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CHAPITRE V. — L'ŒUVRE APOSTOLIQUE

sont pas tous employés toute l'année ; un bon nombre ne sont utilisés que pendant le temps de la cessation des travaux de la campagne, c'est-à-dire du mois d'octobre au mois de mai. C'est à cette époque que nos Chinois, moins occupés, peuvent s'adonner à l'étude de notre sainte religion.

On comprendra l'importance que nous attachons à la formation de ce corps d'auxiliaires, catéchistes hommes et femmes. Ils sont la vraie force agissante : les Missionnaires donnent l'impulsion, mais ce sont les catéchistes qui ont généralement l'action immédiate.

S'ils sont zélés et aptes pour leur ofifice, ils font beaucoup ; s'ils ne sont que des mercenaires, ils ne font rien ; s'ils sont mauvais, ils ruinent et perdent tout. C'est donc avec raison que nous donnons tous nos soins à leur formation ; les bourses que nos bienfaiteurs ont bien voulu fonder nous aident à supporter les lourdes charores de cette institution ; mais elles sont loin de suffire aux frais qu'elle exige.

École- Noviciat de Vierges enseignatites. — Nous avons 173 vierges chrétiennes qui font l'office de catéchistes pour les femmes ; parmi elles, il y en a 138 qui sont enseignantes. Leur fonction est bien importante, c'est d'elles que dépend la bonne formation des mères de famille de la Mission, et par suite le degré de christianisme des familles par l'éducation des enfants ; aussi avons-nous dû nous préoccuper sérieusement de l'éducation apostolique des catéchistes pour les femmes ; cette œuvre s'imposait à nous : nous souhaiterions beaucoup que quelques fondations vinssent en assurer la stabilité. Notre école-noviciat de Hien-hien compte 56 novices ; 47 autres se forment au dehors de Hien-hien, sous la direction de vierges plus anciennes.

Dans notre école-noviciat de vierges enseignantes, nous poursuivons le même but qu'à notre école apostolique. Nous cherchons à former des filles entièrement dévouées, qui soient fortement imbues

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KN CHINE.

des principes de la foi, et qui mettent en première ligne la pratique des devoirs de leur état. Nous ne les acceptons à l'école qu'à l'âge de 20 ans ; à cet âge, leur vocation à la virginité est suffisamment affermie, et elles sont aptes à recevoir la formation que nous leur donnons. Le séjour à l'école-noviciat dure cinq ans, pendant lesquels elles ne retournent pas dans leurs familles, à moins de maladie grave des parents. Toute communication avec l'extérieur est écartée, et c'est dans cette séparation des choses du monde que nos vierges reçoivent l'instruction religieuse et sont formées aux vertus virginales ; elles ont leur chapelle particulière, pour enlever toute occasion de sortir de l'enclos. Les cours de leur établissement sont assez spacieuses pour que les santés ne souffrent pas de cette clôture. Les livres de religion sont distribués de telle sorte qu'ils forment un cours méthodique de cinq ans. Là encore, comme au collège, ce que nous cherchons à obtenir avant tout, c'est l'éducation religieuse, la formation du cœur à la vertu, chose qui réclame du temps et une direction suivie. Les élèves plus ordinaires, qui ne montrent pas la capacité intellectuelle ou morale suffisante pour tirer un profit convenable d'un séjour de cinq ans à l'école, terminent leur noviciat au bout de deux ou trois ans, et sont appelées à de plus modestes fonctions que celles de l'enseignement.

Nos vierges ne sont pas encore groupées en congrégation ; avant de songer à une association, ne faut-il pas se préoccuper d'abord d'en former les éléments ? Cela fait, l'organisation sera facile ; déjà elles vivent comme si elles étaient associées.

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