CHAPITRE V
L'OEUVRE APOSTOLIQUE
catéchumènes nous sont amenés par des relations d'amitié ou de parenté. La plupart du temps, ce sont des illettrés, des incapables, des gens sans éloquence qui nous les conduisent.. . Dans mon district, je ne connais pas une seule conversion dont le Père ait été l'instrument direct. On dirait que Dieu se joue de l'habileté des hommes, et se plaît à se servir des instruments les moins propres, en appa-
LE PÈRE MAQUET EN COSTUME D'aPPARAT AVEC UN CATÉCHISTE.
rence, à avancer son oeuvre. En général, le travail du Père consiste à diriger les catéchistes, à recueillir les néophytes, à surveiller leur formation, mais la plupart des conversions sont obtenues sans que nous y ayons travaillé. Quelle est l'explication de ce mystère ? Il n'y en a pas d'autre que les prières que l'on fait en Europe pour la
KN CHIÎN'E.
Ui- leurs iiKLiir.s n de leurs coutumes: si un persévère à les étudier, sans [jarti [jris, bientôt on l'-s comprend, on les admire, on les adop'te. »
\:n ces remarques dont la ijensce entière lui appartient, le !'. l-del n'a [jas ordinairement uistin^ue entre les fidèles et les infidèles, mais ses jjaroles auraient un autre accent s'il ne s'était ajj^i que d.-s chretii-ns et d<- leurs (jualitcs. (jue d'aimables tableaux, que de iiaits édifiants, sous la plume di; nos missionnaires! Le moment \'iendra bientôt de cueillir (juel ques lleurs nées de leurs travaux : toutelois, avant ch- (leman,ler a un soi souvent refraci u're cjnelle moisson il adonne'-, \-oyons c:i)minent il s'est ouvert.
Sous un rapijort k:s [dans d'- M,^r 1 .ai);^ uillat n'ont pas été pleinement sui\'is. ( )n s'est installe dans i'-s L.;rands centres, mais on n'a - uei"e atteint ceux (jue les L h mois appellent li-.^ ■< L^r^uids hommi;s /■. 1 .a ( lass(; inanchirinale et lettrée ne s(- c(au'ertit j)as. luscjiià [présent, elle a dics yeux cjui ne \oient [;as. é!<is or(dlles qui n'iMUendent p.is, et 1 l'.\,uîeil(t n'e^t c;uere reçu (jue jKir les petits et les [pauvres : l'aiif\!\\ i :\'.ni;i/i:.ii:/nr. Les ricf.es Chinois, les [juissants sont plus loin du rox'aunu: des Cnux, on eompriaidi a mieux les terribles ob.-itacles (pii les arrêtent lorsque] on aura \\\ comment se forment les cliretiens et les cliretientes.
Le-, chrétiens se hjnnent par ia c;race dixdne, (jii [jcjurrait pres- (jue dire par la :^"i:ice ilixine tout(' seaile cjui a^jit en si; oassanl des cau-^es in.-,truinentale-s pié\ au m et ordinaires. Sur tel ou tel point 1 on sic;nalera [jeut-e'.re telle ou telle divergence entre les missionnaires ; les mêmes s[)ectacu;s n'atlectenl pas également tous les \eux, m. us, sur ce point de la coinersion, les témoignages sont unanimes, et le P. Xeveux park; ici comme tou^, ses frères :
■■ 11 est \-raiment intéressant de \'oir comment Lieu s'\" prend [jour lUjus amener des catéchumènes. Le ne sont pas no--i beaux S(-rmons <pii c(.)n\( laissent les païens : ce ne sont pas non pltis les prédications en pk in air ou sur les [jlaces publicjnes. Xos meilleurs
CHAPITR1-: V
L'(?:UVRE APOSTdLIQUi:.
catéchumènes nous sont amenés par des rehilions d'amitié ou de parenté. La [)lupart du temps, ce sont d<;s illettrés, des incp-ijahles. des L^ens sans élocjuence cjui nous les conduisent... I )ans mon district, je !ie connais [xis une seule conversion dont le l'ère ait été 1 in-^trument tlirect. On dirait que Dieu se joue de l'hribileté (.l»-s liommes, et se plaît à se servir des instriuiT-nts les moins propres, en appa-
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rence, a avanc<-r son u:uvre. r. n i^eneral, le trav.ul du lere consiste à diriL^er les catéchistes, à recueillir les néoplutes, .'i sur\eilii'!' leur formation, mais la plu[)art des conversions sont obteiuies sans (jue nous v av(jns travaillé. ( )uelle (-st l'e.xijlication de ce m\ stère .'' 11 w\ en a jkis d'autre que les prières que l'on fait en h. urojx,: piuir la
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conversion de ce pays. Je regrette bien vivement de n'avoir pas plus prié autrefois pour la conversion de la Chine ". »
Le P. Leboucq tenait le même langage en s'adressant le lojanvier 1863 aux membres des conseils centraux de la Propagation de la Foi : « Quels sont les moyens ordinaires dont la Providence se sert pour convertir les païens ? Je ne saurais trop vous le dire, Messieurs. Nos courses, nos prédications, nos conférences sur les places publiques et dans les écoles païennes produisent sans doute quelque heureuse impression, font tomber bien des préjugés, mais le plus souvent, pour nous humilier sans doute et nous prouver que nos accents ne sont que des cymbales retentissantes, Dieu semble laisser nos efforts sans succès. Le missionnaire a prêché jusqu'à extinction de voix, le catéchiste est content, la foule paraît émue : on espère des catéchumènes. . . pas un ne se présente ! »
— Ou ceux qui se présentent, disait un autre, ne sont pas les meilleurs, souvent ils ne persévèrent pas. On dirait que la grâce divine est jalouse dans ses opérations. Si les missionnaires n'étaient point là, les conversions n'auraient pas lieu, la Chine ne compterait pas une chrétienté ; mais, tout en étant là, ils répètent l'humble aveu de l'Évangile : se^-vi mutiles suimis. A quoi donc tient la conversion? A un rien, à un accident, à une rencontre inattendue, à une simple parole qui ne visait aucun but; quelquefois, mais, plus rarement à une intervention directe et miraculeuse de la miséricorde infinie.
— L'homme dont Dieu s'est servi pour implanter lafoi dansle midi de la mission, raconte encore le P. Neveux \ est un ancien soldat devenu borgne et vivant difficilement d'un chétif commerce. Venu un jour en ville pour le marché, il aperçut une Croix sur notre maison. Oui habite ici ? demanda-t-il ; — des diables d'Europe. — Et sans plus s'informer, il entra et dit au portier qu'il voulait être chrétien. — Mais tu dois apprendre la religion, dit le portier. —