‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 162 sur 284 · I. Corresp. de Jersey^ mai 1894, page · texte numérisé non relu

I. Corresp. de Jersey^ mai 1894, page

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ferventes ! Il en cite un exemple. Avant-hier, sous un futile prétexte, une bataille s'engagea deux contre deux, bientôt quatre contre quatre, les femmes venant à la rescousse. Les amis intervinrent, la mêlée devenait générale lorsque soudain le Père apparut. Les plus emportés s'arrêtent, la confusion succède à l'ardeur première, les quatre qui ont commencé le combat, se sentant les plus coupables, se mettent à genoux, demandent pardon et prient le Père de leur imposer la pénitence que mérite leur forfait. Ils eurent à se pardonner, à se présenter des excuses réciproques, à faire ensemble le chemin de la croix après la messe du lendemain. Et le lendemain, tous les quatre chantaient en parcourant les quatorze stations. Le premier chantre poussait des sanglots déchirants, les trois autres y répondaient par des soupirs à fendre le cœur. Il est impossible d'avoir une voix plus pénitente et de mieux exprimer une douleur qui peut-être se perd un peu au milieu de tant de cris et de gémissements '.

Parmi ces chrétiens, quelques-uns, et parfois les plus jeunes, marchent vers Dieu avec l'allure des Saints. Voici les portraits de deux jeunes gens: celui d'Ignace Wei, tracé par le Père Gaudissart, et celui de Joseph ou du saint aveugle tracé par le Père Edel ^ Deux vies très simples, deux âmes très humbles et très pures.

Ignace Wei n'avait que quatre ans lorsqu'il perdit son père, médecin estimé et aimé des païens et des chrétiens. La mort du chef entraîna la ruine de la famille, sa dispersion et, par un malheur plus grand, son retour insensible aux pratiques de l'idolâtrie. Les fils aînés épousèrent des païennes ; la pauvre veuve, chargée d'enfants, se souvenait trop peu des bons exemples de son mari. Ignace grandissait dans une école infidèle sachant à peine

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