exemple qu'il cite se réfère à la Malaisie, l'argument n'en est pas infirmé. Sur les côtes de Mindanao, lorsque les insulaires voyaient les missionnaires venir vers eux, ils se mettaient à genoux sur leur passage et les vénéraient comme des anges. Chose étonnante, le respect pour ceux qu'on appelait â's bons Pères était universel, et les païens le ressentaient comme les chrétiens. Aucun n'osait parler à un Père qu'à genoux et en élevant les mains au Ciel pour implorer sa bénédiction. Voulait-on obtenir, même d'un pirate ou d'un bandit, la restitution d'un objet dérobé, il suffisait de dire : il appartient à un Père. Et l'objet était rendu sans plus de contestation '.
Que firent donc ces hommes qui furent nos aïeux et nos Pères pour donner au geste delà Compagnie dans tout l'Orient une telle ampleur et une si parfaite beauté ? Question presque troublante et plus propre à inspirer la confusion que l'orgueil =.
Ces trophées de l'apostolat furent remportés grâce à des secours dont ne se souvient pas assez l'histoire, souvent ingrate et souvent calomnieuse. Elle aime, dirait-on, à orner l'hérésie protestante de louanges qui sont dérobées à la vérité catholique. Plus d'une fois nos Pères se sont inscrits en faux contre ce mensonge qui prend, au regard de l'incrédule, la hauteur d'un dogme. « Coloniser est le privi-