CHAPITRE V. — L'ŒUVRE APOSTOLIQUE
hommes travaillent, les femmes prient ; elles demandent au bon Dieu que les ouvriers ne s'impatientent pas et ne se disputent pas, que les bêtes ne soient pas blessées '.
Quelques jours avant sa mort, le P. Edel, écrivant au P. Joseph Jenner ^ revient sur un sujet cher à son cœur, il loue les chrétiens chinois qui puisent dans la simplicité et le bon sens de la foi catholique des arguments victorieux contre les calomnies et les
LE P. HŒFFEL.
perfidies protestantes. Les exemples cités par le missionnaire montrent de nouveau l'opposition native et nécessaire entre l'hérésie d'une part, et de l'autre, les enseignements d'une droite raison et les vrais sentiments du cœur.
1. Corresp. th Jersey. Extrait d'une lettre du P. Fourmont, en décembre 1892.
2. Lettre inédite datée de février 1877 sans autre indication et retrouvée après sa mort dans les papiers du R. P. Jenner.
[)ied dis maisons, i-l cuniinf N's iniii'.iilli s n'ctaiL-iU quVii terre ilesséclicc, elles re^vinreni liienii'.i an limon d'où on k;s avait tirées.
Les mandarins, cmiis d.e (-()ni[)assiiin, hrent quelques aumônes : trois ligatures ou six traïus, [)c:)ur reconstruire chaque; chambre écroulée, c'est peu, même eai Chine, car la plus [»auvn; maison ccjule encore au nu'ins uik; \inelaine di; Irancs, mais c'éuut un encouraL;<-menl. 1 )';iilleui's ni !e, threlieiis, ni K; l'ère w- renonçaient à leur entreprise. Les terres mieux en^raissi'i^s recompensèrent les hdïoureui's, le ;-> >1 exhausse |iar des reniMais délendit le pietl des maisons conlre des visites dangereuses, on Hirtitia 1 i grandie digue. Le l'ère lIieMei, .u'cliitecie, lermier, lt:rr.issier, a\ait relevé las ruines... et miei-ix encore, l(;s .unes.
1 )e tels travaux, de tels suci es su[)1)osimU l'enlente durable (;t atiectueuse entre les i'ères et les chrétiens. Ilien des lois cet ,icc(;rtl est signale, c'est un bonheur [unir les mis.^ionnairt-s d admirer chez leurs chrétiens d'humbles c:t gr.mdes vertus. A l'occasion, ils sont généreux. Le iVre l'ounnont écrit i:n tlatedu T' décembre iSo.: : << Xos chrétiens sont ot cupés a (liarrier les briques pour l.i construction de leur église-. Rien île [jIus édiliant, lis (jiit plus de trois cent mille briques à transi)()rl.ei' : to-.is les jours onze ch.u's et trente- (|uatre bouls loin le Iraiet.
<; Pour conduire les tliars, charger les briques, les decliarger, soixante liomme^i soni nécessaires. 1 ous sont pauvres. ( )uel(|ues chars ne, peuvent amener cjue deux cents brifjues en une fois ; les mieux écjuipes en iransjji a'teni (juatn' cents. Pour atteler un seul cliar, on réunit qiiehjuelois des l)(eufs et di:>: ;uies a[<partenant à ciuatre ou cinq lamilles '. ■■ Oue th; sacritice-i pour nourrir les bétes, inlerronqjre le commerce el, [jcjur cliaeun, renoncer a ses occu})ations 1 Les mêmes devront encore, a\ec des bieufs estropiés, clierchei à dix lieues la chaux, les tuiles, l(:s m.utresses pièc(js de bois, lu ils ne s(; deconrag'Mii pas ' Il est \rai que jK-ndanl que les
1 . I , fi , ■/■. ' ■: /■ ; ■ ; . 1'. ■ liail 'i une IlIUc ' ;u I ' I ^ un M.oiit, en lii ' (-m'oïc 1.12.
CHAPITRI-: V.
LYKUVHE A POST(JLIQUE.
liommes travaillt'iit, les HMiiincs prient ; elles demandent au bon Dieu que les ouvric-rs ne s'iin[)atienleiU pas et ne se disputent pas, que les bêtes ne soient pas blessées '.
Quelques jours avant sa niorl, le 1'. Mdel, écrivant au V. Joseph Jenner , revient sur un sujet cher a son c(eur, il loue les chrétiens chinois (|ui [juiseni dans la simplicité et h- bon sens de la foi catholique des arguments victorieux contre les calomnies et les
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perfidies i)rotestant('S. Les excni[)l(:s cités par !<; missionnaire montrent de nouveau l'oi^position native et nécessaire entre 1 hérésie d une [)art, et de l'autre, les eriSeiL,m(,'m(;nts (.l'une droite raison et les vrais sentiments du cieur.
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2. Lettre nicdite datée de Icviier \^^';~ >a\\^ .ititi c indiL.ition et retrotivce apiL^ î.iiiunt dans les papiers du K. 1'. Jenner.
Nos ministres et nos artistes protestants jouent quelquefois de malheur. Dernièrement l'un d'eux avait fini son grand discours sur la place du marché devant un auditoire de curieux, à Jentcho. Le boniment terminé, il s'apprêtait à distribuer bibles, catéchismes, brochures diverses, variées et avariées. Nos Chinois, pour la plupart, n'y comprennent absolument rien ; quelques-uns en concluent que les prédicateurs d'Occident ne sont point d'accord même entre eux sur le fait de leur religion, et qu'il convient d'attendre que la paix soit conclue avant d'accepter leur doctrine. Le protestantisme n'y gagne rien mais nous y perdons, et cela lui suffit. Néanmoins sur le marché de Jentcho les choses se passèrent d'autre façon. Le prédicant fut interpellé par un vieux (.hrétien, homme d'esprit, homme de cœur à la parole facile et mordante.
Or ça, dit notre homme en s'approchant de l'estrade, que vienstu nous apporter ici une religion de contrebande et offrir ton méchant lumignon à des gens qui vivent dans la clarté du soleil .''
Ce début excitant l'attention et déjà éveillant les rires, l'orateur continua. Chez vous, oui ou non, honorez-vous la Très Sainte Vierge ?
Le protestant crut pour un moment qu'il avait ville gagnée et que son adversaire lui faisait la partie belle ; en bon hérétique, il vomit ses injures ordinaires et extraordinaires contre la Très Sainte Mère de Dieu. C'était tomber de bonne grâce dans le piège malicieusement tendu. Le chrétien alors éclate en railleries ; il montre par des paroles moqueuses le ridicule d'une religion qui prétend glorifier le Fils et qui dédaigne la Mère ; il invoque les grands commandements de la piété filiale si chers à tous les Célestes. L'auditoire riait aux larmes et applaudissait d'enthousiasme le vengeur de l'autorité maternelle. Le malheureux prédicant, obligé de se retirer, se réfugia dans son auberge poursuivi par les huées, on lui laissa le loisir de méditer sur les lacunes du nouvel évangile.
Ailleurs d'autres attaques furent aussi malheureuses.